Skip to main content.

Ali dit « Samy » | Annonce de la séropositivité | Femmes séropositives | Sexe et sexualité | Tina | Yann | Zina

Forum des auditeurs : « J’ai envie d’annoncer ma séropositivité à mon partenaire »

30 mai 2012 (papamamanbebe.net)

| Votez pour cet article

Nous lisons à l’émission Survivre au sida du mardi 29 mai 2012 un message d’une auditrice :

Bonjour à tous et merci à tous les participants de ce forum. Il m’a beaucoup aidée et je suis tombée dessus tout à fait au hasard. Je ne me sens plus seule et je suis ravie de partager avec vous. J’ai lu des témoignages émouvants, tant différents les uns des autres et ça m’enrichit beaucoup. Voilà : je suis seropositive depuis 2 ans et j’ai tissé une relation amicale, très complice avec un jeune homme et la complicité s’est transformée en histoire d’amour. Lui vit en Italie, et moi en France. On s’est vu pour concrétiser notre relation à Pâques car il est venu me voir pour 10 jours. 10 jours de bonheur. On doit se revoir la semaine prochaine à Lyon où il voudrait m’introduire dans sa famille. Nos rapports sont protégés jusqu’à maintenant. Mais il m’a très récemment fait part de son désir de me faire un enfant et donc, d’arrêter le préservatif. Il m’a dit qu’il pourrait refaire le test pour moi afin que je sois rassurée de son état de santé, car il pense que je craigne qu’il soit malade. Je lui ai dit qu’on en reparlerait sérieusement et que pour le moment ça ne me gênait pas de faire avec. J’ai également posé la question de savoir si le préservatif était un problème pour lui, il m’a dit que non. Il est mon cadet. Je ne sais pas comment aborder le sujet avec lui, pas non plus envie de passer pour une malhonnête à ses yeux car je suis loin de l ’être. Et plus que tout, je ne veux pas le perdre lui non plus. Alors comment faire s’il vous plaît ? Depuis, je suis mal et je n’en dors plus. Je cauchemarde. On a parlé et je lui ai dit qu’il savait tout de moi sauf une chose très importante que je lui dirai le moment venu. Je ne tiens pas à l’exposer car je l’aime. Lors des conversations j’envoie très subtilement quelques allusions qui peuvent nous emmener à discuter du VIH afin de le préparer psychologiquement. je suis très mal à l’idée qu’il pourrait me quitter après mon annonce. Mais j’ai envie de le lui dire. Comment procéder s’il vous plaît ? Dans quelles conditions aborder le sujet ? Comment lui dire ? On se connaît depuis des années mais intimement depuis avril. Est-ce trop tôt pour lui avouer ? Y a-t-il des personnes dans mon cas qui s’en sont sorties ? Aidez-moi s’il vous plaît. Merci de vos conseils et que Dieu vous bénisse tous.

Zina : Ce que je voudrais lui dire en fait c’est que, il y a deux solutions. Soit, son amoureux quand elle lui dira, quand elle lui annoncera, soit son amoureux acceptera, soit il refusera. Mais dans tous les cas le temps ne changera plus les choses vu qu’ils se connaissent bien. Et donc moi je lui conseille de se lancer et de lui dire maintenant parce que, plus elle va attendre et si jamais il n’accepte pas, plus le temps va passer, plus ça lui fera mal parce qu’il y aura un plus grand attachement et puis autant que les choses soient claires maintenant et s’il t’aime vraiment, il n’y a pas de raison qu’il te quitte d’autant plus que maintenant il y a eu d’énormes progrès avec ce virus. Ce n’est plus non plus comme la peste comme on le pensait avant. Il y a aussi possibilité de vivre normalement et d’avoir des relations non-protégées, quand en se protégeant avec la trithérapie et en ayant une charge virale indétectable. Donc en fait elle peut tout à fait vivre son histoire d’amour et puis lui expliquer, le rassurer sur le virus et comme quoi maintenant on peut très bien vivre tout à fait normalement avec.

Sandra : Elle va se retrouver face à son partenaire et elle va lui annoncer sa séropositivité, est-ce qu’il y aurait quelqu’un qui pourrait lui dire comment peut-elle faire ? Souvent ce genre de questions revient. Comment lui annoncer ma séropositivité ? À quel moment ? Est-ce que quelqu’un voudrait partager son expérience ou aurait un conseil à donner ?

