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Accès aux médicaments | Enfants concernés par le VIH

Sida : moins de 5% des enfants nécessitant un traitement en bénéficient

27 juin 2006 (AFP)

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PARIS, 15 juin 2006 (AFP) - Moins de 5% des enfants ayant un besoin urgent de traitement contre le sida en bénéficient dans le monde, ont souligné jeudi représentants de l’Unicef, médecins et acteurs de terrain, lors d’un colloque à Paris.

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Annie Hautefeuille

"Le sida a défait en dix ans" des avancées en termes d’accès aux soins, à l’éducation, de chute de la mortalité infantile dans les pays en développement que "la communauté internationale avait mis cinquante ans à construire", a regretté Peter Mc Dermott, responsable du programme VIH/sida à l’Unicef (Fonds des nations unies pour l’enfance).

"Le pire est encore à venir", a-t-il pronostiqué, alors que 2,3 millions de moins de 15 ans sont séropositifs ou malades du sida dans le monde, pour la plupart en Afrique sub-saharienne, selon les derniers chiffres de l’Onusida.

Parmi eux, 660.000 ont un besoin urgent d’une trithérapie, selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Mais quelques milliers seulement en bénéficient en Afrique, et jusqu’à 25.000 environ si l’on inclut les enfants en sous traitement en Thaïlande et au Brésil, expliquent les experts.

Faute d’accès aux traitements, efficaces pour 80% des enfants dans les pays riches, 50% des bambins contaminés par le virus du sida (VIH) meurent avant leur deuxième anniversaire dans les pays pauvres, a relevé Peter Mc Dermott.

Environ 90% des enfants séropositifs ont été contaminés lors de la grossesse, de l’accouchement ou de l’allaitement, mais, dans les pays pauvres, moins de 10% des mères séropositives bénéficient des traitements qui permettraient de leur éviter de transmettre le VIH à leur bébé.

En France, pour une femme bien prise en charge, le taux de transmission de la mère à l’enfant est très faible (environ 1%), selon le Pr Stéphane Blanche (Hôpital Necker, Paris), alors qu’en l’absence de traitement un quart des bébés de mères séropositives sont contaminés.

L’association de névirapine avec d’autres antirétroviraux permet de réduire à 5 ou 6% le taux de contamination mère-enfant, a précisé François Dabis (Université de Bordeaux, sud-ouest), évoquant notamment "la baisse spectaculaire des cas de sida pédiatrique" en Thaïlande.

Des expériences positives ont également été rapportées en Afrique, mais il s’agit maintenant de trouver les moyens d’étendre à grande échelle ce type d’acquis. Ce qui implique, ont souligné experts et acteurs de terrain, une volonté politique, des moyens financiers accrus et une formation de personnel de santé locaux.

"C’est un grand défi, car il y a plus de 600.000 enfants à traiter", a résumé Paula Vaz (centre de traitement du VIH/sida pédiatrique à Maputo- Mozambique).

"La maladie pédiatrique va pratiquement disparaître au Nord, dans l’avenir, elle sera quasi-exclusivement une maladie du Sud", a relevé le Pr Blanche alors qu’en 2005, 540.000 enfants ont été contaminés (dont 470.000 en Afrique sub-saharienne) et que 380.000 de moins de 15 ans sont morts du sida.

Le manque de médicaments bon marché adaptés aux enfants, faciles à conserver sans réfrigérateur (donc pas des sirops), a également été souligné par des responsables de l’Unicef et de l’ONG Médecins sans frontières (MSF), si bien qu’il faut souvent fractionner des cachets pour adultes, avec des risques d’erreurs de dosage.

La lutte s’effectue aussi sur le plan de l’éducation : "chaque année supplémentaire d’école des filles" est, selon Peter Mc Dermott, le "meilleur vaccin social" contre le sida. Socialement, il faut aussi prendre en charge les 15 millions d’orphelins du sida, dont certains sont également contaminés.