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Leçons de vie : courage, tolérance, amour

26 mars 2013 (papamamanbebe.net)

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Sami : J’ai 18 ans et j’habite à Clichy.

Steven : J’ai 17 ans, je viens de Domont. Je suis en CAP PROELEC (Préparation et Réalisation d’Ouvrages Electriques)

Moussa : J’ai 20 ans, je viens de Taverny.

Réactions de Sami, Steven et Moussa suite aux témoignages de Nino et Yann à écouter dans les épisodes 27, 28, 29 et 30 du + Quotidien.

Sami : Franchement c’est vraiment touchant. On voit quand même qu’il y a beaucoup de vécu. Ça fait vraiment un bien fou de parler avec des personnes qui n’ont pas honte de leur maladie ou quoi que ce soit, qui sont vraiment là pour nous expliquer le pourquoi, le comment, le pour qui.

Steven : Je pense qu’il y a un certain respect à avoir envers ces personnes. Ils ont un grand vécu de malades, des personnes qu’ils ont rencontré. Je pense que c’est important de discuter avec eux parce qu’ils ont quand même un certain savoir de leurs bêtises, de la jeunesse, tout ça. Donc c’est important de discuter avec eux.

Moussa : J’ai trouvé ça très instructif. Je pense que c’est des choses à reproduire avec d’autres élèves, d’autres classes, même à le mettre dans le cursus parce que, c’est très enrichissant. Ça nous fait prendre conscience de certaines choses. Je trouve ça très bien.

Extrait du récit de Yann :

Sami : Juste une question comme ça par rapport à votre ancienne toxicomanie. Il y a un film qui est un peu connu et dedans, il montre l’infection d’un mec et tout qui se piquait à force, à force. La personne se piquait tout le temps au même endroit. Et le problème c’est que ça a lui fait une très grosse infection. Elle était voyante avec toutes les veines qui ressortent en violet et tout. Est-ce que par exemple, est-ce que vous aviez un endroit où vous vous piquiez en général, un endroit différent ou tout le temps au même endroit ?

Yann : Non, je changeais de bras c’est tout mais toujours au même endroit. Donc après j’avais un point que j’ai complètement perdu. J’étais super content de ne plus avoir du tout de trace visuelle. Surtout quand tu as décidé, quand tu as abandonné l’affaire, tu as envie qu’il n’y ait plus de, c’est du passé quoi. Et puis je t’ai dit, ce qui m’a sauvé, c’est que je préfère la vie à la drogue. Même si je ne cache pas que ça m’a amené des sensations fortes. On ne va pas se mentir. Les paradis artificiels ce n’est pas pour rien qu’on est attiré parfois.

Fin de l’extrait du récit de Yann.

Sami : J’avais une image comme celle qui nous mette à la télévision, comme celle que tout le monde veut nous faire comprendre alors que, c’est des personnes vraiment comme moi, vous, comme tout le monde. Il n’y a vraiment pas de tabou à avoir avec eux et c’est des personnes avec encore plus de bonnes intentions que d’autres. C’est le contraire de l’image qu’on veut nous donner.

Steven : Je connaissais le principe de la maladie qui attaque les cellules. Après je n’ai jamais eu vraiment de dialogue avec une personne, peut-être sans le savoir, mais je n’en ai pas eu vraiment, pas eu l’occasion d’en parler plus en détail, du traitement, tout ça. C’est bien de savoir qu’au final, que c’est vraiment le bordel d’avoir la maladie.

Moussa : Comme il l’a dit Sami, c’est vrai que, c’est une image que les gens ont forcément, enfin que la plupart des jeunes ont, une image négative. Après, aujourd’hui c’est vrai que bon, moi je n’avais pas tellement cette image. Mais c’est vrai qu’aujourd’hui ça m’a fait prendre conscience de certaines choses et en fait c’est une maladie comme une autre. On n’a pas encore trouvé de remède mais bientôt j’espère. Je trouve ça bien en fait, qu’ils puissent venir, nous en parler et que ça ne soit plus aussi tabou que ça l’était avant.

Sandra : La dernière fois que vous avez fait l’amour c’était quand ?

Sami : Avant-hier.

Sandra : Avec ou sans préservatif ?

