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Contamination et prévention | Couples concernés par le VIH | Zambie

Une étude sur la contamination chez les couples : des traits communs aux VIH1 infectants

29 mars 2004 (Quotidien du Médecin)

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En comparant pour la première fois, dans une série de huit couples, les souches de VIH1, une étude révèle qu’un seul virus du donneur établit l’infection chez le partenaire, qu’il produit une glycoprotéine d’enveloppe gp120 plus compacte et qu’il est particulièrement sensible aux anticorps du donneur.

« IL APPARAIT que "l’armure" protectrice que revêtent les virus pour se protéger de la réponse immune de l’hôte doit être abandonnée (au moins en partie) pour qu’ils puissent infecter un nouvel hôte », explique au « Quotidien » le Dr Eric Hunter, de l’université d’Alabama à Birmingham (Etats-Unis), qui a dirigé les travaux. « En démontrant pour la première fois que les virus, qui infectent un nouvel individu, ont des traits et des propriétés biologiques en commun, nous pensons qu’il sera possible de cibler et d’évaluer de potentiels vaccins contre ces variants. »

« C’est la première étude, souligne-t-il, dans laquelle il est possible de comparer, dans un cadre africain, les virus d’un sujet infecté et celui qu’il transmet à son partenaire hétérosexuel. Dans les zones de fortes prévalence du VIH, comme à Lusaka (Zambie), les couples discordants peuvent représenter 20 % de ceux qui cohabitent, ce qui fait d’eux la principale population à risque de transmission du VIH. »

Une complexité génotypique

On sait que la majorité des infections par le VIH1 résultent d’une transmission hétérosexuelle. Mais les propriétés virales qui déterminent le potentiel de transmission ou la prolifération d’un sous-groupe de virus ne sont pas élucidées. Quelques études de transmission sexuelle ont montré que l’infection est généralement établie par des souches virales à tropisme pour les macrophages. Des études plus récentes suggèrent qu’il pourrait exister après transmission sexuelle une complexité génotypique plus grande qu’on ne pensait. Aucune étude n’avait examiné jusqu’à présent, de façon systématique, les propriétés du virus dans une série de transmissions entre homme et femme.

L’étude de Derdeyn, Hunter et coll. porte sur huit couples cohabitants et discordants pour le VIH, chez lesquels la transmission hétérosexuelle a pu être observée de façon prospective (quatre transmissions dans le sens homme-femme, quatre dans l’autre sens).

Ces couples sont issus d’une plus vaste cohorte (1 000 couples sérodiscordants) étudiée de façon prospective à Lusaka (Zambie). Sans oublier les conseils de prévention, une surveillance sérologique est effectuée tous les trois mois.

Des échantillons sanguins ont été recueillis simultanément chez les deux partenaires des huit couples, très peu de temps après la transmission de l’un à l’autre. Les investigateurs ont analysé, dans l’ADN des lymphocytes T périphériques, la séquence du gène d’enveloppe des VIH1 (gp160, ou boucles V1 à V5 de la gp120).

Leurs résultats plaident pour une transmission, ou une prolifération, d’une seule séquence à partir des espèces virales du donneur. « Cette analyse révèle un goulot extrême tant pour la transmission homme-femme que l’inverse », remarquent-ils.

Région variable V1-V4 plus courte et compacte

De plus, les souches de VIH1 chez le receveur codent pour des glycoprotéines d’enveloppe dont la région variable V1-V4 est plus courte et compacte. La transmission, ou la prolifération, sélectionnerait ainsi ces conformations d’enveloppe. Cette conformation plus compacte, proposent les chercheurs, pourrait faciliter la fixation au CD4 des lymphocytes T, et, par conséquent, l’infection cellulaire.

Enfin, les chercheurs montrent que les souches du VIH1 du receveur sont particulièrement sensibles à la neutralisation par les anticorps du partenaire infectant (dix fois plus sensible que celles du donneur). « Ainsi, l’exposition des épitopes neutralisants, qui sont perdus au cours de l’infection chronique en raison de l’évasion immune, paraissent être favorisés chez l’hôte nouvellement infecté », notent-ils.

« Cela soulève la possibilité qu’une protection contre l’infection par contact hétérosexuel pourrait être conférée par de plus faibles titres d’anticorps neutralisants induits par un vaccin, que ceux considérés jusqu’ici », remarquent-ils.

L’équipe caractérise maintenant plus en détail les propriétés biologiques des variants nouvellement transmis.

Dr VERONIQUE NGUYEN

« Science », 26 mars 2004, p. 2019.

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