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Jennyfer, en couple sérodifférent, bientôt maman : « Il sait que je prends bien mon traitement, il n’a pas peur »

1er décembre 2011 (papamamanbebe.net)

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Sandra : Jennyfer, heureuse d’être enceinte. Cette jeune femme de 23 ans est née avec le VIH. Il y a quelques mois, elle a rencontré un homme et cet homme a changé sa vie. Cet entretien rentre aussi dans le cadre de la chronique prévention positive.

Début du son.

Jennyfer : J’attends un petit bébé prévu pour le 15 janvier. Donc, tout se passe très bien. Je suis très heureuse de cette nouvelle, ça fait seulement un an qu’on est ensemble. Il est séronégatif. On est en couple sérodifférent. On se protégeait. On s’est rencontré, on était à distance au début. C’était sur badoo. Je n’ai jamais parlé avec quelqu’un sur internet. C’est vrai qu’en fait, c’est lui qui est venu me dire : « Salut ». Et en fait, on n’a pas du tout parlé question couple, on n’a pas du tout parlé de ça au début, ce qui m’a plu. On parlait de Dieu, on a parlé de pleins de choses, du complot, on va dire, de l’Etat, de pleins de choses comme ça. Du coup, on avait pleins de points en commun. On s’est appelé souvent. Après, on s’est mis à s’appeler tous les jours, à installer une petite relation. Trois semaines après s’être parlé, je revenais en Haute-Savoie pour un week-end et donc, là, on a décidé de se voir. On commençait vraiment à avoir des sentiments. Il pouvait me dire je t’aime, et moi je me disais mais c’est quand même un peu précoce. Moi, c’est vrai que j’avais eu aucune relation comme ça. C’est vrai que, en fin de compte, on peut voir que, toutes relations peut marcher. On s’est vu après réellement trois semaines après avoir commencé à parler. Après c’était, on s’appelait tous les jours, tout le temps, dès qu’on ne travaillait pas, le soir après le boulot avant de s’endormir, on se confiait. C’est beau les débuts (rires).

A la base, quand j’ai connu le Comité des familles, j’habitais en Haute-Savoie. Ensuite, je suis partie habiter avec ma soeur pendant un an. Au début à Sarcelles et dans l’Oise. Donc, je l’ai rencontré quand j’étais en Picardie, dans l’Oise, via internet, comme quoi (rires). Tout de suite, je lui ai dit que j’étais séropositive, parce que, il me l’a demandé, étant donné que je lui ai parlé du Comité des familles, en disant que c’était pour les séropositifs et ceux qui les aiment. Et, c’était la seule personne jusqu’à ce jour à m’avoir demandé : mais est-ce que tu es séropositive ? Et puis là, j’ai répondu directement, que oui, je l’étais. De là, après, on est sorti ensemble peu de temps après quoi. Il l’a tout de suite bien pris. Pareil, comme tout le monde, il n’y connaissait pas forcément. Donc, il posait les questions. Il y avait eu un premier accident, de l’année dernière, au début de l’année, je ne sais plus. Du coup, il avait pris le traitement de prévention. Du fait que je lui parle vachement par rapport au Comité des familles ou à tout ce qui se passe, aux avancées, aux traitements. Il sait que je prends bien mon traitement, tout ça. Il n’a pas peur. Et, c’est lui qui m’a fait avoir moins peur, parce que, moi c’est vrai que, dès que le préservatif craquait, j’étais en larmes, c’était la fin du monde. Maintenant, ce n’est plus le cas, il m’aime vraiment. Il y a eu des fois, bah c’était comme ça (rires).

En prenant son traitement antirétroviral, Jennyfer combat le virus pour sa propre santé, mais protège son amoureux et le bébé d’une contamination. En effet, si une personne séropositive prend un traitement VIH, que sa charge virale est indétectable depuis 6 mois et qu’elle n’a pas d’autre IST (infection sexuellement transmissible), le risque de contamination VIH est quasi nul. On sait maintenant que les traitements, pris dans des conditions précises, protègent au moins aussi bien que le préservatif. Explications de Laurent Mandelbrot, chef de la maternité de Louis Mourier à Colombes, dans cet article

Au début, je me disais mais tu es inconsciente peut-être, mais du tout quoi. On en a vachement parlé, comme il me dit, il est avec moi, il m’aime et il me dit : « Ce n’est pas le virus qui va arrêter ça, qui va arrêter l’amour, notre vie sexuelle ou peu importe. Ca peut être comme tout le monde. »

Fin du son.

Sandra : Vous venez d’écouter Jennyfer. J’ai oublié de préciser qu’elle est correspondante du Comité des familles, association créée et gérée pour et par des familles vivant avec le VIH. C’est pour cela que vous l’avez entendu parler du Comité. Et maintenant, nous allons savoir, quelle a été la réaction de Jennyfer et de son compagnon, à l’annonce de sa grossesse.

Début du son.

Jennyfer : Tous les deux, c’est vrai qu’on a pris une petite semaine de réflexion quand même. Moi, j’avais eu un peu peur sur mon traitement, parce que, je prends des molécules qui sont assez récentes, parce que j’ai beaucoup de résistances. J’avais un peu peur par rapport à ça. Je me suis renseignée auprès d’une ancienne du Comité, qui a demandé, à son hôpital, qui lui ont dit, il n’y a pas de problème pour le traitement. Tout de suite après, j’avais pris rendez-vous avec mon infectiologue qui, eux aussi, m’ont dit qu’il n’y a pas de problème pour le traitement. Donc moi, j’ai gardé le même traitement. C’était ça ma crainte au début. Quand c’est un petit peu pas prévu, on ne se dit pas on va faire le bébé, que ça arrive un peu comme ça. Je me suis toujours dit, je ne veux pas avorter. Et, mon copain, c’est vrai que lui, au début il a un peu flippé je pense (rires), comme un peu tous jeunes hommes on va dire. Ensuite, très rapidement, il m’a dit, on garde l’enfant, il est là, ce n’est pas pour rien et puis, de toute façon... On ne s’est pas inquiété en revanche sur la maladie, parce qu’on sait vraiment que j’ai des bons résultats, qu’il n’y a pas de problème. C’est vrai que sur ça, on est assez serein. C’est plus la question, un peu comme tous couples. On n’a pas vraiment une situation stable parce que ça ne fait pas forcément longtemps qu’on est ensemble. Mais bon, on s’est dit, si on attend le bon moment, on peut attendre très longtemps.

Fin du son.

Sandra : Nino, quand tu entends Jennyfer, une femme de 23 ans, née avec le VIH, qui aujourd’hui, va bientôt devenir maman, quel sentiment as-tu à l’écoute de cette prise de parole ?

Nino : Pour moi c’est un sentiment de joie envers Jennyfer, qui a été très sincère en annonçant à son mec qu’elle était séropositive. Et moi, je trouve que son mec, l’aime vraiment, parce que le gars, il a montré son amour envers Jennyfer. Moi je trouve que les deux s’aiment. Je les encourage Jennyfer et son mec. Et au petit que Jennyfer, que les deux attendent.

Sandra : Pour toi, accepter la séropositivité, c’est une preuve d’amour ?

Nino : Si, le gars il a montré vraiment beaucoup de preuves d’amour.

Sandra : Mais, accepter la séropositivité de quelqu’un, ce n’est pas non plus quelque chose d’exceptionnelle, non ?

Nino : Non, ce n’est pas exceptionnelle.

Sandra : D’accord, mais c’est quand même pour toi une preuve d’amour ?

Nino : Si.

Transcription : Sandra JEAN-PIERRE

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