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Benlama Bouchaïb | Carte de séjour | Réseau national des correspondants du Comité des familles

Ben, valenciennois, s’inquiète de l’avenir des séropositifs étrangers

12 août 2011 (papamamanbebe.net)

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Sandra : Ben, correspondant du Comité des familles à Valenciennes vous invite à participer à un débat sur l’accès aux soins pour les personnes étrangères. On en avait déjà parlé à l’émission du 5 avril 2011, mais là il nous donne plus de précision. Ecoutons Ben.

Début du son.

Ben : Cette rencontre, elle est organisée avec le soutien du collectif des sans-papiers. Elle a pour objectif de répondre aux besoins des associations des personnes atteintes ainsi qu’auprès des militants et des professionnels qui travaillent à leurs côtés. Pour cela, les thèmes qui seront abordés, ce sera, que dit la loi de l’immigration ? Intégration, nationalité. Quelle accessibilité aux soins aujourd’hui, ici et là-bas ? L’avenir des familles vivant avec le VIH/VHC. Comme intervenants, nous avons la ligue des droits de l’homme, une personne qui travaille avec beaucoup de sénateurs afin qu’on prenne en compte, que la santé c’est hyper important quoi. Il y aura aussi l’association AIDES qui va intervenir. Le collectif du soutien aux sans-papiers 59. Le Comité des familles de Paris et ainsi que ceux de Valenciennes. Le but c’est de montrer que, aujourd’hui encore, lorsque la loi elle dit que si tu peux accéder à un traitement dans ton pays, tu peux être expulsé. On se rend bien compte que c’est, si tu habites par exemple à Casablanca, tu vas peut-être pouvoir accéder à un traitement. Et si tu habites au fin fond du Maroc, tu n’auras pas droit aux traitements. Et à 20h, il y aura un concert de soutien avec Ushman et des artistes de Valenciennes.

Sandra : Comment ça va se passer ? Est-ce qu’il y aura un échange avec les personnes concernées ou c’est simplement eux qui vont parler et faire un peu un exposé sur cette loi, où ça en est ?

Ben : Oui, il y aura un échange j’espère bien avec les personnes concernées. Nous aurons aussi l’occasion d’avoir des personnes qui nous appellerons directement du Maroc pour pouvoir parler de la situation là-bas au Maroc.

Sandra : Et pourquoi le Maroc ?

Ben : Parce que la dernière fois que je suis allé au Maroc, j’ai rencontré les personnes concernées et je me rends compte que ce n’est pas si évident que ça pour eux, de pouvoir accéder à tout ce qui est la prise en charge globale.

Sandra : Ca dure de quelle heure à quelle heure ? Est-ce que tu peux donner les informations pratiques ?

Ben : De 14h à 17h30, c’est le débat. Et le soir, après 17h30, ceux qui voudront visiter Valenciennes iront visiter Valenciennes et il y aura un repas qui est organisé par rapport aux personnes de Paris qu’on accueille et on reprend à 20h le concert de soutien.

Sandra : A quoi ça sert de venir à cette rencontre ? Est-ce que c’est simplement pour échanger ? Le fait que je vienne, ça va changer les choses au niveau de la loi ? A quoi ça sert vraiment que les personnes concernées viennent à ce débat ?

Ben : C’est de faire comprendre aussi à nos représentants politiques que cette fameuse loi, elle est dangereuse. C’est important que les personnes concernées soient là et témoignent de leurs craintes par rapport à la loi.

Sandra : De faire comprendre aux politiques, mais est-ce qu’il y aura à ce débat des personnes politiques pour faire remonter ces informations ?

Ben : Oui, parce qu’ils seront invités aussi. Des élus, après c’est à eux de faire remonter les choses auprès de ceux qui nous gouvernent quoi.

Sandra : Est-ce que tu sais à peu près où ça en est, parce que, cette loi on en parle, est-ce qu’elle est votée à l’heure où en parle aujourd’hui ?

Ben : Elle fait la navette entre le Sénat et le Parlement. Je sais que, j’ai appris que l’association AIDES fait du cas par cas. Ce sera la question que je leur poserai. Est-ce qu’on doit faire du cas par cas ou est-ce qu’on doit permettre quand même aux gens qui sont atteints, parce que c’est un acquis de pouvoir rester en France pour raisons médicales. Si on commence à faire du cas par cas, je pense qu’il y a quand même pas mal de gens qui vont passer au travers et puis retourner au pays.

Fin du son.

Sandra : C’était Ben, correspondant du Comité des familles, association créée et gérée pour et par des familles vivant avec le VIH. Sadek, as-tu entendu parler de cette loi dont parle Ben ?

Sadek : Non du tout.

Sandra : Et là, est-ce que tu as compris un peu de quoi il s’agit ? Qu’est-ce que tu en penses ?

Sadek : Ce que j’en pense c’est que je serai là-bas le 28 mai et je prendrais un maximum d’information pour connaitre justement ce qui va être dit, et ce sera bon à savoir.

Sandra : Tina, est-ce que tu peux expliquer à Sadek de quoi il s’agit ?

Tina : Oui en fait, c’est une modification d’une loi qui existe. La loi qui existe actuellement dit que toute personne étrangère qui n’a pas accès aux soins dans son pays d’origine a le droit à un titre de séjour. Il y a une toute petite modification mais qui change tout. C’est que maintenant, si le traitement est disponible donc ce n’est plus la question de accessible, mais disponible, si ce traitement est disponible dans son pays d’origine, il n’y a plus le droit d’avoir de titre de séjour. C’est-à-dire qu’il y a beaucoup de personnes, admettons des congolais, au Congo, le traitement est disponible, même s’il est disponible que dans l’hôpital le plus cher de la capitale à un prix exorbitant, dans ces cas-là, il est disponible, mais il n’est pas accessible. Et c’est ça qui va se passer pour toutes les personnes, s’ils doivent rentrer dans le pays, ils n’auront pas accès aux traitements. Et ce changement de mot entre accessible et disponible change tout, puisque dans tous les pays le traitement est disponible même s’il y a qu’une seule trithérapie, mais les personnes ne peuvent pas en bénéficier. Donc ils iront mourir dans leur pays.

Sadek : Ah, c’est une condamnation à mort en fin de compte.

Tina : Oui.

Sandra : Et toi Sadek, tu n’as jamais rencontré des personnes étrangères qui sont dans cette situation, qui viennent d’arriver en France ou tu découvres vraiment la situation des personnes étrangères séropositives ?

Sadek : Si, j’en rencontre souvent. On en discute et leur parcours est extrêmement difficile mais je savais où est leur difficulté et surtout, ils ne veulent pas retourner chez eux. Je sais très bien que pour avoir des médicaments c’est extrêmement difficile et surtout que ces médicaments sont détournés et revendus dans des circuits d’autres réseaux, ce qui fait que, ils n’en sont pas bénéficiaires. Et c’est malheureux.

Sandra : Si vous voulez débattre sur cette question, vous pouvez venir à Valenciennes, vous voulez plus d’informations, n’hésitez pas à appeler le Comité des familles au 01 40 40 90 25

Transcription : Sandra Jean-Pierre