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Observance thérapeutique | Résistance aux antirétroviraux

Certaines trithérapies font la vie trop facile au virus du sida

10 février 2004 (AFP)

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SAN FRANCISCO (Etats-Unis), 10 février 2004 (AFP) - 9h40 - La simplification et l’allègement de certains traitements contre le sida, plus confortables pour le patient, peuvent stimuler la résistance du virus VIH, ont rapporté lundi des chercheurs réunis à San Francisco (Californie, ouest) pour une conférence médicale.

Plusieurs études présentées établissent l’échec rapide de certains régimes combinant trois médicaments de la famille des nucléosides/nucléotides, qui ne parviennent pas à arrêter la reproduction du virus ou lui offrent une issue de secours en lui permettant de muter pour réussir à pénétrer dans la cellule humaine.

"Si nous ne menons pas la vie dure au virus, il gagne", a résumé le Dr John Mellors, de l’Université de Pittsburgh (Pennsylvanie, est), en soulignant que la volonté de rendre le traitement plus pratique et mieux toléré par le patient avait ses limites. "Nous savons maintenant que toutes les combinaisons de trois médicaments ne se valent pas", a-t-il ajouté.

Les chercheurs, réunis pour la 11e conférence annuelle sur les rétrovirus, notent en particulier ces effets indésirables quand la combinaison examinée ne comprend pas d’AZT.

Une étude menée sur 24 patients auxquels était prescrit un traitement constitué d’une dose quotidienne de trois médicaments (Dinanosine, Lamivudine et Tenofovir) fait apparaître qu’il "s’est traduit par une haute probabilité de faible efficacité" face au virus, couplé à "une émergence rapide de sa résistance".

Ces résultats "établissent la preuve de l’infériorité de telles stratégies" dans le traitement du VIH-sida, écrivent encore les auteurs, sous la direction du Dr Joseph Jemsek, directeur de la clinique du même nom à Huntersville (Caroline du Nord, sud-est).

Ce dernier s’est félicité de la décision immédiate des Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) américains d’Atlanta (Géorgie, sud-est) de déconseiller la combinaison de médicaments testée dans sa clinique. "Quand nous avons compris que nos résultats étaient très mauvais, nous avons immédiatement arrêté ce programme", a ajouté le Dr Jemsek.

La résistance du virus correspond à son aptitude à survivre et à se reproduire en présence d’un médicament qui devrait le détruire ou empêcher sa multiplication.

Cette résistance force les médecins à modifier le traitement, le risque étant d’aboutir à une impasse thérapeutique avec dégradation de l’état virologique, immunologique et clinique des patients.

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