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Rassemblement des familles immigrées du 25 mai 2002 : « Briser la chape de plomb qui existe autour du sida »

17 mai 2002 (20 Minutes)

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L’union fait la force : appel au premier rassemblement des familles maghrébines et africaines solidaires pour survivre au sida

Par Reda Sadki et Benett Bena, membres du collectif Migrants contre le sida.

Pour les familles maghrébines et africaines de France, qui paient depuis le début de l’épidémie un lourd tribut au sida, le virus a marqué toute une génération sacrifiée à la seringue, à la prison, à la double peine. « Migrants contre le sida », émission de radio devenue collectif pour l’égalité des droits contre la maladie, s’est donné pour but de défendre ceux qui n’ont pas les moyens de se soigner, en France et dans les pays d’origine. Nous savons qu’à Paris et en région parisienne vivent plusieurs milliers de familles qui soutiennent leurs proches, malades du sida au pays. Car là-bas il n’y a pas de traitements et lorsqu’ils sont disponibles ils coûtent une fortune totalement inabordables. Malgré la diversité de leurs parcours, les familles partagent une volonté de solidarité, pour briser la chape de plomb de la honte et du silence existant autour de notre devoir de solidarité avec les gens malades, et le droit des malades de s’organiser, de lutte pour vivre et se soigner dans la dignité.

Ainsi certaines de ces familles, malgré les conditions sociales réservées aux immigrés, parviennent à envoyer des médicaments ou aider leurs proches, malades, à venir s’installer en France, pour vivre et se soigner dans la dignité. Elles ont pour la première fois exprimé le souhait de se rassembler, et de poser leur combat et leurs revendications sur la place publique*. Malgré une loi qui protège les malades issus de l’immigration qui sont en France et leur reconnaît le droit de s’installer en France, beaucoup restent sans papiers ou frappés par la Double Peine, ne savent pas à qui s’adresser, ni comment consulter. Ils ne bénéficient pas de couverture sociale et, alors que l’accès aux médicaments est garanti par la loi, se retrouvent dans l’impossibilité de se soigner. Nos familles s’entraident, pour trouver des solutions au coup par coup. En permettant une hospitalisation et un début de traitement. En offrant parfois des moyens de vivre : logement, revenu de subsistance pour eux et leurs familles, obtention de papiers.

Le vrai problème ? La santé des immigrés n’a jamais été une priorité. Pour les malades du sida, les discriminations aboutissent au pire vers l’expulsion vers le pays d’origine, sans chercher à savoir si la personne est malade ou pas : cette semaine par exemple, un détenu atteint du VIH devait être expulsé vers un pays du Maghreb où l’on ne pourra pas le traiter et où, sans trithérapie, il va mourir... Alors-même que la loi de 1998 interdit l’expulsion d’un malade ne pouvant pas être soigné dans son pays ! Nous avons réussi à empêcher, dans l’urgence absolue, cette expulsion, grâce à la mobilisation des familles et de notre réseau de solidarité. Que vaut la vie d’un Arabe ou d’un Africain qui est malade du sida dans ce pays ? Nous ne laisserons pas les malades affronter seul le virus, et encore moins mourir alors que leur mort est parfaitement évitable. Nous réclamons les indispensables médicaments antirétroviraux mais aussi les moyens matériels pour survivre à cette épidémie. Il est temps de sortir de l’ombre, pour que tout le monde, y compris les politiques et les responsables de la santé, comprenne aujourd’hui l’urgence à agir !

* Un rassemblement est organisé samedi 25 mai à 15h00, fontaine des Innocents, métro Châtelet-les Halles. Informations disponibles sur le site Internet www.survivreausida.org ou le répondeur téléphonique 01 43 79 88 32. Émission mardi de 17 à 18h et mercredi de 11h à midi sur FPP 106.3 FM.