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Femmes séropositives | Jennyfer | Le + Quotidien : Saison Une | Observance thérapeutique

Jennyfer, 24 ans : jouer avec ma fille, sortir avec mes amies et oups ! Mon traitement

11 mars 2013 (papamamanbebe.net)

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Jennyfer : En ce moment les nuits sont très dures (rires). La petite comme tous les enfants parfois, ça fait plus de 3 semaines qu’elle dort très mal, qu’elle se réveille toutes les nuits, elle me fait des caprices, elle veut dormir avec maman. Vu que moi je suis toute seule avec elle, je pense qu’elle me teste un petit peu plus. Le quotidien, c’est toujours routinier mais bon. Réveil, je m’occupe d’elle. Après on joue un peu. Le midi elle mange. Après souvent parfois l’après-midi on va se balader. Des petites choses classiques, des petits moments de bonheur quotidiens. Elle va avoir 14 mois début mars là, dans une semaine à peu près. Déjà elle marche, elle court, elle fait pleins de conneries. Tout à l’heure encore, elle était en train de me dépiauter le sopalin qui est sur le meuble (rires). Après sinon, je retrouve ses sucettes un peu partout, même dans mes paquets de fritelles, dans mes chaussures. C’est rigolo parfois. J’en rigole parce que je me dis... c’est vrai que le bébé partout où il passe, on peut le suivre (rires).

C’est vrai que maintenant c’est plus... bon bah j’ai des copines sur internet, maman et tout ça. Après ça fait faire le tri dans les amis. Ce n’est plus, on est jeune, on est dans la vingtaine, 25 ans, voilà, on sort, on s’amuse. Ce n’est plus ça tout le temps. Ça peut arriver de sortir ou de rencontrer des nouvelles personnes. Ça n’empêche pas. Mais bon c’est vrai qu’on est plus sage. Et puis bon, je retrouve souvent toujours bah par exemple ma copine Natacha, encore hier on est allé boire un petit coup. Bon on n’a pas pris d’alcool (rires). On est sérieuse. Donc elle vient, elle a son petit garçon, ses copains, même d’autres copines qui ont des enfants ou d’autres qui sont enceintes. C’est vrai que du coup, on a beaucoup plus de connaissances mamans et futures mamans que des copines qui... on voit beaucoup moins les copines qui ne sont pas mamans.

Ma dernière sortie en boite de nuit c’était pour mon anniversaire le 2 décembre, un tout petit peu après le 2 décembre que j’étais sortie en boite. C’était soirée reggaeton, moi j’avais bien aimé (rires). Mais voilà, j’étais toute jolie. Mais bon, même sortir, voilà, je suis allée au restaurant avec une de mes soeurs, son copain, les petits, les neveux, des amis de la famille. Voilà. Après on fait des petites sorties comme ça quand même aussi.

Vu que moi j’ai beaucoup merdé sur ma prise de traitement VIH, ça fait quand même plus d’un an que je ne les prenais plus, j’ai vu avec mon infectiologue pour rentrer dans le projet qui est nouveau à Annecy, le projet d’éducation thérapeutique, pour bien reprendre son traitement, avoir un suivi. Aussi on peut nous expliquer la maladie, pleins de choses. Sauf que moi, en l’occurrence je connais en fait. Moi je rentre vraiment dans le programme pour avoir un suivi plus particulier sur ça. Aussi sur le social, voir l’assistante sociale. Si je veux la psychologue, le groupe de parole, le groupe d’écriture, des choses comme ça aussi pour aider. En fait toutes les deux semaines normalement j’irai voir l’infirmière qui s’occupe de moi dans ce programme pour voir un peu si je prends bien mon traitement, les difficultés d’en parler, pour avoir un suivi pour aussi, moi me mettre aussi des limites, à me forcer à bien suivre mon traitement parce que c’est vrai que mes résultats ne sont pas médiocres mais bon ils ne sont pas bons non plus. Il faut le dire. Bon, au bout d’un moment, il faut un petit peu se remettre dans le chemin, dans le droit chemin et faire preuve de bonne volonté et c’est pour ça que moi je suis rentrée dans ce programme. Je pense que ça peut être quelque chose de bénéfique. Ça peut être que bénéfique en fait de toute façon.

Quand tu es toute seule à la maison, tu n’as pas forcément quelqu’un qui va te dire, ça va, tu prends bien ton traitement ? Au pire moi, s’il y en a qui me demandent, oui oui quoi. Que bon bah, d’aller voir l’infirmière qui elle voit beaucoup de personnes concernées, de lui dire, là c’est vrai que je les ai arrêtés, j’ai trop loupé ou je ne les prends pas à la bonne heure. C’est dans le sens d’en parler je pense plutôt qui peut vraiment m’aider moi dans ce sens-là. On va remettre une bonne claque à tout ça.

Transcription : Sandra JEAN-PIERRE