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Contamination et prévention

Surinfection au VIH : Risque quantifiable en l’absence de traitement anti-VIH

14 avril 2004 (CibléSida)

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La surinfection est la ré-infection d’une personne déjà séropositive au VIH par une version ou une souche différentes du VIH. Le premier cas de surinfection sexuellement transmise n’a été documenté qu’en 2002, par des chercheurs genevois, chez un gai de 38 ans qui avait été infecté par deux sous-types différents de VIH à plus de deux ans et demi d’intervalle. A la Conférence sur les rétrovirus et les infections opportunistes de San Francisco au début février, des médecins de Los Angeles et de San Diego ont présenté les résultats de 5 années (1997-2003) d’analyses du sang de 78 hommes, homosexuels à 90% et tous récemment infectés sans traitement antirétroviral. On savait jusqu’ici que la surinfection était possible, mais on ne disposait pas de données pour mesurer la fréquence de ce phénomène : les chercheurs californiens croient qu’elle est d’environ 5% par année, d’après leur échantillon où trois cas de surinfection ont été identifiés. Dans chacun de ces trois cas, la surinfection a eu lieu entre cinq et treize mois après l’infection primaire. Chaque virus de surinfection était résistant à des traitements anti-VIH, même si aucun des hommes ne prenait de ces traitements. Dans les six mois après la surinfection, leurs charges virales ont augmenté en moyenne de 1,6 logs et leurs lymphocytes marqueurs d’immunité chuté de 132/mm3. Les trois hommes étaient des gais multipartenaires, rendant quasiment impossible l’identification de la personne-souche. D’autres recherches semblent indiquer que la surinfection concerne surtout les personnes qui ne prennent pas de traitement anti-VIH. L’an dernier, sur un groupe de 718 patients sous traitement, on a cherché sans succès des cas de surinfection. Cela suggèrerait qu’une immunité partielle, l’interférence de la souche virale originale ou l’effet du traitement anti-VIH puissent prévenir la surinfection. Si les trithérapies protègent de la surinfection, il faudra donc proposer aux barebackers des conseils en conséquence. Et si c’était vrai, on imagine les implications positives pour les études en cours sur la prophylaxie de pré-exposition (PREP), où un cachet quotidien de ténofovir sert à protéger des personnes séronégativesde l’infection malgré des expositions répétées au virus.

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