Skip to main content.

Carnet rose | Couples concernés par le VIH | Faire un bébé quand on est séropositif | Hommes séropositifs | Jean-François | Réseau national des correspondants du Comité des familles | Sexe et sexualité

Jean-François, séropositif et papa pour la troisième fois

28 mars 2012 (papamamanbebe.net)

| Votez pour cet article

Sandra : Direction Cronat, en Saône-et-Loire pour écouter Jean-François. Ce n’est pas la première fois qu’on l’entend à l’émission. C’est un fidèle auditeur de l’émission Survivre au sida, comme beaucoup de vous. Je rappelle, si vous souhaitez faire entendre votre votre voix à l’émission, vous pouvez le faire, contacter l’émission, vous laissez un message sur le site survivreausida.net. Jean-François est aussi correspondant de l’association le Comité des familles qui est une association créée et gérée pour et par des familles concernées avec le VIH. Son but c’est de faire connaître les activités du Comité des familles, dans sa région, son département, sa ville. Là, on prend de ces nouvelles. Comme je l’ai dit dans le sommaire, il est papa pour la troisième fois, je vous propose de l’écouter tout de suite.

Début du son.

Jean-François : Je m’appelle Jean-François, j’ai 45 ans. Je suis séropositif depuis à peu près 8 ans. Je vis en couple sérodiscordant. Je viens d’avoir un bébé qui est né le 17 janvier. C’est mon troisième enfant. Je suis chef de cuisine. Je suis actuellement en arrêt maladie pour un autre problème de santé qui n’a rien à voir avec le VIH, c’est un problème de bras. J’essaye d’occuper mes journées en faisant mon jardin en ce moment. C’est un accident quand j’étais jeune. J’ai subi plusieurs opérations au bras droit en fait. Là, je suis en train de voir pour voir s’ils peuvent refaire une intervention éventuellement mettre une prothèse. Dans mon travail, ça peut m’handicaper. Disons que c’est mon bras droit, je suis droitier, donc c’est vrai que, par rapport à mon métier, ça me pose des petits soucis. Ce n’est pas alarmant non plus. Disons qu’au quotidien, ça va. Mais c’est vrai que, quand je travaille en collectivité, c’est des charges qui sont lourdes. C’est vrai que c’est un autre problème s’il faut soulever des charges, tout ça, ça peut poser problème. Donc je préfère subir une opération aujourd’hui où je veux dire je suis assez jeune et en bonne santé que dans 15 ans où je serai déjà un peu plus vieux et je pense que j’aurai un petit plus de mal quoi.

