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Sexe et sexualité

Troubles de l’érection : la santé sexuelle : un vrai problème médical

21 avril 2000 (Impact médecin)

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Avec 300 000 Français traités à ce jour, Viagra est surtout prescrit par les médecins généralistes. Toutefois, 84 % des hommes concernés par un trouble de l’érection n’abordent pas le sujet avec leur médecin. La création d’une association devrait favoriser le dialogue.

« Et si nous évitions de répondre à un patient consultant pour un trouble de l’érection : "C’est dans votre tête" », suggère le Dr Frédérique Hédon (Paris). Loin des clichés, la consultation pour une dysfonction érectile exige d’abord de prendre en charge la souffrance du patient, qui a pris la décision de consulter. En pratique, le praticien se heurte à un certain nombre d’obstacles.

« N’oublions pas que le patient est dans une double relation d’inégalité, souligne le Dr Marie-Chevret-Measson (Lyon). Il souffre de la honte terrible d’« avouer » son impuissance. Honte majorée si le médecin est un homme, rival comme tous les hommes, mais possédant le savoir, donc jugé comme surpuissant. » Dans ce cas de figure, le praticien devra trouver les mots justes en posant des questions claires, sans faux-fuyants.

Enfin, ces troubles génèrent également une souffrance du couple. La partenaire interprète souvent ce dysfonctionnement comme un manque de désir ou une perte de son pouvoir de séduction. D’où, parfois, aggravation d’un malentendu conjugal qui peut être dissipé par le praticien grâce à des explications, des informations claires. Outre cette dimension sexothérapique, la prise en charge de l’impuissance doit également éliminer une pathologie organique même si la grande majorité des patients relèvent d’une étiologie fonctionnelle.

Ainsi, la recherche d’une hypoandrogénie se traduit en clinique par une diminution du désir, une raréfaction des érections spontanées nocturnes et matinales, une augmentation de la masse graisseuse par rapport à la masse musculaire.

Le diagnostic repose alors sur le dosage de la testostéronémie totale le matin avant 9 heures. Dans certains cas, les troubles sexuels peuvent être les premiers symptômes d’une affection chronique, comme dans la maladie de Parkinson. Enfin, l’athérosclérose favorise la survenue d’un trouble de l’érection. Dans ce contexte, il est utile d’envisager une exploration Doppler.

Faciliter le dialogue

Alors que le dialogue spontané sur ces troubles de l’érection s’avère difficile, le médecin généraliste, dans le cadre du suivi de son patient, peut envisager une évaluation annuelle de cette fonction.

Une autre alternative s’offre désormais au patient avec la création de l’Association pour le développement de l’information et de la recherche sur la sexualité (ADIRS).

Destinée en priorité au grand public, elle est bien sûr également accessible aux enseignants et personnels soignants. Dotée d’un comité scientifique et présidée par le Dr Jacques Buvat (Lille), cette association propose dès à présent un numéro indigo (0.825.00.00.10). Cette ligne téléphonique fonctionne entre 14 et 18 heures du lundi au vendredi. Un site Internet sera prochainement ouvert à tous.

Enfin, un bulletin de liaison, un service de réponses écrites et une journée d’information annuelle complète le dispositif. La création de cette association permet à la France de rejoindre un réseau européen d’associations nationales vouées à l’information du grand public.

Avec ces différents moyens d’informer le patient, l’enjeu est ainsi de le convaincre, au delà des tabous ou des plaisanteries grivoises, que la santé sexuelle est un vrai problème médical.

DR GILLES NOUSSENBAUM

Les chiffres clés

À ce jour, plus de 300 000 Français ont bénéficié d’un traitement par Viagra. Depuis sa commercialisation dans l’Hexagone, 450 000 prescriptions ont été comptabilisées. 80 % des ordonnances sont rédigées par le médecin généraliste. 86 % des médecins généralistes ont déjà prescrit Viagra. Toutefois, les troubles de l’érection sont encore un sujet tabou. Si 19 % des hommes entre 18 et 65 ans souffrent d’une dysfonction érectile, 84 % d’entre eux n’abordent pas le sujet avec leur médecin. Paradoxe, dans le même temps, 66 % considèrent qu’en parler avec leur médecin les soulagerait. Afin d’ouvrir le dialogue, le praticien doit rechercher les facteurs favorisants : un diabétique sur trois, plus de la moitié des patients déprimés, 15 % des patients hypertendus sont concernés par les troubles de l’érection.

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