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Le journal de Jennyfer, épisode #9 : « J’emménage cette semaine »

30 novembre 2012 (papamamanbebe.net)

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Sandra : 9ème épisode du journal de Jennyfer. Chaque semaine cette maman née avec le VIH raconte son quotidien, ses joies, ses doutes, ses peines, tout ce qui fait partie de sa vie. Jennyfer est une fidèle auditrice de l’émission Survivre au sida. La première fois qu’elle a participé c’était en septembre 2009. Elle habite en Haute-Savoie et est devenue correspondante du Comité des familles, cette association créée et gérée pour et par des familles vivant avec le VIH. Découvrez le 9ème épisode tout de suite.

Début de l’enregistrement.

Jennyfer : Cette semaine j’étais un petit peu en mode déprime par rapport aux histoires avec son père. Donc du coup, j’ai quand même été au médecin parce que j’avais la tête qui tournait. Bon j’ai rien de grave mais apparemment c’est les cristaux de l’oreille qui ont durci. Donc ça joue sur mon équilibre et tout ça. Sinon ça va. La petite là, ça fait 2, 3 jours qu’elle est un peu, on peut le dire, chiante (rires). A ne pas vouloir dormir, à ne pas vouloir manger, enfin pleins de choses. C’est un bébé malheureux comme on dit (rires). Mais sinon elle va très bien. Ca s’est bien passé cette semaine sinon après avec elle. Samedi soir, je suis sortie avec une amie. On n’est pas rentré trop tard non plus parce qu’après il faut se lever le lendemain. Mais ça va, ça s’est bien passé. C’était soirée reggaetone, c’était cool. Sinon, hier j’ai été nettoyé le frigo des meubles et tout ça. Donc là, j’emménage cette semaine. J’ai ma cuisinière aujourd’hui. Donc voilà en fait, je vais aller habiter dedans. La petite hier a fait sa première sieste dans l’appartement puisqu’on était là-bas. Donc ça a été hurlement, dès qu’elle ne me voyait plus c’était hurlement en criant maman. Donc bon j’espère que ça se passera bien. Il faudra qu’elle s’adapte aussi à être toutes les deux dans un appartement qu’elle ne connait pas. C’était une petite semaine tranquille.

Sandra : Ca va au niveau de ton traitement, tu arrives à suivre malgré cette période de déprime ?

Jennyfer : Là je le reprends un petit mieux, j’ai un peu merdouillé vite fait quand même mais j’essaye de m’y tenir. Je suis très fatiguée. J’ai mal en fait à mon rein. Donc bon, si ça continue, je vais faire des examens encore échographie parce que c’est mon rein qui est mal formé de naissance et qui s’est décroché en fait un petit peu, qui est hyper mobile en fait. Donc on ne peut rien faire. Donc j’ai mal et puis bon, ils pensent que j’ai une infection urinaire parce que j’avais très mal à la vessie. Donc j’avais fait le test, là j’attends demain normalement les résultats. Donc voilà, sinon niveau santé, ça va. J’essaye de garder le moral sinon c’est rien, c’est des petits bobos comme on dit.

Sandra : En tant que correspondante du Comité des familles je sais que bientôt tu vas présenter le projet Grandes soeurs. Est-ce que tu peux expliquer ça aux auditeurs ?

Jennyfer : Oui. Les infectiologues d’Annecy m’ont contacté parce que le 13 décembre il y a une réunion avec le COREVIH Alpin des professionnels de la santé de Grenoble, un peu des environs de la région Rhône Alpes en fait et d’autres associations. Donc en fait ils m’ont demandé de venir et de présenter donc en fait le Comité des familles, qui on est et de présenter surtout le projet Grandes soeurs puisque le thème c’est les femmes vivant avec le VIH. Et moi je trouve ça super de faire une réunion ici, en étant concerné et avec des professionnels de la santé qui eux nous voient, enfin nous voient, nous voient au quotidien c’est ça. Voir ce qu’on pourrait mettre en place. Moi jusqu’à présent je n’ai eu aucun appel. Donc en fait il faudrait que j’arrive à ce qu’eux me donnent le numéro de téléphone des dames quoi.

Sandra : Et pour cette réunion, tu aimerais que quelqu’un du Comité des familles, une femme qui fait partie du projet Grandes soeurs viennent dans ta région pour présenter le projet avec toi.

