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Ben de Valenciennes : « Montrons qu’on est capable d’aider nos frères marocains »

1er mai 2012 (papamamanbebe.net)

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Sandra : Aidons nos frères du Maroc, une dynamique lancée par Ben. C’est le projet Maroc. Avant de découvrir ce que c’est exactement, je vous propose de découvrir pourquoi ce projet lui tient à coeur.

Début du son.

Ben : Je suis d’origine marocaine mais bon j’ai vécu aussi dans beaucoup d’autres pays. Mon histoire de vie c’est que j’ai vécu dans une cité à forte majorité maghrébine et étrangère. La maladie on n’en parlait pas. Et lorsque j’allais en vacances en Algérie, au Maroc pour le boulot, je me rendais compte que la perception culturelle n’était pas la même. Mon projet, c’est la continuité de mon militantisme et de mon implication. Ca me tient à coeur effectivement parce que j’ai perdu beaucoup d’amis marocains, algériens, issus de l’immigration dans l’épidémie. Il ne faut pas encore oublier que nous, les gens des cités, on nous a appris le VIH vraiment dans les derniers quoi. Je me rappelle lorsque j’ai voulu monter ma propre association avec d’autres personnes en direction des migrants de ne pas avoir été entendu à l’époque par les pouvoirs publics pour nous aider à financer l’action. Les choses sont en route, faut les entretenir. Il ne faut pas laisser ça uniquement aux professionnels à travers les colloques internationaux. Nous aussi entre malades nous devons nous rencontrer et échanger pour faire avancer nos revendications de personnes atteintes ou de proches.

Fin du son.

Sandra : Lors de ces voyages au Maroc, Ben a rencontré plusieurs personnes séropositives et notamment Jamal Khalid, qui est le fondateur de l’association du jour, la première association de personnes atteintes au Maroc. Vous pouvez retrouvez le reportage de Ben, dans la rubrique Réseau national des correspondants du Comité des familles, puisque Ben est aussi correspondant du Comité des familles. Et donc là, je vous propose d’écouter comment s’est créée cette dynamique et ce que c’est le projet Maroc.

Début du son.

Ben : C’est posé la question comment on peut continuer à échanger ensemble. Donc en posant des questions à droite et à gauche aux personnes concernées, en reprenant leurs remarques, en leur parlant de l’association du jour, certaines personnes ont dit pourquoi pas faire un projet international ? Donc j’ai dit pourquoi pas. Moi je suis partant, c’est une bonne action. J’ai repris contact avec l’association marocaine qui sera ravie et qui est ravie de travailler avec nous sur un échange d’expériences et de savoir. Nous, de notre côté, on a déjà ramassé quelques matériaux médicaux, style fauteuil roulant. Et là je vais partir au Maroc voir un peu ce qui leur faut encore exactement. Et puis j’attends beaucoup des gens du Comité des familles, des auditeurs, pour m’aider à monter ce projet et pour monter ce projet de nous contacter au Comité des familles. Les valeurs du Comité des familles sont bien basées sur l’entraide et l’auto-support. Donc c’est à nous de nous organiser pour que cette action voit le jour. Nous, dans le Nord on est plus parti sur l’idée d’échanges d’expériences et la création d’un outil commun des expériences vécues là-bas et des expériences vécues ici et qu’on mettrait sur support. Sur un support vidéo et on transformerait ça comme un outil de prévention et d’échanges avec des écoles, avec les centres sociaux pour permettre la pérennité du message que nous évoquons et permettre à l’action de trouver des relais.

Sandra : Qu’est-ce qui se passe au Maroc pour les séropositifs ?

Ben : Il y a une vingtaine d’années quand j’y suis allé, il n’y avait rien du tout. C’était proscrit, il ne fallait pas en parler. D’ailleurs, on vivait caché. Aujourd’hui, il faut reconnaître qu’il y a des choses qui ont bougé. Il y a plusieurs hôpitaux référents. Casablanca et Rabat qui s’occupe plus des enfants. Il y a une société civile qui s’est mise en place. En matière de santé, les actions étaient financées par ONUSIDA et les dons, une partie aussi par le gouvernement marocain. Mais tout cela ne suffit pas. Certaines personnes ont accès aux traitements facilement parce qu’elles vivent à Casablanca. Lorsque vous vivez dans un village et que vous avez besoin de vous soigner, c’est grâce à des associations. L’association du jour peut gérer une maison thérapeutique pour aider à héberger des gens qui viennent de loin pour leurs examens sanguins. Il y a aussi des microcrédits pour les personnes concernées afin qu’elles soient autonomes financièrement. Ces microcrédits ont besoin de relais et les relais internationnaux semblent importants. L’année dernière lorsque nous avons interviewé des malades de Casablanca, ils ont aussi reconnu qu’il y a des choses qui ont évolué et que ça continuera à évoluer si des associations continuent à jouer le jeu, à défendre le droit des malades et à faire pression sur les laboratoires pharmaceutiques, sur tout ce qui peut aller dans le bon sens du soutien de la lutte contre le VIH. C’est comme le témoignage que j’ai eu, c’est très difficile de changer la mentalité de certains malades lorsqu’on leur demande d’abord une consultation chez le psychologue, ils pensent que le psychologue c’est la folie. Mais c’est dans le soutien à la maladie. Il y a des barrières qu’il faut faire tomber, des représentations qu’il faut faire tomber et je pense que lors d’échanges comme ça, ça nous permettrait aussi de voir lorsqu’on ira, quelle perception ont les malades du VIH.

