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Les médecins doivent jouer un rôle d’aide à la prise de décision pour les couples concernés par le VIH

2 novembre 2011 (papamamanbebe.net)

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Reda : Alors pendant très longtemps, il faut être franc, et je pense que les médecins ici ne diront pas le contraire, beaucoup d’infectiologues, en tout cas en public, ont grossi les risques alors qu’il y avait déjà des données pour montrer qu’un traitement antirétroviral efficace, diminue énormément le risque de transmission. Mais alors, il n’y a pas de risque zéro, ne serait-ce que parce que, logiquement on ne peut pas montrer l’absence de quelque chose, l’absence d’un risque. Mais ce n’est pas démontrable. Donc du coup, il y a des médecins qui, pour inciter au changement de comportement et au port du préservatif, utilisent des arguments, agitent un peu cet épouvantail, ce n’est pas zéro risque, pour essayer d’inciter les couples à mettre le préservatif. Pas tous.

Roland Tubiana : Moi je suis un de ces agitateurs et ce n’est pas du tout mon propos. Mon propos c’est qu’on a pris des spermes d’hommes traités indétectables et que pour très peu, pour 3% d’entre eux, on a trouvé du VIH dans ce sperme. Et donc on a jamais dit on fait ça pour que vous mettiez le préservatif. Voilà des données qu’on a nous dans notre centre, qu’on a retrouvé du virus. Et moi je ne peux pas m’empêcher de dire que s’il y a du virus, il y a un risque, très faible.

Reda : Oui, mais justement, ce qu’on a retrouvé...

Roland Tubiana : Ce n’est pas de l’agitation, je suis désolé. Non, non, je ne peux pas laisser dire que c’est de l’agitation.

Reda : Ce qu’on a retrouvé, ce que les médecins ont retrouvé, tel que nous nous l’avons compris en parlant notamment avec les médecins suisses qui ont publié, qui ont expliqué qu’en fait qu’il s’agit de particules de virus, donc l’infectiosité, c’est-à-dire qu’on retrouve chez très peu d’homme avec une charge virale indétectable dans le sang, des particules de virus dans le sperme. Mais il n’a jamais été démontré, que ces particules pouvaient être contaminantes. Et si elles l’étaient, ça voudrait dire que dans les grandes études, notamment celle qui vient d’être publiée, on aurait vu ces contaminations. Or, ce n’est pas ce qui a été constaté dans la plus grande étude dont les résultats viennent d’être publiés. Donc les virologues en particulier, plus que les infectiologues je dirai, si on leur demande de trouver du virus en quelque part, il le trouve. Et donc certains en tirent les conclusions qu’il reste un risque. Effectivement pas risque zéro. Nous, notre propos c’est de demander aux médecins de ne pas grossir les risques et de vraiment jouer un rôle d’aide à la prise de décision pour les couples à partir des meilleurs informations possibles. Donc si on va dire, on retrouve 3% de virus chez certains hommes qui ont une charge virale indétectable dans le sang, bien préciser, est-ce qu’il a été démontré scientifiquement que ces particules de virus peuvent être contaminantes. Sachant qu’on niveau cliniques dans les grandes études, ce n’est pas ce qui est constaté.

Roland Tubiana : On ne peut pas mélanger la virologie et la clinique. Dans les grandes études il y a jamais 0 transmission dans le groupe traité. Il y a toujours, très très peu, il y en a. Et deuxièmement, ce n’est pas du tout polémique, je ne suis pas du tout polémique, je ne suis pas agitateur, ni dogmatique. Je vous ai dit en premier, c’est expliquer aux gens, c’est eux qui prennent ou pas le petit risque. Et donc notre rôle, c’est-à-dire qu’il est très petit. Il se trouve qu’il y a eu des études. Ni suisses, ni françaises mais américaines et pas tellement sur les couples hétérosexuels mais sur les couples homosexuelles ou cette petite quantité de virus dans le sperme, c’est celle qu’on retrouve chez le partenaire infecté. Donc c’est bien le même virus qu’on a retrouvé chez un partenaire qui était négatif qui s’est infecté, à partir du virus retrouvé dans le sang. Donc ça c’est de la science. Et notre rôle à nous, ce n’est pas dire, tu dois mettre le préservatif comme vous le supposez c’est de vous éclairer au maximum avec les données que nous, on a digéré un petit peu pour vous. Donc oui c’est possible d’avoir des rapports non protégés quand on a des pré requis IST, tout ça. Mais il n’y a pas zéro risque. Et ça ce n’est pas du dogme, c’est comme ça. On est là pour faire le point et chacun choisit sa vie personnelle comme il l’entend.

Bruno : Je voudrais juste faire une anecdote. C’est vrai que, durant la grossesse, on continue à avoir des rapports. Et c’est vrai que, vers le 6e mois, elle est devenue détectable. Donc c’est vrai que je me suis beaucoup interrogé là-dessus.

Roland Tubiana : Ca confirme ce que je disais tout à l’heure. Attention pendant la grossesse.

Bruno : Elle devient détectable et là c’est vrai que bon, on a fait le choix d’arrêter parce que, pour privilégier l’enfant. Mais là c’est vrai que je me suis reposé des questions, si elle devenue détectable durant la grossesse, on m’a dit que c’est normal, qu’elle avait des baisses. Donc on a surveillé, on a fait des tests. Mais c’est vrai qu’il y a toujours des risques.

Roland Tubiana : Je disais le rôle protecteur, ça ne s’arrête pas à la grossesse. Pendant la grossesse, il faut continuer à protéger sa partenaire et son enfant.

Transcription : Sandra JEAN-PIERRE