Accès aux médicaments | Médicaments génériques | Philippe Rivière
Les médicaments génériques, les brevets et les malades du sida de nos pays d’origine
8 octobre 2003 (survivreausida.net)
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Écouter: Les malades de nos pays d’origine, les médicaments génériques et la question des brevets (MP3, 5.3 Mo)
Rencontre avec Philippe Rivière pour tenter d’expliquer, dans un langage simple et clair, les enjeux des négociations autour des médicaments génériques et des brevets dans les hautes sphères des grandes instances, et pour confronter ces enjeux à l’urgence des familles qui soutiennent des proches malades dans les pays d’origine.
Quand on apprend qu’un proche est malade, soit on accepte la fatalité, soit on se jure de tout faire pour obtenir les moyens de survivre au sida. En clair, il s’agit d’envoyer des médicaments, de trouver des médecins compétents et un laboratoire fiable pour faire les bilans, et le cas échéant de se battre pour faire venir la personne malade en France.
Autour de l’émission, de nombreux auditeurs nous contactent dans leurs recherche de solution, dans l’urgence et confrontés à l’urgence de la vie ou de la mort.
Pendant ce temps-là, dans les institutions de l’ONU, de l’Union européenne ou du Fonds mondial contre le sida, dans les hautes sphères des conférences internationales, une autre discussion a lieu. Elle a pour objet l’accès aux traitements de nos frères et de nos sœurs malades. On y parle de licence obligatoire, de brevets et de propriété intellectuelle, de médicaments génériques, des laboratoires FarMinghinos ou Cipla… Ponctuellement ces débats crèvent la Une des quotidiens : Durban, la « victoire » des militants sud-africains, Barcelone, les annonces ultra-optimistes se succèdent mais ne change rien à la vie quotidienne des malades de nos pays.
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Les médicaments génériques, les brevets et les malades du sida de nos pays d’origine
Nous sommes une O.N.G. (Colomiers Jumelage et Soutien) et nous nous occupons de deux villages au Burkina Faso . Nous avons entendu que l’Inde allait arrêter de fabriquer des médicaments génériques anti-rétroviraux . Qu’en est-il exactement ? Que vont devenir les pays d’Afrique qui s’y approvisionnent , en particulier le Burkina Faso ? Merci de bien vouloir nous répondre Annette Paquier
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> Les médicaments générique, les brevets et les malades du sida de nos pays d’origine
Pourquoi toujours cette confusion sémantique, entretenue, entre médicaments génériques (plus sous brevet) et copies de médicaments (encore sous brevet).Tout le monde aujourd’hui, fait référence, à la santé publique, à la démocratie sanitaire et sociale, aux principes de précautions, à la place plus importante du préventif dans l’avenir, à l’intervention des citoyens, aux catastrophes sanitaires liées aux décisions prises sans concertations. Il serait dommage que pour les médicaments l’expérience ne serve pas de leçon.
Les salariés du médicament, les psychologues, les pédiatres, les gérontologues qui ont étudié ces questions en témoignent. La non bio-équivalence, les formes pharmaceutiques, les excipients, les couleurs, les odeurs, le goût des médicaments doivent être pris en compte dans un traitement.
Enfin sur le concept : Vivent les Médicaments génériques anti-profits pharmaceutiques ! il est un peu court ! Teva labo israélien 1er génériqueur au monde vient de rafler 15% de part de ce marché en France, ses cours de bourse explosent. Les grands laboratoires, allemands (Merck et GNR), américains(MSD) français ( Sanofi, Rousel-Uclaf) se sont lancés dans la fabrication des génériques, le curseur éthique n’est donc pas forcement à placer entre génériques et profits !
Le développement de pôles publics, de recherche, de production du médicament permettrait notamment de stopper l’abandon par les trusts pharmaceutiques des produits dits « financièrement non rentable » de fixer des prix uniques négociés dans la transparence avec l’ensemble des acteurs concernés
Bref, des coopérations plutôt que la guerre économique !
Les "vrais" nouveaux médicaments, sont aujourd’hui plus performants, ils limitent les effets secondaires, leur utilisation est plus simple pour les enfants, les personnes âgées, ils évitent la multiplication des prises.
Les trafics de médicaments se généralisent, labos star tops éphémères, bientôt des médicaments discounts , sous labos de complaisances, comment retrouver les responsables en cas de pollution, médicamenteuse sur les être humains , dans la nature . Je crains que sous l’alibi humaniste "des médicaments pour les pauvres"en fait, l’on assiste au développement des "pauvres médicaments pour pauvres".
Moi, je veux des médicaments au top, pour toutes les personnes humaines de cette planète ! Reste à travailler,à débattre ensemble pour y parvenir.