Donc, suite au dernier interview, depuis le bébé est arrivé. Tout se passe bien. C’est vrai que suite à l’interview qui est passée à l’antenne, j’ai des personnes qui m’ont appelé un peu de toute la France, pour savoir comment on avait procédé, tout ça. Comme je l’ai dit, moi je l’ai fait de façon naturelle. Il a été conçu de façon naturelle. C’est un choix que nous, on a fait par rapport à toutes les informations qu’on a eu à la Maison des familles. Nous, on a décidé de faire un bébé comme ça naturellement. Donc il n’y a pas eu de soucis. Ma femme n’a pas le HIV, l’enfant non plus. Donc il n’y a pas de soucis par rapport à ça. Donc c’est vrai qu’après, j’ai eu trois ou quatre contacts de personnes de toute la France, pas spécialement de ma région, de toute la France, qui m’ont appelé pour, déjà me remercier d’avoir témoigné et puis aussi pour avoir quelques conseils par rapport au quotidien que je vis. Ils n’ont pas parlé avec ma femme. Je leur ai proposé parce que j’ai eu un coup de fil d’une personne de Rouen il me semble, de ce côté-là. C’était un gars qui m’a appelé, un homme qui m’a appelé, pour faire connaissance tout simplement. On a eu un petit peu de contact mais bon, ça n’a pas été plus loin parce que, c’est vrai que, c’est des gens qui sont quand même très discret, moi je veux dire je suis quand même assez publique. J’ai témoigné sur la radio, j’ai fait un article sur le journal, bon, mes enfants le savent, mes parents le savent. Les personnes que j’ai eu c’était tout le contraire. Après, j’ai eu une deuxième personne. Là c’était une femme donc, qui m’a appelé. C’était un peu plus compliqué pour moi de répondre à ses questions parce que moi, je suis un homme donc, je lui ai tout simplement proposé, je lui ai donné mon numéro de fixe. Je lui ai tout simplement proposé de téléphoner chez moi pour avoir mon épouse, pour parler avec mon épouse, parce que elle, c’était quelqu’un qui n’avait pas, et donc qui vivait avec une personne qui avait. C’est vrai que, par rapport à ses questions, ce n’est pas que je ne me sentais pas capable de lui répondre mais disons que, je pensais que ma femme était plus à même de répondre à ses besoins étant donné qu’elles étaient toutes les deux dans le même cas. Malheureusement, je ne sais pas si ces personnes sont encore ensemble. Donc, du coup, je n’ai pas donné suite. Donc voilà, j’ai eu deux coups de téléphone de concret. Il y en a un où j’ai quand même ses coordonnées, j’ai son adresse mail, mais c’est vrai que bon, je respecte aussi. Il m’a demandé d’être discret. Donc j’attends qu’il fasse... moi les gens savent que ma porte est ouverte, mon téléphone est ouvert, il n’y a pas de soucis. C’est vrai que, suite aussi à l’émission de radio, j’ai un journaliste qui venu chez moi, qui a fait un article sur le journal de la Saône-et-Loire où j’ai expliqué un petit peu tout ce que j’avais résumé un petit peu sur l’émission de radio.

Sandra : L’arrivée d’un troisième enfant, qu’est-ce que ça change au quotidien dans votre vie ?

Jean-François : Ma femme est en congé maternité. Moi, étant donné que je suis en congé maladie, donc je suis quand même là. Alors maintenant, qu’est-ce qui a changé ? Disons que les nuits sont un peu plus courtes, on va dire ça. Et puis que bon, c’est un bébé, on est un couple comme les autres quoi. On a un bébé, il faut s’en occuper, il pleure tout ça, je veux dire, par rapport à notre quotidien, ça n’a pas changé grand chose. Disons qu’on est un peu plus occupé parce que c’est vrai que bon, un bébé c’est quand même difficile à s’occuper. Tout simplement. Mais c’est un réel plaisir. C’est une chance que je ne pensais pas avoir il y a quelques années. Aujourd’hui c’est possible. Je savoure ce moment-là chaque jour. Les enfants sont ravis, même si le petit garçon aurait préféré un garçon. Mais bon, c’est une fille. Après ils sont ravis. La famille s’agrandit et tant mieux. En plus, les beaux jours vont arriver. Le bébé va bien, il n’y a pas de soucis, tout le monde est ravi. On ne peut être que ravi quand on a la chance de pouvoir faire un bébé quand on est séropositif. Pour le reste de ma famille c’est un nouveau bébé tout simplement.

Moi je voulais juste rajouter que, par rapport à l’article qui est sur le journal. C’est vrai que j’étais quand même ici incognito. Quand je suis passé sur le journal, il y a pas mal de gens qui m’ont reconnu. Il y avait des photos donc ils m’ont reconnu. Je n’ai pas eu de mauvaises surprises. Les gens qui ont lu l’article dans le journal, qui m’ont reconnu, m’ont très bien accueilli. Il n’y a pas eu de mauvaises retombées. Je tenais quand même à le préciser parce que parfois, c’est vrai que ça fait peur d’en parler. Moi j’ai été quand même agréablement surpris. J’étais conscient en faisant l’article que je risquais d’avoir des problèmes. Encore pour moi, ce n’était pas trop grave. Mais par rapport à mes enfants, je me suis dit peut-être que à l’école, ils auront des problèmes et tout ça. J’ai pris un risque et je n’ai pas eu de mauvaises retombées. Tous les gens que j’ai revu ont juste été déçus de l’apprendre par le journal. Sinon, une fois le premier coup passé, après ça été terminé. Ce n’est pas pour autant que maintenant les gens ne m’accueillent pas. Bien au contraire.

