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Droit de vote pour les étrangers : Francis et Nino sont pour la réciprocité

27 mai 2013 (papamamanbebe.net)

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Sandra : Droit de vote pour les étrangers. C’était la raison pour laquelle jeudi 25 mai a été organisé une manifestation-concert à la place Bastille à Paris. Daniel, Francis et Nino s’y sont rendus, car c’est une cause qui leur tient à coeur et c’était aussi l’occasion de faire la fête. Malheureusement, ils n’ont pu rien voir du concert. Si vous ne savez pas pourquoi, je vous invite à écouter l’épisode 69 du + Quotidien. Francis et Nino, sont tous les deux originaires d’Afrique et n’ont pas encore la nationalité française donc ne peuvent pas voter en France. Prenons la problématique autrement, Nino et Francis, si dans vos pays d’origine respectifs, les Français qui y vivent avaient le droit de vote, seriez-vous d’accord ?

Nino : En tout cas de mon point de vue, c’est tout à fait normal. Mais ce n’est pas le point de vue de tous les camerounais. Mon point de vue si un Français, installé au Cameroun depuis des années, qui est investi, qui créent des emplois et pourquoi ne pas participer aux élections au Cameroun, au vote. C’est tout à fait normal, c’est l’inverse avec nous les étrangers qui vivent en France.

Les Français surtout, qui ne sont pas très bien vus en Afrique. Moi j’aime la France et je dis souvent c’est un grand pays la France, c’est un pays qui donne la chance à tout le monde, surtout à nous les étrangers. La France nous donne la chance d’évoluer. Mais en Afrique la France est vue d’une autre manière. Les gens ont d’autres idées. La France a pillé l’Afrique, la France a colonisé les peuples africains et la France a tout pris, la France a laissé l’Afrique comme ça, la France ne va pas faire évoluer l’Afrique, il y a le chômage, ce n’est pas bien géré quoi avec les chefs d’Etats qui sont en place qui sont parfois soutenus par les Français et les Africains. Je parle du Cameroun, ils se disent toujours que la France a toujours un mot à dire sur tout ce qui se passe, sur toutes les décisions et tout.

Francis : Je souhaite de tout mon coeur que de la même manière que les étrangers sont traités en France que de la même manière on puisse traiter aussi les Français chez nous. Je dis bien, je le souhaite. Dans certains domaines les Français où d’autres étrangers que j’ai vus vivre chez nous, avaient exactement les mêmes droits. Moi j’ai travaillé avec des Français, certains étaient mes supérieurs et j’étais le supérieur d’autres dans mon pays. J’ai travaillé avec d’autres nationalités, je me rappelle d’un cadre de mon service qui était bourandais et il avait la nationalité burkinabé. On travaillait, on était tous les deux cadres et à notre insu, il s’est rendu dans une manifestation à la capitale en train d’occuper la cathédrale. Bon, il a fini par se faire expulser mais ça c’est à cause de ses activités politiques. Initialement, il avait la naturalisation, on travaillait tous ensemble et tout. Donc c’est pour dire que, moi je souhaite que dans l’ensemble de ces pays-là, il y ait une espèce de réciprocité parce qu’il y a un peu le culte du blanc.

Le culte du Français dans nos différents pays qui ont été colonisés par la France et au jour d’aujourd’hui quand un Français vit là-bas, il a nettement plus d’avantages que nous les nationaux, ça c’est clair. Chez nous il est un petit roi et tout, ce qui n’est pas tout à fait normal. Il n’y a pas de raison qu’il en soit ainsi. Moi je suis plutôt pour la réciprocité. Parfois je suis surpris de voir toutes les taxes qu’on nous fait payer ici et qu’on ne leur fait pas payer là-bas, je trouve que c’est dommage parce que c’est nos pays qui ont au contraire besoin de ces taxes pour se développer. Tous les jours il y a des nouveaux timbres qui s’ajoutent aux paperasses, tous les jours il y a des nouvelles taxes qui s’ajoutent. C’est incroyable. Les Français chez nous ne payent pas tout ça. Pour ma part, je suis pour la réciprocité. S’il y a le droit ici, qu’il y ait le même droit là-bas et qu’on n’en parle plus. C’est ça mon point de vue.

Transcription : Sandra JEAN-PIERRE