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Femmes séropositives | Grandes soeurs | Loane | Projet Madeleine Amarouche | Réseau national des correspondants du Comité des familles

A Saint-Brieuc, Loane veut soutenir les femmes séropositives enceintes grâce à son expérience

26 janvier 2012 (papamamanbebe.net)

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Sandra : Je vous propose maintenant d’écouter à nouveau Loane, cette fois-ci sur son rôle en tant que correspondante du Comité des familles.

Début du son.

Loane : Tout dernièrement, j’ai eu rendez-vous avec le maire adjoint à la santé de Saint-Brieuc lundi matin. Je lui ai expliqué ce que faisait le Comité des familles. Le côté humain avec le projet Grandes soeurs, c’est-à-dire quelqu’un qui a déjà vécu ça, qui a déjà vécu ce parcours-là, qui peut déjà les aider moralement. Je lui ai donné le prospectus, le nouveau qui vient de sortir, comment faire un bébé ? Le livret du Comité des familles. Il m’a dit que c’était très bien. Il propose du coup de me libérer un local, dans un centre social, à voir une fois tous les 15 jours, une fois toutes les semaines, à voir après en fonction de la demande, pour justement recevoir des gens qui voudraient parler ou même téléphoner. De là, j’ai été à SIDARMOR, l’association qui est à Saint-Brieuc, qui est la seule dans le département, qui actuellement a des petits problèmes aussi comme toutes les associations financières avec l’Etat et qui du coup, aimait beaucoup ce projet-là. Ils ont dit qu’ils aimeraient bien soutenir le Comité des familles, en partenariat avec eux, si c’est possible. Bien sûr, ils veulent laisser le Comité des familles indépendant. Du coup, s’il faut nous aider à faire une action pour aider le Comité des familles qui a des problèmes un petit peu financier en ce moment. S’il faut, l’aider, à par exemple, les flyers, les prospectus, les choses comme ça, à faire tout imprimer sur place comme ça, pour éviter d’avoir des frais supplémentaires sur Paris.

Sandra : D’accord. Bravo. Déjà c’est deux grandes choses. Tu n’as pas chômé. Est-ce que tu aurais d’autres projets du Comité des familles qui t’intéresseraient et que tu aimerais...

Loane : Le projet Madeleine, on en a parlé avec le maire adjoint. C’est vrai que, comme j’expliquais, c’est un peu compliqué sur Saint-Brieuc, parce que c’est une petite ville. Enfin, ce n’est pas petit non plus mais, je me comprends. Si je faisais ce projet Madeleine dans les lycées et les collèges, comme m’a dit le maire adjoint, ma fille pourrait être amenée à les fréquenter, moi-même croiser ces gens-là en ville. Et après, forcément tous ces gens-là ne réagissent pas de la même façon. Il m’a dit, vous ne faites pas ça non plus pour vous créer des problèmes. Donc ça revient toujours au même problème qui est la maladie. C’est que ça reste toujours tabou. Donc du coup, j’ai bien compris. En revanche, ma cousine qui est une fac à l’école d’infirmière, sur Lannion, m’a donnée les correspondances de son prof qui serait intéressé pour que j’aille à l’école d’infirmière pour que j’aille faire une intervention. Elle m’a expliquée ma filleule que, ils ont entendu dire que même là, elle m’a dit qu’elle connaissait l’histoire de la protection médicamenteuse, qu’il en avait déjà parlé à sa fac. Je trouve ça bien. Que en fait, il faudrait voir le côté humain, parce qu’elle me disait moi je pose des questions à ma prof, on n’en avait pas parlé avec ma cousine ensemble de moi en fait. On vient d’en parler il y a 15 jours avec ma filleule. Et en fait du coup, elle m’a dit je ne t’en parlais pas, chez moi, je n’en parlais pas parce que je ne savais pas si tu étais au courant. Donc c’est vrai que c’est toujours un peu tabou. Et du coup, elle disait que ça l’intéressait, elle posait des questions sur la vie. Même ses amis seraient intéressés pour avoir quelqu’un pour dire, bah voilà, tout simplement, on peut vivre quoi. Puis, il n’y a pas que les CD4, les machins. A côté, comment vivent les gens comme nous quoi. Voilà.

Sandra : C’est vrai qu’on pourrait supposer que dans une école d’infirmière, il n’y a pas besoin...

Loane : Ils sont super au courant. Elle m’a sortie des trucs !

Sandra : Quoi par exemple ?

