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Algérie

Le Dr Kamel Senhadji, le « chasseur » du HIV, à Alger

24 octobre 2001 (La Tribune)

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par Hassan Gherab

Parallèlement aux activités culturelles purement artistiques, le CCF investit le domaine scientifique. Pour sa première opération dans ce domaine, le Centre culturel français a programmé une conférence à l’intention des chercheurs, médecins et étudiants en médecine avec le chercheur Kamel Senhadji. Le thème de la conférence qui aura lieu jeudi prochain à 10 heures au département de médecine du centre Maherzi (ex-Laperrine), sera « le génome humain et ses retombées : exemple de la thérapie génique du sida ». Thème d’actualité pour un chercheur qui a fortement collaboré à l’avancée des recherches de la thérapie-miracle contre le sida.Le docteur Kamel Senhadji, assistant du professeur Jean-Louis Touraine, est arrivé, avec son équipe, à « piéger » le virus du sida (HIV) grâce à une thérapie génique expérimentée sur des souris porteuses d’un « petit organe » humain.

L’expérience visait à empêcher le virus d’atteindre les cellules nécessaires à sa reproduction. La première étape de l’expérience concernera « l’humanisation » des souris. Elle se fera par la greffe de fragments de foie et de thymus fotal humain. Ces fragments produiront les cellules humaines qui sont la cible privilégiée du HIV.Le virus est un parasite qui, n’ayant que son code génétique pour se reproduire, a besoin de la cellule sur laquelle il se fixe et envahit pour la synthèse des éléments constitutifs inscrits sur son génome. Introduit dans le sang, le virus du sida a pour cible les CD4 qui sont des récepteurs situés à la surface de la cellule (globule blanc T4). Les CD4 sont pour le HIV sa porte d’entrée à la cellule. Une fois à l’intérieur, le virus utilise le noyau cellulaire pour se multiplier et se propager.L’idée des chercheurs était de noyer le VIH de CD4 « flottants » injectés aux souris.

Ainsi, le virus se fixera sur un vrai récepteur qui est cependant une fausse porte d’entrée puisqu’il flotte loin de tout contact avec la surface d’aucune cellule. Le HIV -dont la durée de vie n’est que de quelques heures- « marqué » par une armée de récepteurs solubles loin de tout noyau de cellule ne pourra pas se reproduire et disparaîtra. Mais la vague de CD4 soluble peut laisser lui échapper une des têtes (molécule) du virus HIV qui ne sera pas recouverte. C’est là qu’entre en scène l’anticorps gp41 dont la cible sera la tête du virus qui aura réussi à échapper au CD4 soluble. Le CD4 a eu donc pour mission la réduction de la charge virale tandis que le gp41 a éradiqué tout risque de propagation du virus dans le sang des souris. Mais si l’imaginaire a déjà fait le pas entre la souris et l’homme, les chercheurs, eux, bien qu’impatients de franchir ce pas, s’obligent cependant au discernement car sachant que c’est le plus difficile qui reste à faire. Le détail de l’expérience et de ses étapes vous sera donné par son initiateur, le docteur Kamel Senhadji.

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