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Deux mamans séropositives en formation pour devenir Grandes soeurs (3/4) : Complications pendant la grossesse, que faire ?

12 juillet 2012 (papamamanbebe.net)

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Tina : Une question que les Grandes soeurs se posent souvent : comment je réagis face à la Petite soeur si elle me parle de complication ? Parfois ça peut être par exemple simplement que la Petite soeur va dire qu’est-ce que je fais et que je vomis juste après ou ça peut être plus loin à dire que moi voilà, il y a des complications lourdes avec les traitements, comment réagir face à ce genre de question ? Il y a des questions encore plus poussées, d’autres maladies qui sont associées, le diabète par exemple. Du coup les Grandes soeurs se posent souvent la question, parfois je me sens dépassée, comment réagir ?

Jennyfer : Déjà par rapport aux effets indésirables, c’est sûr qu’on ne peut pas y faire grand chose à part se traiter. Après si elle vient en me disant, je vomis mes traitements, je lui dis déjà appel ton secrétariat, explique la situation, généralement on demande d’expliquer la situation, de voir plus rapidement le médecin qui suit la personne, de le voir au plus vite pour essayer de trouver la solution. Après prendre un autre médicament. C’est vraiment déjà essayer de voir avec le médecin ce qu’il propose déjà premièrement pour qu’il n’y ait pas de problème, pour qu’elle en fait soit plus apaisée au niveau de sa prise de traitement de l’inquiétude. Déjà moi je la rassure et lui dire qu’elle appelle tout de suite. Et puis dans le cas où elle fait du diabète à cause de son traitement ou de la grossesse, déjà il faut qu’elle se suive et qu’elle traite ça avec le médecin, le gynécologue, l’infectiologue. Après qu’elle soit observante et puis après c’est sûr qu’il y a des effets indésirables avec le traitement c’est vrai qu’ils peuvent être plus ou moins gros. Parfois il y a des effets secondaires qui durent qu’une semaine. Parfois on n’arrête pas forcément systématiquement. Moi personnellement avec ce que je connais, avec mon expérience, on n’arrête pas parce qu’on va vomir. Mais après c’est vrai que suivant le taux. Moi je ne suis pas vraiment médecin donc je ne peux pas donner personnellement. C’est vrai que je n’ai pas vomi pendant ma grossesse mes cachets. Ca, si c’est en début de grossesse dans le premier trimestre c’est vrai que c’est beaucoup plus fréquent qu’on vomisse à cause de la grossesse. Moi je vois ma soeur qui était enceinte elle vomissait 15 fois par jour. Elle ne prenait pas de traitement antirétroviraux. C’est vrai que, moi je dis déjà voir avec son infectiologue. Après c’est vrai que ça peut être dû à la grossesse, peut-être pas dû à la grossesse. Il faut vraiment je pense voir avec le médecin et puis bah moi je la rassure, je l’appellerais je pense peut-être matin, soir ou le lendemain. Moi je ferais le suivi voilà, je te rappelle, est-ce que tu as bien appelé, qu’est-ce qu’on t’a dit ? Est-ce que ça continue ? Est-ce que tu te sens mieux ? Vraiment dans ce soutien-là pour vraiment l’accompagner, savoir si un peu tous les jours ça va mieux, si elle ne perd pas trop de poids, si elle n’a pas d’irruption cutanée sur le corps, enfin je ne sais pas. Si elle a des nouveaux symptômes, qu’elle rappelle au pire l’hôpital peut-être pour justement être sûr que tout va bien. Il ne faut pas qu’elle s’inquiète parce qu’elle est bien suivie, il y a un suivi très régulier en plus pour les femmes enceintes.

Loane : Je trouve qu’elle a très bien parlé donc je n’ai pas grand chose à rajouter. Je suis d’accord avec elle. Moi j’ai été malade en revanche pour la dernière. J’ai eu trois grossesses différentes sur trois traitements différents. Pour celle-ci c’est vrai que j’ai eu des nausées tous les matins. Ce n’est pas des nausées, c’est de l’acidité gastrique tous les matins jusqu’à l’accouchement. Le lendemain j’en avais plu. On m’a dit qu’il n’y avait rien à faire. Donc j’ai vomi tous les matins. On m’a dit que c’était peut-être suite à mes cachets. On m’a dit de continuer comme ça. Mes résultats étaient bons même si je vomissais. A moi de subir mes vomissements et puis ça allait s’arrêter un jour. La preuve, quand j’ai eu ma césarienne, le lendemain je n’ai plus vomis. Enfin oui et non parce que j’ai toujours eu ce problème d’estomac et de brûlure gastrique et d’ulcère. Donc je pense que je suis fragile déjà. Mais je pense que la grossesse ça a vraiment renforcé ça et ça m’arrive encore, même hier. Mais c’est vrai que là j’ai eu vraiment pendant la grossesse beaucoup plus que d’habitude. Donc c’est vrai qu’il peut avoir des effets pendant une grossesse encore plus que quand on ne l’est pas. Donc ça peut être lié à la grossesse comme au traitement. On n’en sait rien. Donc comme elle dit, aller voir son infectiologue.

Emmanuel Mortier : Tout à fait d’accord avec Jennyfer et Loane c’est vraiment du bon sens. Comme quand une copine vous appelle pour avoir un avis, faut déjà avoir du bon sens. Et puis deuxièmement se dire que la grossesse de l’autre ce n’est pas forcément ce qu’on a vécu, c’est-à-dire aussi bien voir que chaque grossesse est unique. Donc on ne peut pas dire non plus dire moi j’ai eu la même chose mais en même temps, j’ai eu la même chose aussi et ce n’était pas grave. Consulter et puis avoir aussi quelques connaissances quand même mais c’est la particularité de ces Grandes soeurs, c’est qu’elles ont aussi quelques connaissances même si ce n’est pas du médical. C’est quand même des connaissances qui permettent de rassurer de temps en temps. Et en effet je pense que c’est très bien d’encourager, de faire du coach positif. Donc de dire faut consulter, passe un coup de fil à la secrétaire de ton médecin, vois s’il peut peut te rappeler. C’est vrai que les femmes enceintes en général sont quand même très suivies et les femmes séropositives enceintes aussi. Donc elles ont à la fois leur gynécologue, parfois une sage femme, parfois leur infectiologue, parfois elles connaissent bien l’infirmière de l’hôpital de jour. Donc les encourager et puis en effet les rassurer en les rappelant, bon écoute, c’est peut-être passager ou alors je te rappelle tout à l’heure, essaye de rappeler entre temps. Il y a toujours peut-être un peu cette notion de solitude parce qu’on ne peut pas parler aussi facilement de cette maladie à tout le monde, parce qu’on a toujours peur que ça dévoile éventuellement sa séropositivité, de ne pas être seule quand on a un petit problème. C’est déjà une manière de faciliter de trouver la solution. Mais la solution c’est souvent la femme qui la trouve. C’est sa propre histoire et c’est comment l’aider dans sa propre histoire.

Transcription : Sandra JEAN-PIERRE

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