Fin du son.

Sandra : Vous venez d’écouter Jean-François, qui habite à Cronat en Saône-et-Loire. Il est séropositif depuis 8 ans, vit en couple sérodifférent. Donc sa femme est séronégative. Ensemble ils ont eu deux enfants, donc avant qu’il connaisse son statut sérologique. Donc en fait ses enfants sont passés, comme on dit, entre les gouttes, sa femme n’a pas été infectée. Maintenant grâce à tout ce qu’il a appris, c’est ce qu’il a dit, à la Maison de familles, ils ont décidé ensemble de faire un bébé de façon naturelle. Bonne nouvelle, tout le monde va bien. Il a donné des nouvelles aussi par rapport aux retombées médiatiques, suite à sa participation à l’émission, un journaliste l’a contacté et d’autres personnes l’ont contacté. Qu’est-ce que vous souhaitez dire à Jean-François ? Quelles sont vos réactions Ali et Yann ?

Yann : Je voulais simplement lui dire un grand bonjour à lui et à toutes sa grande famille maintenant. Je suis ravi qu’il soit en pleine santé et qu’il ait pleins de nouveaux projets dans la région où il habite. Je suis très agréablement surpris de voir que, peut-être les discriminations retombent, diminuent, parce qu’il a l’air de dire qu’il n’a pas ressenti du tout de rejet après avoir annoncer publiquement dans un journal régional sa sérologie.

Ali : Le connaissant également, je sais que pour ses premiers enfants en l’occurrence, l’aîné, je ne me rappelle plus quel âge il a mais il n’est pas loin d’avoir l’âge de mon fils. A l’époque, justement, il n’y avait pas les traitements. Moi j’étais en couple sérodifférent. Donc on a pris le risque avec la mère de mon fils d’avoir un enfant et Dieu merci, ni elle, ni lui n’ont été contaminés. Donc, en ce qui concerne lui et sa femme, je les félicite et je suis très heureux qu’il ait un troisième enfant et qu’il soit épanoui dans sa vie familiale et professionnelle. On constate à travers son témoignage et d’autres personnes qu’on côtoie au Comité des familles, que maintenant, effectivement, avec une charge virale indétectable, avec un bon suivi ou autre, on peut parfaitement avoir un enfant sain sans contaminer le partenaire. C’est un grand soulagement. Moi, en l’occurrence, mon deuxième enfant, la mère ne m’a pas demandé l’autorisation mais elle savait exactement ce qu’elle faisait, puisqu’elle avait une charge virale indétectable et donc, il y avait de grandes chances pour que la petite naisse sans être infectée. Au début je lui en ai voulu parce qu’elle ne m’a pas demandé mon avis. Maintenant, si la petite paraît épanouie et la mère continue à travailler normalement et autre. Donc, c’est une très bonne nouvelle et ça rejoint ce qu’on disait. Avant, les gens qui étaient séropositifs, qui voulaient des enfants, on les considérait comme des criminels. Maintenant, en l’occurrence au Comité, on a constaté qu’en l’espace de même pas deux ans, il y a une douzaine de naissances. C’est réjouissant pour tous ces gens, pour tous ces couples, pour toutes ces familles.

Sandra : Si ça intéresse des personnes, à savoir comment faire un bébé quand on est séropositif, je rappelle qu’il y a une brochure qui est disponible sur le site papamamanbebe.net, dans la rubrique faire un bébé quand on est séropositif. Vous pouvez contacter aussi les membres du Comité des familles au 01 40 40 90 25.

Transcription : Sandra JEAN-PIERRE