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Ben, toujours amoureux de son premier amour

15 février 2013 (papamamanbebe.net)

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Ben : J’aimerai vraiment qu’on écoute Natacha Atlas, « Mon amie la rose ». La version française ou semi-orientale. Peu importe les deux versions de Natacha Atlas sont très bien. Ça me décrit. C’est un peu mon état d’esprit. J’ai l’impression que cette musique a été faite pour moi.

Diffusion d’un extrait de la chanson « Mon amie la rose » de Natacha Atlas

Ben : Ma première histoire d’amour ? Il y en a eu tellement des histoires d’amour. Mais ma toute première c’était à l’école quand j’étais adolescent. J’ai vécu l’amour platonique avec une copine dont je rêvais. Et puis après, j’ai grandi, mes sens se sont réveillés et j’ai rencontré l’amour autrement. La toute première fois, si je me souviens c’était jeune adulte à la mer. C’était sur la plage je pense. Bon sang ! C’est tellement difficile de se rappeler pour moi, l’éternel amoureux. Après l’école, j’ai rencontré mon premier amour qui était un amour impossible étant donné qu’on était de deux cultures différentes, malgré qu’on était du Maghreb tous les deux. A l’époque ce n’était pas possible que je puisse vivre vraiment l’amour véritable avec elle. C’était un amour qui m’a rendu heureux, qui m’a fait découvrir ce qu’était vraiment l’amour puisque c’est lorsqu’on s’est séparé que je me suis rendu compte que j’étais vraiment amoureux d’elle. D’ailleurs j’en suis encore amoureux. Ça ne s’oublie pas. Très belle, très jolie. Puis après j’ai rencontré l’amour volage et l’amour volage, ça a été beaucoup plus la sexualité, la découverte de la sexualité.

Diffusion d’un extrait de la chanson « Mon amie la rose » de Natacha Atlas

Ben : Ça a été très tard étant donné que je ne suis pas de la génération préservatif. Toute première fois que j’ai touché un préservatif c’était au lycée, un copain qui ramenait un préservatif où on mettait de l’eau nous et on jettait ça en l’air pour faire claquer le préservatif et puis faire des farces aux filles. J’ai utilisé bien longtemps après le préservatif lorsque j’ai été atteint du virus. Et ça n’a pas été facile étant donné que moi qui avait toujours une pratique sexuelle sans préservatif. J’avais vraiment l’impression de ne pas sentir l’acte. Je ne suis pas né avec et puis je le vis comme une contrainte. Heureusement qu’aujourd’hui les choses ont évolué et qu’on n’est pas obligé de mettre le préservatif lorsqu’on veut faire l’amour avec une femme. Moi j’affiche directement ma séropositivité et puis après je laisse le choix aux personnes. Maintenant si la personne veut absolument qu’on mette le préservatif, je mets le préservatif. Moi je suis circoncis alors j’ai une réduction des risques, je risque moins de transmettre grâce à la circoncision. Je fais attention de ne pas avoir de MST (maladies sexuellement transmissibles). Le traitement même, par rapport au VIH, lorsque la charge virale est indétectable, puis qu’on prend bien son traitement, on a un moindre risque de contamination.

Sandra : Réaction de Marie-Aude Khuong, infectiologue à l’hôpital Delafontaine de Saint-Denis

Marie-Aude Khuong : Bonjour. Dans le cas de Ben, ce que je voudrai dire, c’est que la chose principale, sa partenaire soit informée de la séropositivité de Ben. Effectivement, le fait qu’elle soit au courant des éventuels risques fait que la décision se prend à deux même si Ben a raison. La circoncision est un facteur protecteur, le fait de ne pas avoir d’IST (infections sexuellement transmissibles) est également un facteur protecteur et surtout, le fait que sa charge virale soit de façon, on va dire, continue indétectable est un facteur déterminant dans la transmission. En sachant que l’ensemble de ces trois facteurs ne garantit pas un 100% mais en tout cas une protection, on va dire, optimale. Donc c’est une attitude qui se défend, comme je vous le disais au début, d’autant que la partenaire est informée.

Ben : Puis l’amour c’est aussi une prise de risque. Mais bon, à travers l’amour j’ai fait de beaux enfants qui ne sont pas concernés par la maladie.

Diffusion d’un extrait de la chanson « Mon amie la rose » de Natacha Atlas

Transcription : Sandra JEAN-PIERRE