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Annonce de la séropositivité | Contamination et prévention | Sexe et sexualité | Tunisie

Forum des auditeurs : J’ai couché avec un séropositif mais il n’a pas éjaculé

1er février 2012 (papamamanbebe.net)

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Nous lisons à l’émission du mardi 31 janvier 2012, un message d’une auditrice :

« Bonjour, j’ai embrassé sur la bouche, il y a deux jours, une personne atteinte du VIH. Malheureusement pour moi, je ne l’ai pas su avant. Et il y a eu pénétration, juste une fois, sans préservatif. Mais on a arrêté parce que justement, on n’avait pas de préservatif. Je sais que le risque vis-à-vis de la salive est faible. Mais ce qui me stresse, c’est que je me rappelle avoir eu le goût de sang dans ma bouche. Il avait une de ses lèvres qui saignait un peu. Et ce qui me stresse aussi, c’est que, avant qu’il m’ait pénétré, il y a un certain liquide qui sort du pénis avant éjaculation. Et vu qu’il m’a pénétré... Deux jours après, je revois cette personne et c’est à ce moment-là qu’il m’a dit : « Ecoute, si je ne voulais pas continuer l’autre fois c’est parce que je suis atteint du VIH ». Bref, vu qu’il m’expliquait ça en anglais ( malheureusement je ne maîtrise pas la langue parfaitement ) j’ai cru que c ’était juste une MST [ ndlr Maladies Sexuellement Transmissible ] et un préservatif ferait l’affaire. Je n’avais pas compris la gravité de la maladie à cet instant. Le soir, je suis rentrée avec lui et pareil je l’ai embrassé mais cette fois, il y avait le préservatif. On a couché ensemble plusieurs fois cette nuit, mais à chaque fois avec le préservatif. Le soir en rentrant chez moi j’ai fait des recherches et su la gravité de la chose. Malheureusement je ne peux même pas faire de test je pense que c’est trop. Est-ce que vous me conseillez d’autres tests ou est je peux quand même aller faire un test ? Mais je ne sais même pas où je peux le faire à Tunis. Est-ce que je risque d’être atteinte ? »

Sandra : Tina, je crois que tu l’as sous tes yeux le message ?

Tina : Oui.

Sandra : Alors, déjà sur ce qu’elle dit par rapport à la salive. On peut répondre tout de suite à ça.

Tina : Oui, la salive n’est pas contaminante. Le sang qu’elle a, le goût du sang, si son partenaire a saigné, il faut que elle aussi, elle ait une plaie ouverte dans la bouche et que le sang de son partenaire rentre dans sa plaie pour qu’il y ait un risque de contamination. Voilà. La salive n’est pas contaminante et ça ne m’a pas l’air d’être une situation où il y a eu risque de contamination.

Sandra : D’accord. Est-ce qu’il faut qu’il y ait une quantité certaine de sang qui passe ?

Tina : Après, sur la quantité, je ne saurai pas dire exactement s’il faut plusieurs gouttes. Ca, je ne sais pas. Mais dans tous les cas, il faut que ce soit du sang frais. A l’air libre, le virus meurt assez rapidement. Donc, du sang frais qui coule directement dans la plaie de l’autre personne.

Sandra : Je pense qu’il est important de rappeler les 4 modes de transmission du VIH. Il y a de la mère à l’enfant, les rapports sexuels, par transfusion sanguine et aussi par injection. Tina tu confirmes ?

Tina : Oui c’est ça.

Sandra : Alors ensuite, elle parle des relations sexuelles, là c’est autre chose.

Tina : Voilà. Alors en ce qui concerne les bisous, c’est de façon général, aucun soucis. Si la personne est séropositive, le risque que cette situation se présente est extrêmement faible. Donc, embrasser une personne séropositive, il n’y a aucun soucis. Maintenant, le fait d’avoir eu des rapports sans préservatif, là-dessus, même s’il n’y a pas éjaculation comme elle dit, il y a un liquide qui sort avant l’éjaculation, qui peut contenir du virus. Donc c’est faux de penser que, en évitant l’éjaculation, on évite la contamination. Maintenant, ce qu’il faudrait savoir c’est, cette personne, son partenaire, s’il était sous traitement ou non, s’il avait une charge virale indétectable ou non, pour mesurer un peu le risque de ce premier rapport.

Sandra : Donc là, elle ne sait pas si elle doit refaire un test ou pas. Qu’est-ce que tu lui conseilles là-dessus ?

Tina : Je pense qu’elle doit faire un test oui. Elle doit en faire un et en refaire un dans trois mois. C’est ce qu’on préconise. Après, elle peut demander aussi à son partenaire, est-ce qu’il est sous traitement, est-ce qu’il connaît sa charge virale ? C’est aussi déjà un indice important. Très important.

Sandra : Maintenant, sur ce qui est la gravité. Parce qu’elle parle beaucoup de gravité. Elle a dit qu’elle n’a pas su la gravité de la chose. Admettons que cette personne fasse son test, et qu’elle soit séropositive, qu’est-ce que tu aurais à lui dire ?