Michel katchadourian
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> Les médicaments générique, les brevets et les malades du sida de nos pays d’origine
Bonjour,
merci pour votre message ; je distinguerai deux questions :
1) la confusion entre « génériques » et « copies » : j’en suis le premier navré ; malheureusement personne ne semble avoir adopté « copies », qui serait plus précis, mais pose d’autres problèmes par ailleurs. Je n’ai fait en cela que reprendre la terminologie habituelle, et je suis le premier à admettre qu’elle introduit une confusion.
2) les solutions, sous la forme d’une opposition entre « génériques » et « profits » : je remarque que là, c’est vous qui tombez dans la confusion entre les « génériques » et les « copies » en nous parlant du labo israélien qui aurait pris 15% du marché du générique en France : en effet la France n’a pas pris d’arrêté de production sous licence obligatoire, et il s’agit bien là de « génériques », c’est-à-dire de versions différentes de spécialités sans brevet (ou dont les brevets sont échus).
La guerre des labos est violente et souvent cruelle ; il s’agit aussi d’un marché comme un autre ; mais là n’était pas le propos de l’émission, qui s’intéressait aux négociations commerciales autour de l’accès aux médicaments dans le Sud. Et force est de reconnaître que les lobbies pharmaceutiques, pour ne rien lâcher sur les brevets (qui garantissent plus, à l’évidence et au contraire de ce qu’ils rabâchent sans arrêt, les profits que la recherche), ont sacrifié sans états d’âme les malades du Sud. C’était le thème de cette émission, qui ne prétendait pas faire le tour de la question « Quelle politique pour les médicaments? »
Alors, que vive la recherche, bien sûr. Mais pour qu’elle vive il faudra bien lui rendre un peu d’autonomie par rapport au marché. Qu’on axe les recherches en direction des médicaments utiles plutôt que de ceux qui seront rentables ; que l’on procède plus souvent, par exemple, par appel d’offres ; que les patients qui entrent dans des essais thérapeutiques aient des droits (au nom du public) sur les médicaments dont ils permettent l’existence, etc. les propositions ne manquent pas, et la « démocratie sanitaire » en a bien besoin.
Quelques livres intéressants sur le sujet, qu’on ne pourra pas épuiser dans ce forum... :
Philippe Pignarre, Le Grand Secret de l’industrie pharmaceutique
Jean-Claude Salomon, Le Complexe médico-industrielJe vous invite aussi à voir ce qu’on a publié dans Le Monde diplomatique www.monde-diplomatique.fr/index/suj...
Cordialement,
Ph
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> Les médicaments générique, les brevets et les malades du sida de nos pays d’origine
merci pour la réponse philippe et pour vos interventions pour éclairer le débat.
Sur la deuxième partie les "génériques et la politique du médicament" je pense qu’effectivement ce n’etait pas le thème de l’émission, mais devant le manque de débats contradictoires sur ce problème (on a surtout droit à des campagnes de propagandes et de culpabilisation spectaculaires) toutes les occasions sont bonnes pour réagir et provoquer la discussion , mème si il faut parfois être un peu hors sujet.
fraternellement michel k
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> Les médicaments générique, les brevets et les malades du sida de nos pays d’origine
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L’accès aux médicaments et aux moyens matériels pour survivre au sida
Sachez que nous avons déja consacré plusieurs émissions aux explications concernant le jargon des brevets, des génériques, etc.
Sachez que nous ne faisons pas plus confiance au laboratoires du Nord que ceux du Sud. La question de la qualité, de la sécurité et de l’efficacité des médicaments antirétroviraux, les familles la posent depuis des années, et nous n’avons toujours aucune réponse claire alors que les histoires d’horreurs (faux médicaments, par exemple) s’accumulent.
Au lieu de donner des leçons de jargon technocratique, vous feriez mieux de vous intéresser au combat des familles qui luttent pour la survie de leurs proches en train de crever du sida dans nos pays d’origine pendant que d’autres discutent tranquillement dans des salons feutrés, devant leur clavier ou dans les happenings altermondialistes.
Écoutez donc l’émission, les prises de parole des gens concernés, et après demandez-vous quelles peuvent être les priorités et ce que pourraient contribuer en terme de soutien et de solidarité les militants et les organisations du Nord, au-delà des leçons de vocabulaire.
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> L’accès aux médicaments et aux moyens matériels pour survivre au sida
J’espère que votre réponse ne m’était pas destiné, sinon, vous avez manqué la cible. Je suis depuis plus 30 ans sur le terrain (ce soir à nouveau) à me battre avec les gens en difficultés pour l’accés aux soins et pour une secu pour tous au plus haut niveau.
Mais je pense aussi, que le combat idéologique, sémantique n’est pas anodin, que les malades ne sont pas des veaux. ils peuvent y participer,sur votre site et grace à vos émissions bravo .
Mais attention à vos réponses, la colère est souvent mauvaise conseillère ! bon combat, fraternellement.
M.K
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> L’accès aux médicaments et aux moyens matériels pour survivre au sida
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