Skip to main content.

Annonce de la séropositivité | Femmes séropositives | Grossesse et VIH | Jennyfer | Observance thérapeutique | Réseau national des correspondants du Comité des familles | Tina

Le journal de Jennyfer, épisode #1 : « un objectif, bien reprendre ma trithérapie »

3 octobre 2012 (papamamanbebe.net)

| Votez pour cet article

Sandra : Nouvelle chronique à l’émission Survivre au sida. Ca s’appelle le journal de Jennyfer. Chaque semaine cette maman séropositive donnera de ses nouvelles. Elle racontera tout simplement son quotidien, ce qu’il s’est passé dans sa semaine. Je vous propose de l’écouter tout de suite.

Début de l’enregistrement.

Jennyfer : Bonjour, j’ai 24 ans, je suis née séropositive en 1988. Je suis maman depuis quelques mois d’une petite fille. Je suis actuellement célibataire. Je ne travaille pas, je suis maman au foyer. Pour ma part, je suis née avec le VIH. Quand j’étais petite, j’ai su ma sérologie par ma maman et mon papa quand j’avais peut-être 5 ou 6 ans. C’était avant d’entrer en CP. Je ne l’ai pas forcément mal pris, je comprenais mais sans comprendre, avec un esprit d’enfant. Mes parents m’ont dit vraiment de ne pas le dire. J’ai gardé le secret très longtemps. Moi j’ai perdu ma maman qui était atteinte du VIH quand j’avais 8 ans et demi. Elle est décédée du cancer de la plèvre pulmonaire, c’est une maladie opportuniste du VIH. Mon papa lui, est séronégatif. J’ai une grande soeur qui est séronégative aussi. Moi à l’adolescence ça a été assez difficile. Ca ne m’a pas empêché d’être bien dans ma vie, d’avoir des chéris, de sortir, de m’amuser tout en ne le disant pas. A 17 ans, j’ai pu l’annoncer à mon premier vrai petit copain qui a duré quand même près de deux ans. Lui l’a très bien pris l’annonce et ça m’a encouragé à pouvoir en parler. Cette première relation m’a plus ouverte et m’a fait me sentir mieux. Du coup maintenant, je suis correspondante depuis 2009 du Comité des familles en Haute-Savoie. Je viens de vers Annecy et j’essaye d’être quelqu’un qui soutient ceux qui sont seuls et qui veulent témoigner et parler de ça. Pas pour être miss VIH ou autre parce que je ne veux pas forcément montrer mon visage mais pour justement donner mon témoignage, pour aider peut-être d’autres personnes et faire comprendre que cette maladie ce n’est pas une honte. Ma fille elle va très bien. Je l’ai eu en janvier 2012. Donc récemment. Ses premiers résultats sont très bien, négatifs. Elle dit maman depuis qu’elle a 8 mois et 1 jour. Donc c’était le 9 septembre qu’elle a commencé à dire maman. Maintenant dès que je pars, elle crie maman. C’est très mignon. C’est des petites choses de la vie comme ça quand on est maman, où ça met un petit peu du baume au coeur. En plus je suis trop triste parce que la première fois qu’elle a dit maman, c’était avec ma tante qui la gardait et ma soeur. Et après quand je suis revenue, elle l’a redit et depuis elle le dit bien. Elle sait bien me faire les caprices aussi en me disant maman mais elle n’a toujours pas de dent. J’habite encore chez mon papa et ma tata. Là je suis en demande de logement. Donc j’ai hâte d’avoir un logement pour avoir une jolie chambre pour ma fille et être enfin toutes les deux, pouvoir commencer une nouvelle vie à deux. On a appris un peu à se connaître au fil des mois déjà avec ma fille et puis c’est vraiment du bonheur, ça n’a pas été facile au début parce que j’étais en dépression. Mais bon, dès le début très fusionnel avec ma fille. Il y a eu de l’inquiétude aussi faut le dire par rapport à ma sérologie. Après sa naissance, pas pendant ma grossesse, mais après sa naissance, j’ai eu l’angoisse qu’elle le soit. Bon bah ses premiers résultats montrent que tout va bien. Le mois prochain on doit refaire la sérologie. Je suis plus que confiante maintenant. En fait moi pendant ma grossesse, j’étais assez sereine. En plus je me suis rapprochée de mamans du Comité des familles qui m’avaient vraiment relaxée sur le fait de la contamination. Les médecins aussi, mon médecin traitant infectieux avait vraiment assuré aussi sur les traitements. En premier c’était vraiment celle-ci la peur, c’était sur les traitements. Ensuite je sais qu’on a vraiment très peu de risque quand on est bien suivi, on a des bons réusultats. J’avais de très bon résultats. Pour l’accouchement j’avais refusé la transfusion d’AZT que ma gynécologue avait complètement accepté. En fait, c’est après la naissance où là j’ai eu très peur quelques temps jusqu’à ses deux mois qu’elle soit contaminée même si je savais qu’il n’y avait pas vraiment de risque. Vu qu’on a vraiment moins de 1% de risque. J’étais indétectable, tous les résultats étaient parfaits. Mais j’avais peur vraiment. Je ne peux pas l’expliquer. Pourtant je voyais qu’elle allait bien. Elle a pris son rétrovir. Je lui ai donné pendant trois semaines, un peu plus de trois semaines. Là ça m’est passé. J’en avais parlé à mon infectiologue qui m’avait dit s’il faut, vous pourrez prendre rendez-vous avec le pédiatre de l’hôpital qui va le suivre. Mais en fait je ne l’ai jamais vu, je n’ai jamais repris rendez-vous parce que ce n’est pas la peine en fait. Mais moi je pense que j’avais besoin plutôt qu’on me rassure. Mon infectiologue l’a fait et en fait de là ça allait mieux. Il y aura un contrôle jusqu’à ses deux ans comme tout enfant né d’une mère séropositive ou 18 mois, je ne sais plus. A cette date-là, on saura qu’il y aura aucun risque à 100% que l’enfant n’aura pas contracté le VIH. Généralemet on le sait avant quand même. S’il n’y a pas de signe avant, c’est négatif. Ca déchire le coeur de la voir se faire piquer mais bon faut bien. Quand elle est auscultée, elle va très bien, elle sourit mais quand il y a les piqûres, ce n’est pas la joie. C’est vrai que c’est un bonheur de la voir. Quand je la vois sourire, je suis super contente. Au début bien sûr, les nuits sont difficiles. Les trois premiers mois sont très difficiles. Maintenant c’est un petit amour, elle fait plein de progrès. Quand moi déjà je ne suis pas là, heureusement il y a ma famille qui peut la garder, sur qui je peux compter. Avec son papa, on a gardé contact pour qu’il vienne la voir, pour qu’il la prenne quelques fois quelques petites heures parce que je ne la laisse pas une nuit bien sûr (rires). Elle est avec maman. Tout va bien. Elle a vraiment tout le temps le sourire, c’est mon petit bonheur.

