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Forum des auditeurs : une adolescente en panique suite à plusieurs rapports sexuels sans préservatif

6 décembre 2012 (papamamanbebe.net)

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Bonjour ! Voilà je sais que je vais paraître bizarre mais j’ai fait des choses que je n’aurais pas du faire à partir de 14-15 ans. J’ai fais ma première fois sans protection avec un gars que j’aimais à la folie mais avec qui je ne suis plus maintenant. J’ai maintenant 16 ans, bientôt 17 et depuis j’ai fait un peu n’importe quoi. J’ai eu plusieurs relations sans protection. J’ai fait l’idiote mais maintenant je suis dans l’angoisse total. Croyez-vous que j’aurai pu contracter des infections ou autres ? Je n’ai pas de symptôme mais la peur d’aller faire le test de dépistage. Ma mère n’est pas au courant de tout ça. J’ai peur. Si vous pourriez me donner des conseils.

Sandra : On a Yann qui est avec nous et puis peut-être que le médecin peut donner un avis sur cette auditrice qui nous écrit.

Patrick Atlas : Bien sûr. Effectivement, on reconnait le comportement des jeunes qui sont peut-être envahis par leurs sentiments, leurs désirs etc. Parfois la difficulté de réclamer des précautions je dirai, quand on aime quelqu’un on n’ose pas dire : est-ce que tu ne penses pas que peut-être il faudrait utiliser un préservatif ? Parce que si on imagine dire ça, on imagine ne pas faire plaisir et puis de risquer de rompre le charme de la relation. Bien sûr après ça crée de l’angoisse.

Sandra : Quels conseils lui donner ?

Patrick Atlas : Essayer de trouver peut-être une copine ou un adulte dans lequel elle pourrait faire confiance pour expliquer un petit peu sa situation et se faire accompagner. Ce n’est pas forcément évident d’y aller toute seule. On peut aller dans un centre de planification de façon anonyme. On peut aller dans un centre de dépistage anonyme et gratuit. Il y a les adresses disponibles sur internet et à Clichy nous avons un centre dépistage anonyme et gratuit qui est ouvert le mercredi de 11h à 14h.

Yann : C’est ouvert aux mineurs aussi ?

Patrick Atlas : Oui. Les sérologies qui sont faites, sont faites de façon anonymes et bon bien sûr, Clichy ne fait pas de test rapide. Donc il faut revenir la semaine d’après au risque de passer une semaine un petit peu plus angoissante en attendant les résultats. Mais, pour l’instant c’est comme ça que ça fonctionne. La peur n’évite pas le danger. Je crois qu’il faut prendre son courage à deux mains, trouver quelqu’un à qui parler…

Yann : Oui, sous forme de jeu presque avec une copine ou un copain de son âge, se dire tiens, après avoir récupéré l’adresse où on peut faire un test rapide, de se confronter à ça. Je sais que les adolescents de cet âge parfois prennent ça comme un… c’est un challenge quoi. Aller, viens on va se faire dépister. S’ils ont la réponse tout de suite, c’est vrai que ça facilite…

Patrick Atlas : Ca peut faciliter. C’est vrai que l’adolescent a l’inconvénient que c’est dans l’instantanéité. Il faut que ce soit fait tout de suite. Si déjà j’ai mis tellement de temps à prendre ma décision pour venir faire mon dépistage, je risque de ne pas revenir parce que ce n’est plus dans l’instant présent. Il faut réussir à trouver un endroit qui puisse les prendre au moment où ils demandent parce que c’est le meilleur moment. On a dû mal à les faire venir mais quand ils viennent, c’est souvent sur un coup de tête et après ils ne reviennent plus.

Sandra : Donc le conseil c’est qu’elle aille bien sûr se faire dépister et de se faire accompagner.

Yann : Et que même si elle a une sexualité, même jeune un petit peu débridée et riche, il ne faut pas qu’elle oublie quand même que pour se protéger reste le préservatif.

Transcription : Sandra JEAN-PIERRE