Sami : Sans.

Steven : Moi c’était hier soir, avec ma copine, ça fait plus de 2 ans que je la connais. Sans préservatif.

Sandra : Vous vous êtes déjà fait dépister ?

Sami : J’ai eu deux maladies et puis franchement oui, j’ai dû les traiter. À l’heure d’aujourd’hui, je vais vraiment continuer à me faire traiter pour voir exactement si d’autres choses perdurent derrière ou si ça va vraiment s’améliorer. Puis jusqu’au jour de mon mariage, on fera quand même des tests mais beaucoup moins souvent.

Steven : Donc ouais, j’ai eu une petite maladie bizarre. J’ai été faire des tests, j’en ai profité pour faire celui du VIH et de trois autres. Et je ne suis pas positif donc je suis négatif. Mais ouais, j’ai fait un test il y a deux mois, un truc comme ça.

Sandra : L’un(e) de vos frères ou soeurs viens vous voir et dit : voilà, je suis séropositif(ve). Quels seraient vos premiers mots ?

Sami : Ah bah à mon petit frère je lui aurais dit je t’avais dit de te protéger (rires). Non, je rigole. Je pense que je serais toujours là pour lui, le protéger un maximum et le pousser à vraiment prendre son traitement et l’aider dans toutes les démarches qu’il peut faire.

Steven : Moi c’est un grand frère donc du coup ça change un peu la donne. Je ne sais pas. Je serais là mais je ne sais pas ce que je pourrais lui dire. Ce n’est pas mon cas, je ne peux pas dire.

Moussa : J’ai des petits frères, j’ai des grands frères, j’ai des grandes soeurs, j’ai des petites soeurs. Déjà la personne elle est dans la maladie donc on ne va pas rajouter une couche à lui faire la morale, c’est fait quoi. C’est des choses qui sont passées. Vaut mieux l’aider que de lui rajouter une couche, ah mais pourquoi tu as fait ça ? C’est l’enfoncer encore plus en fait. Il n’y a aucun remède à part d’être là pour elle.

Extrait du récit de Yann :

Yann : Même si le préservatif c’est chiant, parce que c’est toujours mieux sans. C’est toujours moins chiant que l’annonce et de savoir qu’on est séropositif. Et puis voilà, ça y est on est dans liberté de faire l’amour, une fois qu’on a mis le truc. Moi j’étais là au début, je le mettais, je faisais des grimaces. J’ai des potes ils me disaient ah ouais, toi tu as du mal à mettre ton préservatif ? Ce n’est pas parce que je suis mieux fait qu’un autre, c’est dans la tête. T’es là et puis un jour, je me suis dit aller arrête. Et maintenant c’est devenu... le mieux, c’est quand c’est la copine qui te le met quoi. Bon, on ne va pas non plus...

Fin de l’extrait du récit de Yann.

Steven : Il y a un certain courage à vouloir venir dans une certaine école d’animaux quoi. Faut le dire. Je ne dis pas qu’il y a que ça. Ils ont un certain courage de venir ici et de se présenter sans tabou et dire les choses clairement comme elles le sont. Et même parler de leur vie personnelle, professionnelle. C’est leur vie. C’est à eux et ils en font profiter. Ils racontent leurs conneries. Je trouve que c’est bien. Peut-être que ça évitera que sur les 20 personnes qui sont là, il y en a peut-être 18 qui ne le feront pas. Je trouve que c’est bien.

Sami : Je voulais tout simplement remercier les personnes qui sont venues. Je ne me rappelle pas forcément des prénoms. En particulier Yann, qui a vraiment beaucoup répondu à mes questions, que j’ai vraiment beaucoup apprécié. Et franchement, après tout ça, d’un côté, je pense que ça peut nous faire du bien d’apprendre à parler avec d’autres personnes qu’on n’a pas forcément l’habitude de parler. J’ai vraiment une grande sympathie pour eux et je les respecte beaucoup et je pense que je les respecterais toute ma vie.

Moussa : C’est là où tu te dis que ça n’arrive pas qu’aux autres et que, ça peut t’arriver à toi et de voir des personnes qui te le disent franchement ça peut te, toi-même tu te remets en cause.

Transcription : Sandra JEAN-PIERRE