Bernard Hirschel | Laurent Roudière | Vacances thérapeutiques
Vacances thérapeutiques : les réponses de Bernard Hirschel, responsable d’une étude européenne sur les interruptions structurées de traitement
11 décembre 2001 (survivreausida.net)
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Quelques unes des questions posées à Bernard Hirschel
Bernard Hirschel, vous dirigez le service des maladies infectieuses de l’Hôpital cantonal universitaire à Genève. Dans ce cadre, vous menez une des seules études sur les interruptions structurées de traitement a laquelle participent plus d’une centaine de séropositifs en Suisse et en Espagne. Pouvez-vous raconter aux auditeurs pourquoi vous vous êtes intéressé a cette question, et pourquoi vous avez tenu à suivre un nombre important de séropositifs ?
Si on parle des vacances thérapeutiques aujourd’hui, c’es aussi parce que des médecins américains qui font de la recherche viennent de publier les résultats d’une étude sur 10 patients qui ont pris leur traitement une semaine sur deux pendant au moins six mois.Pouvez-vous commenter, pour les séropositifs qui prennent un traitement et qui écoutent l’émission, l’intérêt de ces résultats ?
Les personnes qui expriment souvent le besoin d’arrêter leur traitement, ce sont celles qui sont en échappement thérapeutique, qui prennent 4 ou 5 médicaments depuis longtemps, et qui n’en peuvent plus. Jusqu’à présent les médecins ont fait des recherches surtout sur des séropositifs pour qui tout va plutôt bien (charge virale, CD4, observance). Pourquoi, et quelle est donc la pertinence de vos travaux pour les séropositifs pour qui tout va mal ?
À Durban, vous aviez déclaré : « L’interruption structurée de traitements pourrait induire chez certains patients une reconstruction de l’immunité, en n’entraînant pas ou peu de résistances ». Les résultats de votre étude ont-ils confirmé cette hypothèse ? Pour les 20% des séropositifs chez qui le virus n’a pas repris (contrôle de la charge virale), après le régime d’interruption, savez-vous maintenant ce qui fait la différence chez ces personnes pour qui l’interruption aurait eu un effet thérapeutique ?
Peut-on interrompre son traitement et reprendre après sans rien perdre face au virus (sans se retrouver en échappement virologique) ?
Peut-on interrompre son traitement et le reprendre après sans en payer le prix ? A-t-on aujourd’hui les preuves de l’efficacité de l’interruption structurée de traitement pour contrôler la charge virale ?
Prendre le traitement une semaine sur deux, est-ce que ce n’est pas difficile au niveau psychologique pour les séropositifs ? Qu’avez-vous constaté chez les séropositifs sur les difficultés pour reprendre un traitement après des vacances thérapeutiques ?
Que reste-t-il à faire pour que les interruptions de traitements fassent partie des recommandations thérapeutiques ?
Un des arguments de vente des stratégies d’interruption thérapeutique, c’est la réduction des coûts pour les malades de nos pays d’origine. Est-il trop tôt pour des médecins du Tiers monde de proposer aux malades qui n’ont les moyens que pour se payer une tri thérapie un mois sur deux de prendre le traitement de façon intermittente ?
