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Femmes séropositives | Observance thérapeutique | Pierre de Truchis

IPPOTHES : Femmes et observance dans le VIH (avec Pierre de Truchis)

6 septembre 2003 (papamamanbebe.net)

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Au mois de février, Samia avait fait le point sur la grossesse et le VIH, avec le professeur Laurent Mandelbrot et notre amie Aimée Bantsimba-Keïta.

Dans la vie d’une femme séropo, porter et accoucher un bébé, ce n’est pas tout.

C’est pourquoi aujourd’hui nous abordons le sujet de l’observance et des conditions de vie des femmes séropos.

Pour ouvrir la discussion aujourd’hui, Pierre de Truchis, qui vient de terminer la première étude qui s’est intéressée à la prise en charge des femmes séropositives.

Si vous êtes une femme séropo et vous avez des choses à dire sur la vie quotidienne, les médicaments, les hommes, ou tout autre sujet, bref si vous avez envie de prendre la parole, n’hésitez pas à prendre contact nous par le répondeur de l’émission.

Si vous avez envie de rencontrer d’autres femmes concernées, prenez contact avec moi au 08 70 25 12 50. Demandez Samia. N’oubliez pas de laisser un numéro pour que je puisse vous rappeler.

Vous pouvez nous faire parvenir vos courriers en écrivant à l’émission. L’adresse postale, c’est Migrants contre le sida, 45 rue d’Aubervilliers, 75018 Paris.

La première étude IPPOTHES : les femmes moins observantes que les hommes ?

- IPPOTHES, c’est quoi ? Quels étaient les objectifs de la première enquête en 1999 ? Quels résultats ?

- En 1999, 56% des femmes vs 69% des hommes étaient jugés par IPPOTHES « bons observants ». Aviez-vous été surpris par le premier constat en 1999 d’une moins bonne observance chez les femmes séropositives ?

- Votre travail est financé par le laboratoire BMS, quel était le cahier de charge et les exigences du laboratoire ? Pourquoi s’intéresse-t-il à l’observance des hommes ou des femmes séropos ?

Voici quelques résultats de l’étude IPPOTHES

La moyenne d’âge chez les 686 femmes interrogées par IPPOTHES est de 39 ans. Plus de la moitié vivent seules. La moitié sont au chômage. Près de la moitié sont de nationalité étrangère. Un tiers sont en situation de précarité financière. Un tiers sont dépressives. Près d’un tiers sont ou ont été toxicomanes. 1 sur 20 sont sans logement stable.

- Quel bilan faites-vous de ces résultats, qui témoignent des difficultés quotidiennes des femmes séropos, par rapport à la population générale ?

- Pourquoi s’être limitée à la seule question de l’observance, au lieu d’une étude pour mieux comprendre les conditions de vie globale des femmes séropositives ?

Le risque de mauvaise observance est multiplié par deux lorsque les femmes cumulent deux ou plusieurs critères de précarité ou de vulnérabilité.

- Quels sont ces critères de vulnérabilité ?

- Que change le fait d’avoir un ou plusieurs enfants ?

- Le fait de savoir lire le français a-t-il une influence sur l’observance ?

- Les femmes étrangères sont-elles moins « observantes » que les françaises ?

Vous écrivez « avoir un logement, des revenus suffisants, une prise en charge sociale… sont des facteurs déterminants dans la réussite d’un traitement ». Pourtant, les médecins sont peu formés sur les questions de prise en charge sociale…

- En ce qui concerne les traitements eux-mêmes, les laboratoires insistent beaucoup sur la simplification des prises. Quelle est le poids de ce facteur pour les femmes en situation de galère ?

- La moitié des femmes souffre de lipodystrophies, quelle est votre appréciation de la prise en charge par les médecins de cet effet indésirable directement lié à certains médicaments ?

- Quels sont les facteurs médicaux qui font obstacles à l’observance (mauvaise connaissance de la maladie, contraintes des traitements, absence de confiance dans le médecin) ?

- Un médecin qui repère les facteurs de vulnérabilité chez une de ses patientes, quel est sa responsabilité ? Peut-il exiger le suivi d’un traitement alors que l’hôpital ou la consultation ne peuvent pas régler les problèmes sociaux de la personne concernée ?

Questions pratiques pour les femmes séropos :

- Une femme qui est dans une situation difficile devrait-elle envisager de reporter le plus longtemps possible le début d’une tri thérapie ?

- Si on n’arrive pas à prendre régulièrement son traitement, vaut-il mieux arrêter ou continuer ?

- En 1995-96, la pression sur les séropos pour l’observance était énorme, on évoquait l’apparition des viruses résistants dont seraient responsables les séropositifs irresponsables. Où en sommes-nous ?