Jennyfer : Oui voilà. Ca aurait été pas mal que quelqu’un puisse venir avec moi. Ils ont trouvé l’idée très bonne, si quelqu’un pouvait venir avec moi. On n’aurait pas beaucoup de temps de parole puisque le programme était déjà tout bouclé mais il voulait absolument que j’intervienne quand même pour présenter ça parce qu’ils trouvaient ça super. Merci à mon infectiologue qui parle du projet Grandes soeurs et du Comité des familles à ses collègues de travail et puis aux associations et tout ça. C’est grâce à elle qu’on entend parler de ce projet, qui pour moi, je trouve est super.

Pour ma chronique facebook j’ai fait un événement pour réunir plus de monde qui lise mon témoignage et le témoignage d’autres personnes sur ma chronique. Donc en fait j’essayais de récolter, enfin on ne va pas dire récolter, 1500 j’aime mais bon, là j’en suis à 850 quelque chose de j’aime. Donc bon c’est pas mal. Après là je n’arrête pas de renseigner en fait à côté parce qu’il y a pleins de monde qui m’écrivent, me demandent d’expliquer la maladie, s’ils ont pris un risque, de les rassurer. Je dis à tout le monde de faire le dépistage. C’est le mieux à faire. Moi, le message c’est il y a encore des contaminations et même si on dit protégez-vous bah non je dis vraiment en premier faites-vous dépister puis renseignez-vous parce que bon, on est des familles aussi et il y en a encore beaucoup qui viennent vers moi en disant mais je ne savais pas qu’on pouvait faire des enfants non contaminés. Donc bon, ça fait quand même un bon moment et voilà quoi. On peut faire des enfants non contaminés, on peut aimer, on peut vivre et voilà quoi. On peut être de bonne humeur (rires). Faut être positif et puis comme pour tout et voilà.

Fin de l’enregistrement.

Sandra : Jennyfer au micro de Survivre au sida pour le 9ème épisode de son journal. Je rappelle juste pour les auditeurs qui ne connaissent pas le projet Grandes soeurs, c’est un projet qui consiste à soutenir des femmes qui apprennent leur séropositivité en cours de grossesse. Tina, Yann, Francis, un message pour Jennyfer ?

Tina : Félicitations à Jennyfer. Je trouve ça super que dans sa ville, dans son hôpital enfin le projet est un peu plus pris au sérieux, valorisé, qu’elle peut enfin devenir utile comme ce qu’elle a envie de faire, d’être utile aux femmes qui apprennent leur sérologie en cours de grossesse ou bien même celles qui se savaient déjà séropositives mais qui ont des questions. Il y a aussi souvent des femmes qui dans ces situations, qui voudraient des conseils de femmes qui sont déjà passées par là. Moi j’ai été la semaine dernière au Kremlin-Bicêtre présenter ce projet Grandes soeurs à l’équipe maternité infectiologie. Donc ils étaient très intéressés. Je sais qu’à l’hôpital Saint-Antoine ils voudraient aussi connaitre ce projet. Je pense que les soignants, ça peut vraiment leur être utile pour les patients parce que justement quand on apprend qu’on est séropositif et enceinte on perd un peu les pédales, on a besoin de voir par ses propres yeux que la vie est possible, que l’enfant pourra vivre sans être contaminé ainsi de suite. J’espère que ça se passera bien pour Jennyfer. De toute façon on va s’appeler pour préparer ça ensemble. Pour son traitement, je pense qu’elle est bien partie, faut pas merder du tout, c’est ça l’objectif, être observant à 100% parce que ça peut avoir des conséquences quand on merde un peu. Donc moi je la soutiens à 100% là-dessus, j’espère qu’elle va y arriver.

Yann : Un gros bisou à elle et à sa fille.

Francis : C’est le gros bisou et puis nos encouragements. On est avec elle. On est ensemble comme disent les jeunes (rires).

Sandra : On est ensemble ! (rires). Ok, vous pouvez retrouver le journal de Jennyfer sur le site papamamanbebe.net

Transcription : Sandra JEAN-PIERRE

Voir aussi, l’épisode précédent

Le journal de Jennyfer, épisode #8 : « je vais profiter du bonheur d’être maman »