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Venir en Europe ? Le dernier espoir

3 juillet 2002 (Tribune de Genève)

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Familles maghrébines et africaines en lutte pour survivre au sida, ici et dans nos pays d’origine

par Mathieu van Berchem (Paris)

Désespérés par la pénurie de traitements qui sévit chez eux, en Afrique, certains malades font le grand saut. Ils traversent, illégalement pour la plupart, la Méditerrannée pour tenter de se faire soigner en France. Depuis 1998 en effet, la loi Chevènement, unique en Europe, établit qu’on ne peut expulser un étranger s’il est malade et que son état de santé nécessite des soins dont il ne peut disposer dans son pays. C’est bien sûr le cas des trithérapies, si rares dans le tiers monde en général et en Afrique en particulier.

Parmi ceux qui tentent leur chance, il y a des membres de la bourgeoisie locale, qui vendent partie de leurs biens pour aller bénéficier en France de soins thérapeutiques. « Mais la grande majorité est constituée de parents d’immigrés vivant dans l’Hexagone », affirme Reda Sadki, de l’association Migrants contre le sida. Combien sont-ils ? « La Loi Chevènement avait créé une sorte de psychose chez ceux qui craignaient l’arrivée de millions d’Africains. En fait, ils sont à peine 2700 à en avoir bénéficié », note Reda Sadki.

Route semée d’obstacles

Il faut dire que la route de ces migrants est semée d’obstacles. « Tantôt les autorités françaises refusent d’appliquer la loi, tantôt ce sont les hôpitaux qui font barrage, à moins que les problèmes ne viennent de la caisse de la Sécurité sociale », assure le responsable de Migrants contre le sida, qui rappelle qu’en principe en France, les frais de santé sont pris en charge.

Migrants contre le sida n’encourage pas les immigrés à amener illégalement leurs proches séropositifs en France. « Mais que voulez-vous qu’on leur dise ? Laissez vos frères mourir tranquillement en Afrique ? Là-bas, l’espérance de vie moyenne des malades ne dépasse pas dix mois. Leurs parents en France disposent donc de très peu de temps pour réflechir. »

A vrai dire, les immigrés vivant dans l’Hexagone sont à peine mieux lotis. Sur les 35 000 morts du sida depuis le début de l’épidémie, 15 000 étaient d’origine arabe ou africaines. Et cette proportion ne cesse de croître. Reda Sadki, qui attribue cette situation à la position, très défavorable, des immigrés dans l’échelle sociale, regrette que la France n’adapte pas sa politique de prévention à la population étrangère, comme c’est le cas en Suisse depuis 1987. L’association se bat aussi pour que d’autres pays d’Europe (dont la Suisse) qui reconduisent régulièrement des malades sans papiers à la frontière, adoptent une législation conséquente. « Expulser un séropositif vers l’Afrique, c’est le condamner à mort. »

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