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Maison des familles (2008–2013) | Laurence Morisset | Projet Chorba | Tina | Yann

Pascal, séropositif et hospitalisé : « Votre soirée nous fait du baume au coeur »

15 mars 2012 (papamamanbebe.net)

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Sandra : Projet Chorba. Quelqu’un voudrait bien présenter le projet Chorba avant qu’on écoute le reportage qu’à fait Francis à l’hôpital Kremlin-Bicêtre ?

Bruno : Une fois par mois on se présente à l’hôpital pour partager un repas avec des malades qui n’ont pas la possibilité...

Ali : Hospitalisés de longue durée.

Sandra : Alors je vais résumer. Il ne s’agit pas d’un projet caritatif, car les patients mangent déjà, mais bien manger est la première forme de thérapie. Ces repas se dégustent dans un service de neurologie, où les personnes souffrent de troubles graves et restent souvent plusieurs mois dans le service. Donc là, c’est à l’hôpital Kremlin-Bicêtre.

Tina : Le repas, c’est le prétexte de venir. Le but, c’est vraiment partager un temps. On arrive souvent un peu avant pour discuter avec les personnes. Ensuite, il y a effectivement le repas pour créer une ambiance conviviale. Mais ce qui est vraiment au coeur de tout ça, c’est partager du temps avec les personnes, discuter, les sortir de leur quotidien, souvent un peu...

Ali : Morose.

Tina : Voilà.

Sandra : On écoute Francis qui a pris les prises de parole des patients à l’hôpital

Début du son.

Jackie : Bonjour, eh bien c’est une agréable surprise. Bon, je ne me suis pas régalé mais demain je me régalerai parce que, je suis au régime ce soir. Et demain, je me rattrape.

Francis : Vous pouvez vous présenter ?

Jackie : Jackie.

Francis : Est-ce que vous pensez que c’est bien que le Comité des familles apporte de temps en temps à manger, viennent faire un peu de convivialité avec les malades ?

Jackie : Ah oui, c’est formidable ! Ca nous manque un peu. Vous êtes là, c’est merveilleux.

Francis : Nous aussi on est content de vous retrouvez. Ca nous sort un peu de notre morosité quotidienne. Voilà. Alors, est-ce que vous pouvez dire un mot pour nos bailleurs de fonds, ceux qui nous financent pour les encourager à continuer ce financement-là ?

Jackie : Continuez, continuez. C’est tellement sympathique.

Francis : Ok merci. Votre nom ?

Pascal : Pascal, je suis malade depuis très peu de temps. Mais enfin bon, on fait tout pour s’en sortir. Puis votre soirée nous fait du baume au coeur. C’est énorme pour nous. On n’a pas vraiment l’habitude d’avoir une convivialité aussi importante que ça. De voir du monde qui sont à peu près comme nous, qui apportent autant de bonheur, ça nous fait énormément de bien. Ca, il n’y a pas de soucis de ce côté-là. Votre association qu’elle perdure énormément et qu’elle fasse beaucoup de petits.

Fin du son.

Sandra : Yann, si quelqu’un a envie de partir avec vous, pour partager un moment de convivialité avec les personnes hospitalisées, comment on fait ?

Yann : C’est tous les derniers lundis de chaque mois. On se retrouve à 18h30, 19h au plus tard au Comité. Ensuite, s’il y a les véhicules suffisant on part en voiture ou alors on prend les transports en commun. On arrive sur place à 19h45. Comme disait Tina, on installe les tables, on leur propose de couper la télé, ce qu’ils font avec plaisir. On met un fond musical. On se rapproche de chaque personne. Il y a des moments de partage qui sont plus en tête à tête avec certains, plus convivial avec d’autres. On s’aperçoit que certaines personnes restent dans leur coin la première fois où ils nous rencontrent. Ils s’aperçoivent que la convivialité est tellement forte que naturellement, ils se rapprochent. On va les chercher. C’est vrai que, je suis ému parce que, je comprends l’utilité de ce projet à 300 voire 1000% et quand on donne, on reçoit. Ce n’est pas un rêve.

