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Contraception et prévention

Lettre ouverte à M. Mattéi, Ministre de la Santé

17 janvier 2004 (Mouvement français pour le planning familial (MFPF))

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Voir en ligne : Mouvement français pour le planning familial

Depuis le 4 juillet 2001, date de mise en application de la loi sur l’avortement et la contraception, les Associations ont travaillé avec la Direction Générale de la Santé, la Direction des Hôpitaux et le Bureau du Médicament pour son application.

Notre participation a été très active au Groupe National d’Appui nommé par le gouvernement Jospin.

Malgré l’écoute paraissant attentive de ces organismes, les dysfonctionnements persistent et s’aggravent du fait de la crise du système de soins.

L’information du public, par la distribution au compte goutte des dossiers-guides prévus par la loi, n’est pas faite correctement et l’absence de campagne nationale renforce cette méconnaissance.

Un délai de trois semaines d’attente pour le premier rendez-vous pour une femme qui a décidé d’interrompre sa grossesse est intolérable.

Il n’a jamais été pris en compte, que plus la réalisation d’une IVG est précoce, plus elle est sécurisante. Les CIVG du secteur public, particulièrement en région parisienne, ont augmenté leur activité depuis 2001 sans augmentation de moyens, ce qui met les professionnels dans une situation insupportable. Ce fait est lié aux fermetures de nombreux services dans les établissements privés où s’effectuaient la majorité des IVG en Ile de Irance.

Depuis 2001, nous avons demandé la revalorisation des tarifs liés à l’IVG mais nous n’avons pas obtenu de réponse du Ministère alors que le prix coûtant dépasse le tarif payé aux établissements. La non valorisation du forfait IVG depuis 1991 pénalise fortement l’accès à l’IVG.

Ainsi, depuis 4ans, les cliniques privées qui arrêtent de pratiquer l’IVG sont de plus en plus nombreuses. Sans moyens supplémentaires, le secteur public n’est pas à même de pallier à ces restrictions. A titre d’exemple : sur le seul département de Paris, 6 cliniques sur 11 ne font plus d’IVG soient 2829 places en moins par an. Les conséquences, les professionnels de terrain les connaissent et les dénoncent depuis plusieurs années ( délais très longs, sectorisation, analyses, bilans et échographie sont demandés avant le RDV...)

L’avortement médicamenteux en ville inscrit dans la Loi de 2001 offre une solution satisfaisante pour les femmes

jusqu’à sept semaines d’aménorrhée. Cette pratique est retardée par la non-parution des décrets d’application.

Le personnel des structures publiques ou privées pratiquant la majorité des IVG, notamment les centres autonomes ont fait preuve de civisme et ténacité depuis le vote de la loi. Cette situation ne peut durer plus longtemps. Des mesures doivent être prises.

Est-il nécessaire de rappeler que l’IVG médicalisée a représenté une avancée considérable en matière de Santé publique.

La loi du 4 juillet 2001 répond à un besoin en matière de santé des femmes.

Il est de votre pouvoir et de votre devoir, Monsieur le Ministre de la Santé, de la faire appliquer.