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Enfants concernés par le VIH | Marta Maia | Sexe et sexualité

Sexualités adolescentes : enquête dans la banlieue parisienne

28 janvier 2005 (papamamanbebe.net)

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Les représentations et le vécu de la sexualité chez des adolescents scolarisés de la banlieue parisienne

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Ma recherche concerne les représentations et le vécu de la sexualité chez des adolescents de la banlieue parisienne et consiste en une analyse comparative de populations géographiquement proches (banlieue Est de Paris) mais distinctes sur le plan socioculturel : les élèves d’un collège et d’un lycée publics, à Montreuil, qui ont des origines culturelles diverses et appartiennent surtout aux classes moyennes et défavorisées ; les élèves d’un lycée professionnel privé et ceux d’un lycée catholique privé, à Vincennes, qui appartiennent à un milieu plus aisé et sont majoritairement Français d’origine. Cette comparaison permet de montrer l’influence des facteurs socioculturels sur la sociabilité, les relations amoureuses, et les représentations de la sexualité et du sida des adolescents, ainsi que sur le risque d’infection par le VIH.

Ce travail vise également à apporter des éléments de réponse à la question de la prévention du sida chez les jeunes de 13 à 20 ans. Le contexte socio-culturel et éducationnel de l’adolescent détermine ses intérêts, son comportement et ses capacités d’assimilation. Les informations relatives au VIH sont mieux assimilées par les jeunes des milieux aisés que par ceux des milieux défavorisés. Les "fausses croyances" sur le sida ainsi que les comportements à risque sont plus fréquents parmi les jeunes des classes populaires.

Les prises de risque d’infection par le VIH parmi les adolescents et les jeunes n’ont pas disparu car, d’une part, le préservatif est pour eux synonyme de méfiance, de crainte, de désengagement (sentiments qui sont aux antipodes de l’amour, alors qu’ils sont en quête d’amour et de liberté), d’autre part, ils ne semblent pas toujours envisager le risque de contamination par le VIH et ne se sentent pas toujours concernés. Ainsi, il y a un écart entre les discours et les pratiques, le préservatif étant plus revendiqué qu’utilisé. L’imaginaire des adolescents demeure ingénu et romantique, centré sur le sentiment amoureux et la fidélité.

Aussi, certains des jeunes dont les parents sont immigrés reçoivent parfois deux sortes d’informations et d’influences en ce qui concerne la sexualité et le sida : les représentations traditionnelles véhiculées par leur famille et les informations bio-médicales sur la sexualité et le sida transmises dans la société française par les médias et l’école. Par exemple, d’une manière générale, les Antillaises entrent plus précocement dans une vie sexuelle active, mais ce sont les moins informées sur le sida.

Les jeunes des classes populaires sont, de façon générale, doublement exposés au risque d’infection par le VIH car ils sont sexuellement plus précoces, sont plus proches des consommateurs de drogues et côtoient la violence, plus que les jeunes des milieux favorisés. Ces jeunes sont-ils informés des risques d’infection ? se protègent-ils ? comment faire passer auprès d’eux les messages de prévention tenant compte de leur diversité socioculturelle qui entraîne des différences de comportements, de pratiques, d’attitudes, de représentations, de connaissances, etc., vis-à-vis de la sexualité et du sida ?

Les connaissances des jeunes sur le sida sont assez bonnes mais ce savoir ne se traduit pas toujours dans les pratiques. Un écart existe entre les représentations et le vécu de la sexualité particulièrement en ce qui concerne la contraception et le risque de transmission du VIH, pour lesquels les adolescents tiennent un discours qui reproduit les messages préventifs mais qui ne correspond pas toujours aux pratiques, parfois non exemptes de risques. La protection à l’égard du VIH est en même temps acceptée et disqualifiée. D’un côté les jeunes sont au courant du risque lié au VIH, même si la gestion de ce risque se fait différemment en fonction du contexte socioculturel, d’un autre côté le préservatif est parfois négligé, vu comme une manifestation de méfiance et comme la preuve de l’existence d’autres partenaires sexuels... et donc opposée à la fidélité tant valorisée par ces jeunes, en tout cas en ce qui concerne les relations « sérieuses ». Les rapports sexuels sont souvent spontanés et les jeunes ne prévoient pas toujours de protection à l’avance...

Par ailleurs, ce sont les garçons qui "s’occupent" du préservatif. Les filles sont alors plus ou moins absentes de la gestion du risque. Le préservatif est plutôt « une affaire d’hommes ». Les adolescents et les jeunes ne sont pas égaux devant le risque : les populations aisées sont mieux informées en matière de sexualité et de sida, que celles des banlieues défavorisées, pourtant plus précoces...

Enfin, les adolescents et les jeunes ne perçoivent pas toujours le risque de contamination pour eux-mêmes. La menace de l’infection est comme une réalité lointaine, extérieure à leur univers... Mais ce sentiment est moins fort pour ceux qui connaissent une personne séropositive. Connaître une personne séropositive aide à la prise de conscience du risque, et aussi à une moindre culpabilisation de ces personnes. Le rejet des personnes séropositives, qui oblige au secret autour de la contamination et augmente la souffrance des personnes atteintes, est alors doublement pénalisant... Le problème de la discrimination des séropositifs ne mériterait-il pas davantage d’attention ?

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