Bruno : J’ai une petite anecdote. Hier soir, j’ai reçu un coup de téléphone. Il m’a dit bonjour Bruno, j’ai été recommandé par le médecin, par des infirmières de l’hôpital au Kremlin-Bicêtre. J’ai envie de te rencontrer. J’ai envie de parler, j’ai beaucoup de choses à dire. En parlant, je me suis rendu que cette personne était un patient de l’hôpital Kremlin-Bicêtre, qu’il était venu le 31 décembre au réveillon séromantique. Ce jour-là, c’est vrai que je lui avais donné mes coordonnées. Il m’a dit les médecins n’ont pas arrêté de me parler de toi, de Yann. Hier, il a pris les devant, il m’a appelé et je lui ai donné rendez-vous aux différentes activités. Samedi aussi, une personne est venue en fauteuil roulant, une personne de l’hôpital. Il est venu participer au repas.

Yann : Il est venu, il a eu une autorisation de sortie exceptionnelle. Il avait quand même la possibilité de prendre un taxi aménagé. C’est vrai qu’il a été un petit peu surpris je crois de la petitesse du local et du fait que ce n’est pas un local encore adapté. Mais, c’est vrai que quand on veut, on peut. Là, on a été plusieurs à l’aider. C’est ça aussi le Comité. Tout ce qui arrive aux autres, peut vous arriver un jour.

Laurence Morisset : Intervenant dans un hôpital, un centre hospitalier public, je trouve que aller dans l’hôpital, déjà c’est important, parce que, connaissant les conditions de vie à l’hôpital, ce n’est pas forcément le milieu le plus agréable. Evidemment, on n’y va jamais pour des moments sympathiques. Le personnel n’est jamais assez nombreux, donc n’ont pas suffisamment de temps à accorder à chaque personne. On est vraiment pris dans un quotidien. C’est souvent de l’urgence. Donc, qu’il y ait des associations qui interviennent dans les hôpitaux, déjà je dis bravo parce que ça ne doit pas être simple d’obtenir les autorisations. Non seulement des directions mais également perturber, entrer dans le quotidien des personnes qui travaillent dans l’hôpital, ça ne doit pas être simple non plus. Même si on explique les choses, parfois ça peut être vécu comme intrusif, comme perturbant, quand on est dans son petit train train, parfois on a du mal à accepter que les choses changent. Donc pour les patients je trouve ça extrêmement intéressant. Vraiment.

Tina : Oui, là-dessus c’est vrai qu’on a énormément de chance parce que, le chef de service, le professeur Jacques Gasnault il nous connaît depuis longtemps et il fait tout pour que... parfois on a eu du mal à batayer pour que ce projet persiste. Parce que, est-ce que ça apporte vraiment quelque chose à la santé des gens ? Faut toujours tout bien...

Laurence Morisset : Justifier.

Tina : Justifier voilà. C’est bien sûr utile d’évaluer ce qu’on fait. Mais parfois, on nous en demande bien sûr un peu beaucoup. C’est parfois un peu difficile de répondre à toutes ces questions d’évaluation. Mais en tout cas, ce qu’on a aussi constaté, parce qu’on discute tous les mardis soirs de ce qu’on a fait pendant la semaine précédente, j’ai vraiment constaté que les personnes, les membres du Comité qui partent pour partager le repas, ça peut être vécu la première fois vécu comme un choc, parce qu’on voit vraiment des personnes dans des états difficiles, qui ne marchent plus, qui ne parlent plus, qui ne savent plus manger tout seul. C’est un choc de voir ça. Ca fait un peu mal au coeur au début. Parfois on peut avoir une réticence d’aller vers ces personnes-là parce que, c’est difficile. Par la suite ils disent, maintenant j’ai vraiment compris, c’est important de bien prendre le traitement. J’ai vu ce que ça fait quand on ne prends pas bien le traitement, que les dégâts du VIH peuvent être terrible et moi je ne veux pas me retrouver dans cette même situation. C’est grâce à ça que j’ai quand même su améliorer mon observance pour des traitements. Je pense que c’est hyper important.

Sandra : Si vous souhaitez participer, partager un moment de convivialité avec les personnes hospitalisées, appeler les membres du Comité des familles au 01 40 40 90 25.

Transcription : Sandra JEAN-PIERRE