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Grossesse et VIH | nevirapine | Résistance aux antirétroviraux

Sida : Un médicament contre la transmission mère-enfant accroît la résistance

10 février 2004 (AFP)

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SAN FRANCISCO (Etats-Unis), 9 février 2004 (AFP) - 0h15 - Un médicament très efficace pour éviter la transmission du sida de la mère à l’enfant dans les pays pauvres a pour effet d’accroître la résistance du virus, rendant plus difficile le traitement ultérieur de la mère, selon des études présentées lundi lors d’un congrès médical à San Francisco.

Ce médicament, la névirapine, donné à la mère pendant l’accouchement et au nouveau-né dans les 72 heures suivant sa naissance, présente une probabilité "élevée" de susciter la résistance du virus VIH-Sida à certains autres médicaments données dans le cadre du traitement, selon l’étude menée sur 623 femmen Afrique du Sud.

Dans 39% des cas examinés, le VIH est devenu résistant à la névirapine et à un autre médicament inhibiteurs non nucléosidiques de la transcriptase inverse (INNTI), pendant au moins 36 semaines après le traitement, rapportent les chercheurs sous la direction du Dr Neil Martinson, de l’Institut national des maladies contagieuses de Johannesburg.

Pour ces spécialistes, les résultats ne remettent pas en cause l’utilisation de la névirapine mais imposent de réfléchir à une modification du traitement après l’accouchement.

"Nous devons définir une nouvelle stratégie pour lutter contre la résistance (du virus aux médicaments) pour la mère et le bébé quand il est infecté" malgré le traitement à la névirapine, a jugé le Dr John Mellors, de l’Université de Pittsburgh (Pennsylvanie), modérateur de la conférence de presse consacrée au sujet.

"Ce sont des données clés, que le monde entier attendait" a renchéri le Dr Dr Scott Hammer, de Columbia University (New York).

Une autre étude menée en Thaïlande a cependant confirmé l’efficacité de la névirapine, associée à l’AZT, qui peut réduire le risque de transmission du virus de la mère à l’enfant à 2% durant l’accouchement.

En l’absence de tout traitement avant et pendant l’accouchement, environ 35% des nouveaux-nés sont infectés, ont rappelé ses auteurs. atrique peut être appliquée dans les pays en développement et atteindre un taux de succès égal à ceux des traitements utilisés dans les pays industrialisés", a estimé le Dr Marc Lallemant, de l’Institut de Recherche pour le développement (Paris) qui a dirigé l’étude.

Son équipe a elle-aussi noté l’émergence de résistance du virus juste après l’accouchement des femmes ayant reçu une dose de névirapine dans environ 20% des cas. Les chercheurs soulignent le besoin de mieux définir les conséquences de l’utilisation de la névirapine sur le traitement ultérieur du malade.

Néanmoins, sur la base de cette étude, le gouvernement thaïlandais a décidé de proposer la névirapine combinée à l’AZT à toutes les femmes enceintes pour prévenir la transmission du virus pendant l’accouchement, a annoncé le Dr Lallemant.

Plus de 1.500 nouveaux-nés sont infectés par leur mère séropositive chaque jour et 95% vivent dans les pays en développement, a rappelé le médecin pour lequel l’ajout d’une dose unique de névirapine pour l’enfant et la mère à un traitement de la mère à base d’AZT ne coûterait que quatre dollars.

La névirapine fait partie d’une classe de médicaments qui bloque le fonctionnement d’une enzyme nécessaire à la copie de l’ARN viral en ADN, une étape clé du cycle de réplication du VIH dans la cnce sur les rétrovirus, qui rassemble 4.000 spécialistes du sida à San Francisco jusqu’à mercredi.

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