Lipodystrophies : le profil favorable de l’atazanavir se confirme
27 septembre 2005 (Quotidien du Médecin)
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Lors de la prescription d’un Haart, la question de l’effet des produits sur le métabolisme lipido-glucidique se pose. L’étude SWAN présentée à l’IAS* confirme le profil favorable de l’atazanavir (Reyataz, de Bristol-Myers Squibb) à cet égard, il induit une amélioration des paramètres lipidiques associée à une fréquence réduite des rebonds virologiques.
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IL EST MANIFESTE que les associations antirétrovirales, utilisées depuis quasiment dix ans, ont transformé le pronostic de l’infection par le VIH. Le prescripteur doit gérer maintenant les troubles du métabolisme lipido-glucidique et les atteintes cardio-vasculaires, qui sont devenus des complications préoccupantes de maladie à VIH. Des tableaux d’hypercholestérolémie, hypertriglycéridémie, HDL cholestérol bas, insulinorésistance, voire diabète de type 2, apparaissent au bout de quelques mois de suivi. La survenue d’infarctus du myocarde vient souvent grever un pronostic qui se présente, par ailleurs, favorablement sur le plan virologique.
L’origine de ces troubles est plurifactorielle et incomplètement élucidée, avec un effet propre du virus et une participation des traitements (l’étude DAD montre une augmentation de 26 % du risque par année de traitement antirétroviral), qui s’ajoutent aux autres facteurs de risque (alcool, tabac...). Des études de suivi indiquent que les inhibiteurs de protéases (IP) constituent un facteur de risque cardio-vasculaire indépendant. Or les IP sont présents dans 60 % des traitements HaartT (traitement antirétroviral combiné hautement actif).
Moins de dyslipidémies.
Parmi les IP les plus récents, Reyataz (atazanavir) présente un avantage : les études cliniques attestent que ce produit, avec ou sans ritonavir, induit moins de dyslipidémies que les traitements comparateurs.
Ce que confirment les premiers résultats de l’étude Swan présentés à l’IAS par Bristol-Myers Squibb. L’étude multicentrique SWAN a été mise en place pour évaluer l’effet d’un changement d’IP en faveur de l’atazanavir dans des Haart stables, comparativement à la poursuite du traitement non modifié.
Des malades ayant un ARN VIH inférieur à 50 copies/ml, sans antécédents d’échec virologique, ont été inclus et randomisés dans deux bras (407 patients à l’inclusion, dont 274 sous Reyataz). Dans l’un, l’IP a été changé pour Reyataz (ou l’association Reyataz/ritonavir), tandis que, dans l’autre, l’association déjà en place a été poursuivie.
Les résultats intermédiaires à 24 semaines (l’étude est prévue pour durer 48 semaines) montrent, sous Reyataz, une poursuite de la suppression virale, avec significativement moins de rebonds virologiques : 3 % (8 parmi 278 patients) contre 8 % (11 parmi 141 patients). La sécurité globale est similaire dans les deux groupes.
Moins d’hypocholestérolémiants.
L’effet favorable sur le profil lipidique se dégage dans le groupe sous Reyataz. Il comporte une réduction significative du cholestérol total (- 16 %, alors qu’il a augmenté de 1 % dans l’autre bras), du LDL-C (- 16 % versus 5 %) et des triglycérides (- 38 % versus 1 %) ; avec une légère augmentation des HDL-C ( 1 % versus - 1 %). On observe un usage moins fréquent des hypocholestérolémiants : 8 % versus 13 % des patients qui ont poursuivi le même traitement. A côté de cela, on constate aussi que la toxicité gastro-intestinale, sous la forme de diarrhées et de douleurs abdominales, est moins fréquente sous atazanavir (6 % versus 11 %).
« C’est la première fois qu’une telle démonstration est réalisée », ont commenté les investigateurs de SWAN. Les résultats sur une plus longue durée doivent maintenant confirmer les bénéfices sur la clinique.
Disponible depuis 2004 en France, Reyataz est maintenant utilisé chez plus de 40 % des patients. Il est indiqué en association avec d’autres antirétroviraux chez des adultes prétraités et à la posologie unique de 300 mg quotidiens, en association avec 100 mg de ritonavir. C’est le seul IP donné en une prise par jour, ce qui est possible en raison de sa demi-vie longue.
Dr BÉATRICE VUAILLE
IAS 2005 (International Aids Society). Étude multicentrique Swan, avec en France le Dr D. Salmon-Ceron (groupe hospitalier Cochin, Paris). Béatrice VUAILLE 22-Sep-2005 Doc précédent Retour aux résultats Doc suivant
