Skip to main content.

Europe Forteresse : l’hôpital de Hüddinge à Stockholm, scène d’un crime prémédité

2 décembre 2000 (survivreausida.net)

Réagir à cet article | Recommander cet article | Votez pour cet article

Lire aussi : Cause du décès : Refus de prise en charge (1998)

À l’hôpital de Hüddinge, dans la banlieue de Stockholm, une femme attend, seule. Elle est gravement malade du sida. À l’extérieur de sa chambre, quelques médecins discutent à voix basse. Depuis plusieurs semaines, on interdit aux médecins suédois de lui donner une trithérapie. Pour l’administration de l’hôpital, elle est une « illégal », une clandestine qui n’existe pas et qui n’a droit à rien, surtout pas à une trithérapie qui coûte plus cher que ce que vaut, en Suède, la vie d’une femme Africaine. Les seuls médicaments qui lui sont donnés, c’est l’aspirine. Au vu de son état de malnutrition, l’hôpital a fini par accepter de lui brancher une perfusion.

Migrants contre le sida a rencontré un médecin africain, installé depuis plus de 20 ans en Suède. Ce médecin avait déjà rencontré cette femme, il y a cinq ans, alors qu’elle venait d’arriver à Stockholm du Kenya, son pays d’origine. C’est en Suède qu’elle a appris sa séropositivité. Elle n’était pas encore malade. À l’époque, ce médecin avait tout fait pour tenter d’organiser une prise en charge, pour trouver des médecins qui accepteraient de la soigner. En vain. Pour les services de l’immigration, pour les hôpitaux, la réponse était partout la même : cette femme n’existe pas. Quelques mois plus tard, elle disparaissait sans laisser de trace... jusqu’à il y a quelques semaines quand elle arrive aux urgences de l’hôpital de Hüddinge.

Depuis bientôt dix ans, des soignants et militants africains, installés en Suède, dénonce l’interdiction des droits sociaux faite aux sans-papiers africains. « Ces gens, les sans-papiers, vivent ici, ils travaillent ici, » nous ont-ils déclaré. « Ils font partie de nous, la communauté africaine de Suède. Nous ne pouvons pas faire comme s’ils n’existaient pas ». Il raconte le parcours de cette jeune femme, âgée de 32 ans, qui attend à Hüddinge, on sent sa colère et sa frustration mais aussi sa détermination : « la communauté africaine de Suède réagit dans le calme, nous sommes mieux organisés aujourd’hui, nous ne nous bornerons pas à dénoncer, à faire du bruit. Nous voulons une discussion sur les principes, des actes ». Cette semaine, le parlement suédois a pour la première fois évoquée de la situation des sans-papiers malades du sida.

Le Collectif Migrants contre le sida exige l’accès immédiat à une couverture maladie gratuite et la régularisation par un titre de séjour garantissant les pleins droits sociaux et la résidence durable de toute personne atteinte de pathologie grave en Suède. Nous dénonçons l’hypocrisie des pays du Nord qui prêchent la « solidarité thérapeutique » avec nos pays d’origine alors qu’ils laissent mourir les malades du Tiers-monde qui sont installés sur leur sol. Enfin, Migrants contre le sida affirme son soutien aux associations immigrées en lutte pour l’égalité des droits face à la maladie en Suède, pour survivre au SIDA et à la violence raciste de l’Europe forteresse.

Contact presse : Reda Sadki au 08 70 25 12 50


Réagir à cet article


Suivre la vie du site S'abonner au forum de cet article (RSS)