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Faire un bébé quand on est séropositif | Femmes séropositives | Les médias parlent des familles vivant avec le VIH | Soraya

Moi Soraya, 39 ans, séropositive depuis vingt ans et maman comblée de deux jeunes enfants

27 mars 2006 (Closer Magazine)

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Elle sera fidèle au poste pendant le Sidaction [1]. Contaminée depuis vingt ans et mère malgré tout, Soraya veut combattre les a priori, sans négliger pour autant la prévention.

« Maman a une maladie qui s’apelle la fatigue. » Longtemps elle a cherché ses mots. Soraya n’a jamais voulu mentir à ses enfants, Pierre, 9 ans, et Paul, 6 ans, ont toujours vu leur mère prendre des comprimés. Beaucoup et souvent.

« Quand il a été en âge de comprendre, j’ai tout expliqué à l’aîné. Je ne lui ai pas transmis le virus, mais je veux qu’il comprenne ce qui se passe. Quand il sera adulte, il pourra se protéger, lui. »

À 39 ans, Soraya fait figure de « survivante ». Elle dit joliment qu’elle est « passée entre les gouttes ».

En France, plus de 150 000 personnes sont actuellement séropositives. Au moins 7000 cas ont été découverts en 2004. Plus de 35000 personnes sont mortes du sida depuis le début de l’épidémie.

« Je préfère me présenter comme une "privilégiée", sourit-elle. Je suis infectée depuis 1986. Et pourtant, tout va bien. J’ai même pu savourer tous les bonheurs qu’on m’avait interdits il y a vingt ans. »

On décide de faire des enfants à trois, avec un médecin

La vie de la jeune femme a basculé à la fin de l’adolescence, lors d’un test de grossesse au planning familial. « Quand j’ai vu la porte s’ouvrir et plein de médecins et d’assistantes sociales défiler avec une mine défaite, j’ai su qu’il y avait un souci. »

Soraya, ancienne toxicomane, ignore qu’on lui a fait passer le test du dépistage du VIH. « J’avais 19 ans et on m’a annoncé d’un coup que j’étais enceinte, séropositive, que je n’avais que cinq ans à vivre et que j’allais accoucher d’un "orphelin". »

Sur les conseils des médecins, elle avorte. Et déprime. « C’était le début de la maladie, tout le monde était déboussolé, se souvient-elle. Tout a changé pour moi en 1989 quand on m’a prescrit de l’AZT. En 1994, j’ai suivi une bithérapie. Ma vie, soudain, a repris son cours. J’ai fait des projets. Peut à peu, j’ai franchi tous les obstacles. »

Soraya a attrapé, en plus du VIH, les virus des hépatites B et C, mais vit « normalement » grâce aux traitements. Tellement qu’en 1996 elle est amoureuse et rêve d’un enfant : « une décision longuement mûrie à trois ,toujours en conslutation avec le corps médical ».

Elle ne l’a jamais regretté. Pierre est séronégatif. Paul, né trois ans plus tard, est touché par l’hépatite C mais vite soigné [2].

« Les enfants sont suivis médicalement et psychologiquement et tout va bien, se réjouit la jeune femme. Je reste contaminée. Je suis en trithérapie. C’est sérieux, mais les médecins m’ont permis de vivre la vie que je souhaitais. Grâce à eux, je vois loin. Sinon, je me serais acheté une corde... »

« Les mamans comme Soraya apportent des témoignages précieux, commente Reda Sadki, l’un des responsables du Comité des familles [3] qui accompagne et met en relation les familles touchées par le virus. Soraya veut sensibiliser les jeunes d’aujourd’hui aux dangers de la maladie mais prouver, aussi, que le VIH ne tue pas l’amour. »

Elle veut combattre les préjuger. Si, pour ce témoignage, elle ne se montre pas à visage découvert, c’est pour protéger ses enfants des « ignorants ».

« Récemment, dans un dîner, j’ai encore entendu un abruti dire qu’il ne fallait pas boire dans le même verre qu’un séropositif. Il y a encore du chemin à faire. »

Un jour, un dentiste a refusé de la soigner. Elle encaisse. Ce prochain Sidaction ne sera pas du luxe.

Soraya veut banaliser la séropositivité, pas la contamination. Nuance. Elle enrage quand elle pense que ses propres frères refusent de se protéger.

« Les trithérapies ne sont pas des vaccins, comme je l’ai aussi entendu. Ce n’est pas une partie de plaisir. Il y a vingt ans, les gens avaient l’excuse de ne rien savoir du sida. Plus aujourd’hui. »

Céline Chaudeau

Notes

[1] Lire Sidaction : un poisson d’avril... pour les séropositifs!.

[2] La transmission du virus de l’hépatite C de la mère à l’enfant est extrêmement rare. Lire et écouter Femmes Plus : Soraya, co-infectée, maman d’un enfant de 5 ans atteint de l’hépatite C.

[3] www.survivreausida.net Tél. 08 70 44 53 68.

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« Les trithérapies, ce n'est pas une partie de plaisir »

« Les trithérapies, ce n’est pas une partie de plaisir »

Double page pour une maman séropo dans le magazine CLOSER

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