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À propos du Comité des familles pour survivre au sida (2003–2013)

Des immigrés veulent casser le tabou du sida

22 juin 2002 (AFP)

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Bilan et compte-rendu : 2e rassemblement des familles immigrées solidaires pour survivre au sida

Des familles maghrébines et africaines vont se rassembler samedi à Paris, pour la seconde fois, devant la Fontaine des Innocents, pour manifester en faveur d’une meilleure prise en charge du sida, maladie "tabou" qui touche un grand nombre d’immigrés.

Les étrangers sont les parents pauvres du dépistage et des soins précoces et sont, pour cette raison, largement représentés parmi les malades déclarés.

Selon Dominique Costagliola, de l’INSERM, ils formaient au premier semestre 2001, 29% des cas de sida déclarés (175 sur 598), alors qu’ils ne représentent que 6% de la population totale en France.

La majorité sont des Africains (17%), les autres viennent d’Amérique (6%), du Maghreb (2%), notamment.

La part des étrangers malades du sida a doublé entre 1995 et 2000 et la grande majorité (76%) est concentrée en Ile-de-France.

"Une grande partie des patients qui arrivent dans les hôpitaux ignorent qu’ils étaient séropositifs", affirme Dominique Costagliola.

Il y a un peu plus d’hommes que de femmes, celles-ci ayant plus souvent que les hommes l’occasion de cotoyer des médecins, pendant leurs grossesses.

Ensuite, même si tout n’est pas parfait, souligne Dominique Costagliola, les immigrés bénéficient du système de soins général, grâce à la CMU (couverture maladie universelle) ou l’aide médicale gratuite (AME), pour les sans-papiers.

Mais Reda Sadki, de Migrants contre le sida, qui milite depuis des années pour faire reconnaître l’étendue de l’épidémie parmi les immigrés, estime qu’il y a encore un "apartheid" dans les soins et note qu’on "vit encore avec des stéréotypes, les médecins pensant que les malades étrangers ne comprennent pas ou ne peuvent pas suivre les consignes".

Une cinquantaine de familles s’étaient rassemblées une première fois le 25 mai à la Fontaine des Innocents. "Cela leur avait permis de se rencontrer, beaucoup parlaient pour la première fois de leur problème", a constaté Reda Sadki.

"Il faut casser le tabou et convaincre les gens d’aller de l’avant", affirme de son côté Sanvi Ahebla, fondateur d’une association d’"Africains vivant avec le VIH", présent lors du premier rassemblement mais qui estime que "l’important n’est pas d’aller manifester, mais surtout d’agir dans sa communauté".

Lire le commentaire de Migrants contre le sida : Médiation ou mobilisation ? Ce n’est pas en distribuant des capotes sur les marchés que nos familles obtiendront les moyens pour survivre au sida

"Il y a des gens qui ont passé dix ans en France et qui ne savent rien du sida", dit-il, "les homosexuels ont réussi à faire baisser la maladie dans leur communauté par l’information, alors, pourquoi pas nous ?"

"En France, on parle beaucoup du sida en Afrique, mais on oublie les Africains qui vivent ici", affirme-t-il.

Créateur il y a un peu plus d’un an de l’"African Positive Association" (APA), il envoie des "médiateurs" et "médiatrices", souvent frappées eux-mêmes par la maladie, sur les marchés, dans les rues des quartiers populaires, proposant des dépliants sur la prévention, l’accès aux soins, des cassettes audio, des préservatifs.