Tina : Le VIH, c’est vraiment quelque chose d’embêtant, de très pesant, moralement, psychologiquement, et parfois aussi physiquement. Il faut quand même dans la plupart des cas prendre un traitement et même si les traitements sont extrêmement bien tolérés aujourd’hui, c’est quand même très embêtant. Maintenant elle dit, j’ai cru que c’était une MST, mais c’est une MST. Et elle dit j’ai cru que le préservatif ferait l’affaire, mais le préservatif il fait l’affaire. Donc là-dessus, d’avoir un rapport avec une personne séropositive, avec un préservatif, si on l’utilise bien, il n’y a aucun soucis. Donc là-dessus, à ce moment-là, la deuxième fois qui se sont vus, qu’ils ont eu des rapports ensemble, sauf si le préservatif à craquer ou je ne sais quoi, mais il n’y a aucun soucis. Elle dit qu’elle a mesuré la gravité en regardant sur internet. Je ne sais pas où elle a regardé les informations sur internet mais apparemment, on trouve un peu n’importe quoi sur internet parce que, il y a quand même des informations importantes, qui ne devraient pas tellement effrayer une personne mais plutôt la rassurer sur le fait qu’avoir des rapports avec préservatif avec une personne séropositive, il n’y a pas de problème. Ensuite bien sûr, sur les bons comportements, comme sur le fait de ne pas avoir des rapports sans préservatif, quand on ne connaît pas la charge virale de son partenaire c’est, ça c’est bien sûr important.

Sandra : Elle dit qu’elle ne sait pas où faire son test à Tunis. Alors je pense toi, tu ne pourrais pas répondre à ça. S’il y a des auditeurs qui peuvent lui répondre, n’hésitez pas à le faire sur le site papamamanbebe.net. J’espère que ce qu’on vient de dire à cette femme pourra lui servir. J’espère qu’on n’a pas oublié un aspect de son message. Je pense que, quand elle disait que ce n’est pas une MST, je pense qu’elle disait, que en gros, c’était bénin. Parce que souvent, on se dit une MST, parce qu’il y en a pleins, on se dit ce n’est pas grave, un petit traitement et hop, c’est parti. Donc, je pense que c’est dans ce sens-là qu’elle dit ça. Mais effectivement, tu as raison. C’est une MST le VIH.

Tina  : Oui, et sinon je l’encourage vraiment à faire son test, à chercher une solution pour faire son test parce qu’on sait ce qui est important, c’est d’être dépisté tôt. C’est important quand on a pris un risque de chercher à faire son test rapidement quoi.

Sandra : Puis aussi, quand son partenaire lui a annoncé sa séropositivité, on ne voit pas trop comment elle a réagi, je ne sais pas s’ils sont toujours ensemble ou pas. Mais, aurais-tu un message pour les personnes séronégatives qui ont à entendre, quelqu’un qui doit annoncer sa séropositivité. D’après toi, quelle est la réaction qu’elles devraient avoir ?

Tina : Déjà, c’est bien sûr courageux. On peut toujours dire, pourquoi il ne l’a lui a pas dit plus tôt. Mais ce n’est pas toujours facile. Donc il lui a quand même dit rapidement. Je pense que c’est très courageux et très honnête de sa part. Sur la première relation, s’il y a eu une relation sans préservatif, faut aussi dire que la responsabilité est partagée puisque elle, elle aussi n’a pas dit non, sans préservatif, je ne veux pas avoir de rapport avec toi. Donc je ne pense pas qu’on puisse culpabiliser l’homme en disant lui, il savait qu’il est séropositif. Là-dessus, pour moi, la responsabilité est vraiment partagée. Maintenant, oui bien sûr, comment réagir ? C’est compliqué. Comment lui annoncer, est-ce que lui-même est bien informé pour pouvoir rassurer sa partenaire. C’est compliqué et tout dépend de l’annonce pour savoir comment elle a pu réagir ou non.

Sandra : Le mieux, c’est, je pense, d’en discuter ensemble et puis après, s’ils peuvent, aller voir un médecin ensemble. Je pense que là, le dialogue, comme l’on dit beaucoup de médecins à l’émission, c’est important qu’il y ait vraiment ce dialogue à trois. Le médecin et puis le couple. Là au moins, ça évite de trouver des informations sur internet qui peuvent être fausses.

Tina : Mais maintenant, est-ce que c’était vraiment dans le cadre d’une relation stable, dans le but de construire une relation ou est-ce que c’était une relation comme ça furtive, sans lendemain ? VIH ou non. Là, elle nous en dit pas plus. Mais effectivement, quand on ne connaît du tout la personne et que c’est vraiment un coup d’un soir ou deux, l’essentiel, c’est vraiment le préservatif.

Sandra : Oui, c’est vrai tu as raison. N’hésitez pas à réagir sur le site papamamanbebe.net

Transcription : Sandra JEAN-PIERRE