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Devenir mère avant d’être une femme

27 février 2013 (papamamanbebe.net)

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Julienne : (en chantant) Avec toi je suis si bien, c’est une chanson camerounaise qu’une fille avait chantée à son ex. Avec toi je suis si bien, quand je suis à côté de toi je me sens bien. Quand tu aimes, tu apprends à la personne… quand tu aimes réellement, même si la personne t’a fait du n’importe quoi, tu le pardonnes. Chaque fois qu’il te dit : « pardonne-moi », tu le pardonnes quand il y a l’amour. Mais quand il n’y a pas l’amour, ça casse. Il n’y a pas question. (en chantant) Avec toi je suis si bien. Je ne connais pas chanter (rires).

Sandra : C’est de qui, c’est qui la chanteuse ?

Julienne : Marthe Zambo.

Diffusion d’un extrait de la chanson « Avec toi » de Marthe Zambo.

Julienne : Ma première histoire d’amour, c’est quand je faisais le cours moyen avec un gars de mon âge aussi de 12 ans. Ce n’était pas… pour moi l’amour ce n’est pas la pénétration. On s’entendait beaucoup puisqu’il faisait l’arithmétique comme moi. Chaque jour on était ensemble. Le matin il vient me chercher, on va en classe. Chaque soir, il me ramenait. C’était très bien. Je l’aimais beaucoup et il m’aimait aussi. On était toujours ensemble. Quand il venait me chercher, c’était pour voir, est-ce que tu as vu ce que l’autre a fait, est-ce que, c’est-à-dire, pour nous amuser, est-ce que nous aussi on va se marier, est-ce que ceci, est-ce qu’on sera aussi comme un tel. Et finalement, ça ne s’est pas passé comme ça. J’ai grandi un peu, il est parti en ville faire son collège et moi aussi je suis allée à l’internat. Quand je suis allée à l’internat c’est là que tout a changé. Quand je rentre en vacances, c’est là qu’on m’oblige. Mon père adoptif me donne à son ami. Là, ce n’est plus l’amour puisque je ne l’avais jamais aimé. Lui aussi ne m’avait jamais aimée. Je n’ai pas de mot à placer là-dessus. Je me trouve sur le lit avec quelqu’un et c’est tout. Ça a été ma première pénétration. Bon pour moi, ce n’est pas l’amour. J’avais 14 ans avec ce premier amour en question. C’est là que je ramasse la grossesse et le monsieur s’en va, la maman porte plainte et moi je reste avec cette grossesse jusqu’à l’accouchement. Jusqu’à aujourd’hui même je ne l’ai jamais même plus vu. Et l’enfant aussi est déjà grand, il a déjà ses enfants et sa femme. Moi je ne peux pas raconter que ça, c’est une histoire d’amour.

Diffusion d’un extrait de la chanson « Avec toi » de Marthe Zambo.

Julienne : Première grossesse, quand une jeune fille qui n’a même pas encore connu l’homme, la première aventure avec quelqu’un, tu ramasses la grossesse, c’est pire que le VIH. Puisque là tu quittes tes amis. Tu ne peux même plus aller avec tes amis parce que tu as honte. Tu as fait ce que les gens de ton âge ne peuvent pas faire. Tu ne peux pas raconter à quelqu’un parce que chez nous en Afrique en ce temps-là, nous, on nous apprenait à être vierge et à attendre seulement ton mari. Mais finalement quand toi déjà tu fais un faux pas comme ça, tu es déjà hors de ce qu’on t’apprêtait à faire. Tu as déjà honte. C’est la honte. Tu as la honte jusqu’à… tu ne peux même plus aller avec tes amis puisque tu as grandi, tu as péché. Je ne peux même pas dire ça pécher. Tu as dérapé dans… la vie du quotidien. Tu ne peux plus marcher avec tes amis, tu ne peux plus causer avec tes amis parce que tu as honte. Ça, c’est plus honteux que le VIH. Le VIH est une maladie que tu n’as pas… tu ne sais même pas là où tu as pris. Tu as couché avec quelqu’un ou tu n’as pas couché avec quelqu’un ou ceci ou cela. Beaucoup de gens l’ont mais ramasser une grossesse pour la première fois de coucher avec l’homme, c’est plus honteux que le Sida.

Diffusion d’un extrait de la chanson « Avec toi » de Marthe Zambo ;

Transcription : Sandra JEAN-PIERRE