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Dépistage du VIH

Séropositif au Centre de dépistage anonyme et gratuit de Belleville

4 décembre 2001 (survivreausida.net)

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Il vaut mieux savoir si on est séropositif, si on est porteur du virus du sida, ou pas.

Mais où et dans quelles conditions faire le test du dépistage du sida ?

Une solution (ce n’est pas la seule), c’est le centre de dépistage anonyme et gratuit (ou CDAG). Pour de nombreux séropositifs, le CDAG a été le lieu de passage obligé, car unique endroit où le test est entièrement gratuit (il n’y a pas d’argent à débourser) et anonyme (il n’y a pas besoin de donner ses papiers ou son nom).

Mais comment se passe le dépistage en pratique ? Pourquoi faut-il attendre une semaine entre la prise de sang et la remise des résultats ? Le médecin du CDAG va-t-il poser des questions sur votre vie amoureuse, sur vos partenaires sexuels ? Ces médecins comprennent-ils à quoi ressemble la vie des gens qu’ils interrogent ? Surtout, à quoi faut-il s’attendre si le médecin vous remet une sérologie positive, doit vous annoncer que vous êtes porteur du virus du sida ? Gérard Muller, médecin responsable du centre, répond à toutes ces questions. Que faut-il savoir sur le centre de dépistage du SIDA de Belleville ? Ça veut dire quoi, anonyme et gratuit ?

L’an dernier, 59 personnes ont découvertes leur séropositivité au centre de dépistage du SIDA de Belleville. Très inquiétant, depuis 3 ans, parmi les gens qui font le test du sida au CDAG de Belleville, il y en a de plus en plus qui sont séropositifs. Les nouveaux séropositifs sont de plus en plus jeunes, et comptent de plus en plus de femmes.

La communauté maghrébine serait-elle à l’abris du sida depuis que les toxicomanes ont appris à ne plus partager les seringues ? Détrompez-vous, il n’en est rien : selon Gérard Muller, de plus en plus de jeunes maghrébins consultent au CDAG de Belleville. La plupart s’interrogent sur des risques sexuels, c’est-à-dire après avoir fait l’amour sans préservatif. Y aurait-il une deuxième épidémie du sida chez les maghrébins, alors que cette communauté a déjà payé un lourd tribut au virus pendant les années 80 et 90 du fait de l’inexistence d’information et de l’interdiction des seringues propres ?

Migrants contre le sida l’a aussi interrogé pour savoir qui fréquente le CDAG de Belleville : les Maghrébins et les autres Africains vont-ils se faire tester ? Comment expliquer le fait qu’il y a de plus en plus de séropositifs parmi les gens qui font le test ? La prévention est-elle adaptée aux besoins des populations, dont les immigrés et leurs enfants, qui sont aujourd’hui sur le front du sida ? Les immigrés et leurs enfants sont-il égaux face à l’épidémie du sida ?

Une deuxième épidémie du sida au sein de la communauté maghrébine

En vingt ans d’épidémie, 35 000 personnes sont décédées du SIDA en France. 15 000 d’entre elles étaient des immigrés ou des enfants d’immigrés des communautés africaines et maghrébines. Aujourd’hui, l’énorme majorité des malades qui meurent encore du sida sont issus de ces deux communautés. Près de la moitié des malades du sida en France sont d’origine maghrébine ou africaine. Dans les centres de dépistage, les médecins témoignent d’une proportion croissante de personnes séropositives parmi les gens d’origine maghrébine ou africaine qui viennent faire le test.

Une première épidémie du sida a frappé les Maghrébins de France dès le milieu des années quatre-vingt, liée au partage des seringues du fait de la prohibition des drogues. Plusieurs indices démontrent aujourd’hui l’existence d’une deuxième épidémie au sein de la communauté maghrébine qui se propage majoritairement par voie sexuelle. La santé publique officielle nie l’évidence : faudra-t-il attendre cinq ou dix ans et l’arrivée aux services d’urgence de ces nouveaux séropositifs, pour mobiliser l’action publique ?

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