Tina : Exactement les mots, que choisir, c’est personnel. Mais de mon expérience personnelle, comme j’ai eu à l’annoncer notamment à mon conjoint il y a un an, j’ai trouvé que ce qui est important c’était d’être tout à fait sûre de soi, de ne pas se dévaloriser parce qu’on est séropositif, mais d’expliquer les choses, de dire oui je suis séropositive, oui je suis heureuse, je vis une vie heureuse avec ça, je sais que j’ai le droit au bonheur, que le bonheur est possible à deux. Mais maintenant c’est aussi à toi de prendre position. Est-ce que pour toi c’est envisageable. Voilà, ce genre de mots. Dans les yeux de l’autre il ne faut pas se dévaloriser parce qu’il n’y a pas de raison. On n’est pas un être humain moins parce qu’on a un virus. Les personnes séropositives ont un virus, d’autres personnes ont autre chose. Chacun est différent, il faut en faire sa force. Et puis ensuite c’est extrêmement important, comme disait Zina, de mettre cette personne, son partenaire à la page des avancées médicales parce qu’aujourd’hui, sauf si on est personnellement ou dans son proche entourage concerné par le VIH, personne ne connaît les avancées de la médecine et c’est quand même, ça change le tableau quoi. Comme disait Zina, si on sait qu’on peut avoir des enfants, comme ils ont ce projet-là, il est réalisable. Tout est possible. Bien sûr avec une petite contrainte, un virus. La personne séropositive doit avoir un suivi médical mais sinon, ça ne change rien quoi. L’amour est possible. Pour moi ça été possible sans problème. Mon partenaire a appris la nouvelle et aujourd’hui on ne se pose plus de question là-dessus.

Yann : Parce que heureusement, l’amour est plus fort que tout. C’est vrai que s’ils sont très amoureux, même si c’est une annonce difficile, ils vont faire l’effort. Ils ont en plus la chance de ne pas être bloqué par le préservatif. Donc qu’ils prennent leur temps, qu’ils aillent consulter. Nous on peut par le biais du Comité, on peut leur envoyer aussi les brochures qui aident énormément les personnes qui ne sont pas au courant des avancées, de ce qui se fait maintenant. Donc moi je garde beaucoup d’espoir. Après, c’est vrai que s’il y a un refus ou un rejet, c’est que la personne souvent est mal informée ou que la présentation a été mal faite. Il y avait quelqu’un, je me demande si ce n’était pas Zina aussi, qui avait une fois dit, les gens qui rejettent les séropositifs finalement ça me fait un filtre à con. Donc c’est presque une chance de voir que j’ai été rejetée par ces personnes. Ça veut dire qu’elles ne me méritaient pas peut-être.

Tina : Par rapport au moment de le dire, parce qu’elle disait est-ce que c’est trop tôt ou non. C’est vrai que c’est difficile de dire quel est le moment précis. Moi j’ai plutôt eu l’expérience en entendant d’autres personnes que, plus on le dit tardivement, plus c’est mal pris par la personne, parce qu’elle se sent un peu trahie. Elle dit : « j’aurais préféré le savoir avant ». Je pense que le dire tôt avant par exemple, bon là elle dit qu’elle a des rapports protégés avec le préservatif. Mais il y en a qui se disent comme j’ai une charge virale indétectable, on peut avoir des rapports sans préservatif, mais en étant protégé par les traitements sans le dire au partenaire, il le vit mal. Même si dans les faits on sait ce qu’on fait, c’est mieux pour le partenaire d’avoir choisi et je pense que c’est plus facile d’accepter.

Ali : Apparemment elle a bien préparé le terrain. Déjà en lui disant qu’elle avait entre guillemet un secret caché qu’elle lui divulguerait plus tard. Certainement que, le moment qu’elle choisira pour lui dire, il serait peut-être bon qu’elle lui parle de l’avis suisse, sans trop rentrer dans les détails. D’expliquer que, les traitements actuelles, avec une charge virale indétectable et un taux de CD4 acceptable, il y a très peu de risque de contamination. C’est vraiment infime. Qu’elle lui cite des exemples de couples sérodifférents ou séropositifs qui ont eu des enfants sans aucun problème.

Transcription : Sandra JEAN-PIERRE Correction : Selma MIHOUBI