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Femmes séropositives | Loane | Sexe et sexualité

Un conte de fée presque parfait

28 février 2013 (papamamanbebe.net)

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Loane : Une chanson qui moi me touche mais qui n’est pas forcément très... (rires), très heureuse. Ce serait Le monde est stone de Starmania. Parce que parfois quand je ne vais pas bien j’écoute ça et puis en même temps après ça passe. Ca me fait penser, remettre en question parfois quoi. Moi, dans ma tête je suis quelqu’un, enfin tu me vois je suis toujours positive et tout et puis c’est vrai que parfois il faut se remettre aussi dans la tête que, bah moi en fait je vois la vie... je me bats tous les jours mais en fait je ne me rends pas compte, j’avance quoi. Et parfois ça me fait remettre... bah en fait j’ai perdu mon oncle il y a quelques jours et donc du coup ça m’a fait repenser à un peu qu’est-ce qui se passe quand quelqu’un décède. Ça fait remettre les idées en place. Et se dire qu’il faut peut-être réfléchir à certaines choses parce que ça peut arriver n’importe quand. Donc voilà. Elle me fait réfléchir cette chanson, j’aime beaucoup.

Diffusion d’un extrait de la chanson « Le monde est stone » de Starmania.

Loane : Première grande histoire d’amour en fait, quand j’étais petite, enfin petite... quand j’avais 12, 13 ans, je traînais dans un quartier à Saint-Brieuc et il y avait un gars que je trouvais super beau mais qui était plus vieux que moi. Et du coup en fait, je le trouvais super beau, je me disais : « un jour, un jour, un jour je l’aurai ». Mais je savais très bien que je ne l’aurai pas parce que... bah, on n’avait pas le même âge, il ne s’intéressait pas du tout à moi. Je ne savais même pas s’il savait que j’existais en fait. Et puis j’ai fait ma vie, 13, 14, 15 ans. J’ai eu des amourettes passagères de jeune femme mais c’était vraiment... des choses bénignes de 14 ans quoi. Et puis un jour de mes... à la sortie de l’hospitalisation que j’ai eu quand j’ai découvert ma maladie en 1999, je suis tombée sur lui en fait, nez à nez, par hasard, dans la rue. Je ne pensais pas que je le recroiserai déjà. Il avait changé de ville. Il habitait un quartier et puis il l’a quitté quand j’avais 14 ans, un truc dans le genre. Il venait d’arriver sur Saint-Brieuc quand je l’ai croisé. Ça faisait 4 ans qu’il avait quitté Saint-Brieuc. Donc on était en août 1999. Donc j’avais 17 ans. Je suis tombée sur lui par hasard. Et du coup : « Loane, comment tu vas ? » Je fais : « bah écoute, ça va, tu veux qu’on aille boire un café ce soir » ? Je me dis déjà il connait mon prénom, c’est déjà pas mal. Je trainais avec ses potes mais lui il ne s’intéressait pas du tout à moi et je ne pensais même pas qu’il connaissait mon prénom. 5 ans plus tard donc, je ne l’avais pas vu depuis. Et du coup en fait, il m’a invitée chez lui. Il habitant dans un foyer. Arrivé chez lui, il n’y a pas du tout... rien à boire, ni de cafetière, ni rien. Et du coup j’ai dit : « au lieu de venir chez toi, puisqu’il n’y a rien, viens chez moi ». Et en fait, on ne s’est jamais quitté. C’est le père de ma première fille que j’ai eu après par la suite avec lui. On est resté 4 ans et demi ensemble. Je suis sortie de l’hôpital, je venais de découvrir ma maladie donc je l’ai appris tout de suite, presqu’en même temps, 2 mois plus tard. Et on a fait un petit bout de chemin ensemble et puis je trouve que c’est ce qui m’a aidée aussi en fait dans l’apprentissage de ma vie de malade, on va dire ça comme ça. Puis après de mère et de couple. J’ai tout partagé du coup avec cette personne que je pensais à 12 ans... je le voyais comme un roi, un prince que je n’aurai jamais.

Diffusion d’un extrait de la chanson « Le monde est stone » de Starmania.

Transcription : Sandra JEAN-PIERRE