Pour le mois de septembre oui j’ai un objectif vraiment particulier c’est de bien reprendre ma trithérapie parce que depuis quelques mois je, on va dire le mot, je merde dessus, si je la prends c’est je ne la prends pas tous les jours, sinon je ne la prends pas. Donc ça fait quelques mois que ça dure. Pourtant je suis maman, c’est une bonne raison de bien s’y tenir. Je pense que là je vais vraiment bien m’y tenir et que la prochaine fois je vais dire ça va, j’ai fait mon bilan, parce qu’il faut que j’aille faire mon bilan en plus. J’ai fait mon bilan, tout va bien, je reprends ma trithérapie. Je sais que mes derniers résultats eux, n’étaient pas spécialement bons. J’ai mes défenses immunitaires qui descendent beaucoup. Donc il faut que là je me réveille et puis sinon, c’est de rechercher d’appuyer à fond pour l’appartement que je suis pressée de pouvoir avoir, faire la petite chambre, avec les petites décorations pour la petite princesse. Je vais voir aussi pour faire une formation. J’aimerai bien partir sur le social. Donc là je vais essayer de me renseigner pour voir quelles seraient les formations que je pourrais faire avec les organismes qu’il y a pour pouvoir me rapprocher du social. Alors moi je voudrais bien faire aide à la personne ou plutôt, soit secrétaire médicale ou éducateur spécialisé. Je ne sais pas exactement encore quelle chose je veux faire mais je veux vraiment aller dans le social. A la base je suis dans la vente et ça me sort par les yeux. Pour aller travailler, il n’y a pas de soucis, je peux faire n’importe quel travail. Mais pour la formation je ne veux pas faire n’importe quelle formation.

Fin de l’enregistrement.

Sandra : Premier numéro du journal hebdomadaire de Jennyfer. Ses prochaines interventions seront plus courtes mais là il était important qu’elle se présente pour ceux qui ne la connaissent pas encore même si vous êtes nombreux à la connaître. Qu’est-ce que tu en penses Tina, vivement le prochain numéro ?

Tina : Oui, bien sûr. Bonjour à Jennyfer et à sa petite princesse. Je les connais très bien. C’est vrai que son récit c’est très touchant. Elle a une manière de parler de sa vie avec le VIH, avec beaucoup de détails. Je suis aussi sa chronique sur facebook. Là aussi elle parle de sa vie avec le VIH, c’est un peu la même démarche. Je l’encourage. Je trouve que son objectif est vraiment le bon. C’est-à-dire de ne pas le faire pour avoir une lumière spéciale sur sa personnalité mais pour d’autres personnes qui peuvent en tirer du bénéfice pour elle-même, soit des personnes qui sont déjà séropositives ou des personnes qui peuvent comprendre ce que c’est, que le VIH existe toujours pour le grand public. Donc je l’encourage, je trouve que c’est vraiment une bonne démarche et puis je la suivrai.

Transcription : Sandra JEAN-PIERRE