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Claude Evin | Denis Méchali | France Lert | Méga couscous des familles vivant avec le VIH

Denis Méchali : « Le Méga couscous est un point clé de la santé »

21 mars 2012 (papamamanbebe.net)

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Sandra : La dernière fois qu’on a parlé du Méga Couscous des familles vivant avec le VIH, c’était avec France Lert, directrice de recherche à l’INSERM, Insitut Nationale de la Santé et de la Recherche Médicale. Le 6 décembre 2011 à l’émission Survivre au sida, je lui ai demandé si le Méga Couscous est un sujet de santé publique, car, l’Agence Régionale de la Santé, l’ARS, ne soutient pas cette initiative des familles vivant avec le VIH. Ecoutez sa réponse :

Début du son.

France Lert : Les études épidémiologique qui étudient les liens entre l’environnement social des personnes et leur état de santé, sont très claires. C’est-à-dire que, la qualité du lien social, l’intensité du lien social est associé à l’état de santé. On l’a montré dans la population générale. Nous, on l’a montré dans notre équipe, parmi la population, on a montré que, l’étendue du lien social est lié à leur état de santé. On vient de remontrer dans un article qui a été publié dans American journal of epidemiology, dans la population de la cohorte anglaise, et à l’intérieur de la population vivant avec le VIH, il y a un certain nombre de résultat qui vont dans ce sens. Dans l’étude VESPA qu’on est en train de faire actuellement et dont les résultats, j’espère, viendront au cours de l’année 2012, on a choisi de nous centrer sur cet objectif, parce qu’on sait que les personnes qui vivent avec le VIH, sont des personnes qui sont souvent isolées, pour des raisons variées. Les traumatismes de l’existence, la migration, la perte d’un conjoint, la perte d’un partenaire. Et donc, ça nous intéresse particulièrement de, d’étudier le lien entre l’environnement social et l’état de Santé, la mortalité, enfin, en l’occurrence dans l’enquête VESPA, ce ne sera pas la mortalité, mais on l’étudie dans la mortalité. C’est un champ de recherche très important, qui est porté par de très nombreuses équipes dans le monde. Donc oui, c’est un sujet de santé publique.

Sandra : Donc Claude Evin, l’ARS ont tout intérêt à soutenir le Méga couscous des familles ?

France Lert : Entre autres oui.

Fin du son.

Sandra : Denis Méchali, le Méga couscous des familles vivant avec le VIH est-il un sujet de santé publique ?

Denis Méchali : Oui, absolument. Je ne pense pas qu’on peut se soigner exclusivement avec des médicaments. On se soigne parce qu’on est bien dans sa peau au sens le plus large du terme. On est bien dans sa peau quand on se sent soi-même respectable, qu’on a une petite idée de soi-même qui tient un peu la route. Aimer au sens le plus large du thème. Dans tous les sens du terme. Tout ça, ça fait partie de la santé et c’est pour ça que je pense qu’on est sur une fausse piste si on pense que la santé peut se résumer à l’excellent travail d’un excellent professionnel comme un docteur excellent technicien. C’est bien, c’est important, parfois c’est crucial comme on le voit avec les antirétroviraux. Mais, ce n’est pas tout. Il y a une autre chose qui est d’une autre nature. Ca passe par les mots qu’a employé Tina tout à l’heure. Aussi comprendre la sincérité de l’autre, son engagement, ce genre de chose. C’est pour ça d’ailleurs que je pense que la poésie est un vecteur essentiel pour faire comprendre certaines choses. Ca parait paradoxal, si on reste sur un domaine qui soit trop scientifique au sens technique du terme, on rate un pan de la réalité. Et voilà, donc j’ai répondu je crois à la question parce que du coup le couscous c’est ça, c’est un moment de partage, on se marre, on se remplit la pense, on boit un coup, on sourit à quelqu’un qui vous sourit. C’est un point clé de la santé.

Transcription : Sandra JEAN-PIERRE