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Contamination et prévention | Couples concernés par le VIH | Pierre de Truchis

Un médicament pour remplacer le préservatif ? Le rêve fou d’une équipe de chercheurs américains

30 avril 2003 (papamamanbebe.net)

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Il faut regarder la réalité en face et oser dire les choses : de la même façon que beaucoup de séropositifs arrêtent leur traitement sans en parler avec leur médecins, beaucoup de séropositifs font l’amour sans préservatif.

Pour les couples, lorsqu’il y a un engagement réciproque, le problème qui se pose dans la durée, c’est le préservatif. Le condom. La capote. Alors que les couples séronégatifs, plus ou moins certains de leur fidélité, cessent rapidement de le mettre, les couples qui vivent avec le VIH n’ont pas le choix s’ils refusent de prendre des risques. C’est une inégalité de fait, imposée par le virus.

Y a-t-il une solution médicale à cette inégalité ?

Ce qui existe déjà, c’est le traitement d’urgence. Une trithérapie pendant un mois, à prendre suite à « un risque d’exposition » au virus, en clair : un préservatif cassé pendant un rapport. Mais le traitement d’urgence, ce n’est pas la panacée : il n’y a aucune garantie d’efficacité (on ne sait pas si ça marche vraiment pour empêcher la contamination par le virus du sida). Et il faut se taper un mois de trithérapie, ce qui veut dire pour beaucoup de gens un mois de vomissements, de diarrhées presque insupportables. Enfin, il faut avoir le courage et la volonté de se pointer à 4 heures du matin aux urgences, d’affronter les regards réprobateurs des soignants, depuis le guichet de l’accueil jusqu’à la consultation. Dans certains services, il faut se battre pour ressortir avec un traitement d’urgence, malgré plusieurs circulaires qui en affirment le droit.

Avec le traitement d’urgence, mais aussi avec le traitement qui réduit la transmission du virus de la mère à l’enfant, on sait que les médicaments antirétroviraux peuvent empêcher la contamination par le virus. Par contre, une fois que le virus s’est installé, ces médicaments ne peuvent pas l’éliminer complètement. Ils permettent seulement de vivre avec.

Alors, pourquoi pas prendre des médicaments avant le risque, avant que le préservatif se déchire ? C’est-à-dire : une personne séronégative (qui n’est pas contaminée par le virus VIH), en prenant des médicaments comme si elle était séropositive sous traitement, pourrait-elle repousser le virus et empêcher son installation dans son corps ?

Une équipe de recherche vient pour la première fois de tenter de répondre à cette question avec un essai clinique titré HIVHOP101. Ils ont recruté des personnes jugées à risque (prostituées, usagers de drogue, partenaires de séropositifs) et leur ont proposé la chose suivante : prendre un, deux ou trois comprimés de Viramune par semaine. En espérant que Viramune resterait dans leur sang en quantité suffisante pour empêcher l’installation du virus s’ils y étaient exposés.

Viramune, c’est un médicament d’une tri thérapie que connaissent certains auditeurs. Il a été démontré qu’en prenant ce médicament, une femme séropositive enceinte peut diminuer le risque de donner (transmettre) le virus à son bébé.

Le problème de Viramune, c’est sa toxicité. C’est un poison. Viramune attaque le foie et chez 1 personne sur cinq peut provoquer un rash (une réaction allergique) grave. Pour une personne séropositive, prendre Viramune peut se justifier car c’est un moindre mal par rapport au dégâts provoqués par le virus.

L’objectif était de voir, avant d’aller plus loin, si les séronégatifs supporteraient la prise de ce médicament. C’est ce qu’on appelle un essai de phase I ou II.

Rencontre avec le docteur Pierre de Truchis, pour essayer de comprendre ce qui est en jeu avec cette nouvelle approche pour empêcher la transmission du virus du sida, suivie d’une discussion table-ronde avec François Houyez de l’EATG (European AIDS Treatment Group) et l’équipe radio.

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