Fin du son.

Sandra : C’était Ben de Valenciennes. La dernière fois qu’on a entendu Ben, il disait qu’il allait partir en maison de repos puisqu’il avait des problèmes de santé. Et donc là, vous voyez que tout va mieux pour lui. On l’entendra prochainement sur son passage en maison de repos et sur tout le bienfait que ça lui a fait. Là il est reparti, il veut à nouveau travailler. Ce projet Maroc, il en parle depuis très longtemps. Là il veut vraiment du concret. Je vais demander à chacun d’entre vous de l’équipe radio, ce que vous pensez de l’initiative de Ben ?

Yann : Ca lui ressemble tellement. Moi Ben c’est un ami. Je connais sa ferveur face au militantisme et à toutes les personnes qui n’ont pas les mêmes droits que les autres. Rien ne m’étonne dans sa démarche. Ce qui me fait surtout plaisir c’est que, en très peu de temps, il a déjà retrouvé son côté vert.

Tina : Je trouve ça bien sûr super que ce projet se concrétise. Bien sûr il demande, c’est dur, il est assez seul. Faut dire qu’il a ce projet, il cherche des gens qui veulent adhérer à ce projet qui veulent le soutenir. Pour l’instant il le mène plus ou moins seul. Mais il ne lâche pas l’affaire. Il a vraiment à très court terme l’intention de partir au Maroc. Il veut aussi que là-bas les gens à qui il a promis de l’aide ne soient pas déçus. C’est vraiment cette volonté de concrétiser, de se battre pour les autres et de bien sûr, je pense que ceux qui ont envie de se joindre à lui, de lui donner un coup de main, il en a besoin. Je pense qu’il sera très content de voir que d’autres personnes se mobilisent à ses côtés.

Yann : Oui, il me disait, comme il doit tout stocker chez lui, aussi bien les chaises roulantes que des tissus, enfin pas mal de choses qu’il emmène. Il me disait, si on peut m’aider, ça va payer même un fret, un transport de marchandises qui revient très cher. C’est très large les aides qu’on peut essayer de faire.

Sandra : Greg, qu’est-ce que tu penses de cet échange d’expériences entre personnes séropositives de France et celles qui sont au Maroc ?

Greg : C’est positif. Je crois que, plus on parle de quelque chose, plus on essaye de le combattre et on peut faire tomber les tabous. J’imagine que dans les pays du Maghreb, Afrique du nord, les tabous sont un petit plus forts même si les tabous ici en France sont déjà assez forts. Plus on combat, plus on parle, mieux c’est.

Ali : Justement, Ben qui habite une région hyper défavorisée, qui lui-même est porteur de pathologies essentiellement mortelles, il a quand même le mérite depuis plusieurs années de se battre comme un dingue dans une région comme je le dis hyper défavorisée. Il pense également à son pays d’origine. Il pense mais peu essayent de faire quelque chose. C’est vrai que c’est extrêmement important. Je connais un certain nombre de personnes et moi-même on me demande, quand des gens vont en Algérie, que ce soit au Maghreb ou en Afrique subsaharienne, des médicaments, des vieilles lunettes. Tout ce qui est attrait à la maladie et qu’il est possible d’utiliser et éventuellement des cannes, différents objets qui, lorsqu’on est malade peuvent améliorer l’ordinaire. Il a vraiment beaucoup de mérite pour tout ce qu’il fait en France et au Maroc.

Sandra : Chers auditeurs, si vous souhaitez faire partie de ce projet Maroc, vous pouvez laisser un message sur le site papamamanbebe.net ou bien vous pouvez aussi contacter le Comité des familles, on transmettra à Ben, au 01 40 40 90 25.

Transcription : Sandra JEAN-PIERRE