Loane : Elle me sortait le CD4, le machin, elle regardait du coup la prise de sang. Parce que moi, voilà, j’ai eu la prise de sang de ma fille aussi, la première et le lendemain, qu’est-ce qui s’est passé, j’ai reçu des résultats. Les résultats ne me paraissaient pas bons. Sauf que moi, je ne comprends pas trop ce que c’est. Et du coup le surlendemain, je reçois une feuille de prise en charge à 100% pour aller refaire des prises de sang. Alors je me suis dit putain qu’est-ce qui se passe ? Bon, parce que c’est con mais on doute toujours mine de rien. Et du coup, c’était pendant les vacances de Noël, donc j’essaye d’appeler le pédiatre, on me dit qu’elle est en vacances. Donc du coup, j’essaye d’appeler mon médecin, on me dit qu’elle est en vacances. Je fais ok, ce n’est pas grave. Donc du coup, ma filleule qui était venue chez moi, c’était l’occasion de lui en parler vu qu’elle est infirmière, je lui ai demandée qu’est-ce que c’était ces résultats. Et donc du coup, je rappelle la chef pédiatre qui me dit ah mais non, ne vous inquiétez pas, tous les bébés d’un mois ont une chute globulaire. C’est normal. Je fais mais le fait que j’ai reçu les ordonnances. Elle me dit non, ça c’était pour rester dans votre dossier, pour les prochaines prises de sang, vous ne deviez pas les recevoir. Tout va bien. Ne vous inquiétez pas.

Sandra : Un petit coup de flippe.

Loane : Je reçois des trucs qui n’étaient pas bons, après je reçois les ordonnances, tu te dis c’est bizarre. Faut le savoir, tous les bébés ont une chute de fer d’hémoglobine et tout, à un mois de vie.

Sandra : Moi non plus je ne savais pas.

Loane : Bah d’habitude, les autres bébés n’ont pas de prise de sang.

Fin du son.

Sandra : C’était Loane, correspondante du Comité des familles à Saint-Brieuc en Bretagne. Donc il y a deux projets qui lui tiennent vraiment à coeur. C’est le projet Grandes Soeurs, qui consiste à soutenir les femmes qui apprennent leur sérologie en cours de grossesse et le projet Madeleine qui consiste à, en tant que personne séropositive, à aller témoigner dans les lycées et collèges. Bon là, elle a un peu plus de difficultés parce que, forcément, Saint-Brieuc, comme elle l’a dit, c’est petit, et donc du coup, ça pourrait avoir des conséquences négatives pour elle et pour ses enfants qui aussi fréquentent le collège et le lycée, vu que, à mon avis, il ne doit pas avoir beaucoup d’établissements scolaires, ils doivent tous se retrouver. Donc c’est un peu compliqué. Et, elle va peut-être aussi avoir un local mais qui ne sera pas totalement à elle, qu’elle aura tous les 15 jours si j’ai bien compris, si je ne me trompe pas, puisqu’elle a dialogué avec le maire adjoint à la santé de Saint-Brieuc. Donc que lui dire ? De ne pas lâcher, de continuer, parce que là, c’est un début, elle a pas mal d’énergie. Qu’est-ce que tu pourrais Tina à Loane ?

Tina : On sait un peu comment ça se passe dans les petites villes de France. Ce qui est difficile au début, c’est de trouver des personnes qui veulent se joindre à la correspondante sur place, c’est-à-dire, trouver d’autres familles, des mamans, des papas, des personnes qui vivent avec le VIH et qui ont envie de se joindre à elle et faire des actions ensemble. Parce que, quand on est seul, c’est difficile. Loane elle a beaucoup d’énergie. Maintenant, j’espère qu’elle réussira. Je pense que, ce qui est important, c’est que le service maladies infectieuses de sa ville soit coopératif, parce que, c’est là qu’elles sont les personnes séropositives pour, entre guillemets, recruter d’autres personnes, il faut que la porte lui soit ouverte. Et j’ai l’impression que ça se passe bien. Donc, je pense que, par ce bias-là, elle va peut-être pouvoir constituer un groupe, et ensemble, trouver du dynamisme, pour suivre cette action, qu’elle a lancé, à plusieurs quoi.

Sandra : Le message est lancé à tous les habitants de Saint-Brieuc. Comment on les appelle de Saint-Brieuc ? Je ne sais pas. Tina tu ne sais pas ? Ali ?

Ali : Non, je connais l’adresse de la prison, rue des fusillés (rires). En revanche, ce que je voulais dire, c’est que je comprends très bien l’appréhension qu’elle a, à savoir, même si c’est une grande ville de Bretagne, voilà, l’appréhension que ses enfants à l’école puissent entendre les quolibets, être un peu la risée, entre guillemets, de leur compagnon de scolarité, mais, au-delà de ça, je pense que, la connaissant, elle est assez forte et tout. Puis en espérant qu’elle trouvera des gens pour l’épauler, pour témoigner de la vie avec le VIH.

Sandra : S’il y a des familles vivant avec le VIH, qui souhaitent se joindre à Loane, des familles, donc célibataires, ça comprend tout le monde quand je dis familles, n’hésitez pas, vous pouvez la contacter. Laissez un message sur le site papamamanbebe.net et puis on transmettra. Et puis un message à tous les correspondants aussi, parce qu’on en a pas mal. Je ne vais pas tous les citer là, on pense à vous. On ne vous oublie pas. N’hésitez pas, si vous aussi, vous avez envie de faire quelque chose dans votre ville, vous pouvez le faire, je répète le site papamamanbebe.net (ou contacter le Comité des familles au 01 40 40 90 25).

Transcription : Sandra JEAN-PIERRE