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Le + Quotidien : Saison Une | Reda Sadki | Sexe et sexualité

Faire l’amour à San Francisco, en 1984

12 février 2013 (papamamanbebe.net)

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Reda : Premier morceau sur la bande originale de la 1re saison du + quotidien, dans les bacs dès la fin de la 1re saison, ce sera le plus dans les veines. C’était en fait en 2004, le 8 janvier 2004, il y a un jeune artiste, présenté par un ami Chihab, que je salue au passage. Tous les deux sont de Nanterre. Tarek Saâd est libanais. Il fait du rap, il essaye de se lancer dans le rap. Il fait des trucs intéressants musicalement. Il va nous éclater le micro puisqu’il nous sort un morceau qui lui, il l’appelle « La maladie du ruban rouge », qui raconte le jour où j’ai eu un diagnostic de séropositivité et j’ai compris que j’avais ce petit plus qui coulait dans mes veines. C’est la première fois qu’on voyait un artiste qui parlait de ce moment-là. C’est-à-dire, ils font tous des chansons sur le sida, sur la solidarité, sur blabi blabla. Mais là, il parlait de quelque chose qui correspondait à la vie avec le VIH. Donc comme c’est une belle chanson, c’est celle qui va lancer le + Quotidien.

Diffusion d’un extrait de la chanson « La maladie du ruban rouge », de Tarek Saâd et Chihab.

Reda : Première histoire d’amour, on va dire d’adolescent. J’avais 12 ans et c’était une fille, je crois qu’elle avait 13 ans. C’était une grande (rires) une blonde aux yeux bleus. Et on passait du temps ensemble comme ça, c’était d’une intensité, je me souviens mais... et quand on s’est dit : « je t’aime », quand on s’est embrassé, quand je l’ai embrassé pour la première fois, c’est pratiquement elle qui a dû m’embrasser. Il y avait toujours cette omniprésence. Évidemment à 12 ans, tu es chez tes parents et elle aussi. Donc, où est-ce qu’on pouvait se voir ? Comment on expliquait à nos parents respectifs qu’on allait se retrouver ? Pleins de choses comme ça. Et puis aussi, il y avait quand même, enfin des indices de sexualité quoi. Je me souviens d’une discussion où en fait elle essayait de me dire qu’elle avait mouillé quand je l’avais embrassé. Et pour qu’on arrive à se dire ça, moi je ne comprenais pas trop ce que ça pouvait bien vouloir dire (rires), je crois qu’on a mis 3 heures de conversations quoi. Donc c’était avec beaucoup de légèreté, beaucoup d’angoisse aussi quand même. Et puis surtout avec... c’était vraiment un saut dans l’inconnu et puis des émotions tellement fortes que je m’en souviens encore quoi.

Diffusion d’un extrait de la chanson « La maladie du ruban rouge », de Tarek Saâd et Chihab.

Reda : J’avais 14 ans. La fille, elle en avait 24. Elle avait 10 ans de plus que moi. Et à 14 ans moi j’étais un petit, pas malingre mais, enfin un petit maigrichon quoi. Et à ce jour, elle était... enfin sans rentrer dans les détails, c’était après un défilé de mode. Donc elle était une des [mannequins] qui avaient défilé. Moi à l’époque, avec les copains de mon âge, mes paires, on racontait tous qu’on s’était déjà fait ou tapé... enfin on avait divers termes plutôt péjoratifs pour dire qu’on avait eu, qu’on savait déjà ce que c’était un rapport sexuel alors qu’aucun d’entre nous n’en avait aucune idée. Et tout d’un coup, du jour au lendemain, bah voilà, je savais. Donc c’était aussi une des premières fois où j’avais beaucoup bu. Et puis c’est de nouveau cette espèce de truc. Il y a l’excitation qui est quand même un truc physique. Il y avait déjà, ça, c’est en 1984, il y avait déjà, enfin surtout la crainte d’une grossesse et puis il y avait aussi ce truc, quelque chose sur les maladies sexuellement transmissibles. Et puis peut-être déjà quelque chose par rapport au sida quoi, même si ça semblait bien lointain. En l’occurrence cette première expérience s’est passée à San Francisco, en 1984. Donc sans le savoir, mon premier rapport sexuel, c’était en plein de milieu de ce qui était déjà un des foyers d’où allait partir cette épidémie.

Transcription : Sandra JEAN-PIERRE